Les comptes économiques rapides de la Polynésie française en 2020

En 2020, le Produit Intérieur Brut (PIB) diminue en volume de 7,6 %, soit une évolution comparable à celle de la France hexagonale mais plus marquée que dans les autres Départements et Collectivités d'Outre-mer. L’ensemble des composantes de la demande est en retrait, excepté les investissements qui restent encore soutenus. La crise sanitaire a provoqué une contraction du marché du travail notamment au niveau des emplois touristiques. Le revenu du travail diminue fortement dans ce contexte. La masse salariale comme le revenu disponible brut des ménages sont en baisse, malgré un soutien public important et inédit en Polynésie française. Cette évolution, conjuguée à des prix à la consommation stables, diminue le pouvoir d’achat des ménages dont la consommation recule de 5 % en volume.

Les comptes rapides issus d'une modélisation de l'économie polynésienne.

Le modèle utilisé pour construire les comptes rapides est un modèle macro-économétrique, de type keynésien, modèle dit « quasi-comptable ». Il permet de projeter les comptes économiques d’une année à partir d’hypothèses d’évolutions de l’offre et de la demande de biens et services. En Polynésie française, ce modèle est construit avec 19 branches et 20 produits. Le modèle est basé sur le TES 2011 (Tableau des EntréesSorties) de la Comptabilité Nationale définitive. En effet, ces relations comptables permettent d’assurer la cohérence du modèle en décrivant les équilibres nécessaires entre les ressources et les emplois pour chaque opération.
En conséquence, le modèle reproduit de façon mécanique la structure comptable déterminée par le passé, c'est à dire celle fournie par les comptes économiques définitifs.

Les comptes économiques en 2017

Le Produit Intérieur Brut (PIB) à prix courants s’établit à 616 milliards de F.CFP en 2017, en progression de 24 milliards par rapport à 2016, soit une hausse de 4 % de la richesse. Après correction des effets-prix, le PIB à prix constants croît de 4,3 %. Toutes les composantes de la demande sont en croissance sur cet exercice, bien que la consommation des ménages et l’investissement privé contribuent, à eux seuls, aux trois quarts de la hausse du PIB. La croissance du PIB par habitant se poursuit (+ 3,8 %), en 2017, pour atteindre 2 millions de F.CFP, aux prix de 2005, soit 92 % du PIB par habitant de 2007 aux prix de 2005.

Les grands indicateurs des comptes économiques

Indicateur2015201620172018 (e)2019 (e)2020 (e)
Produit intérieur brut nominal (en millions de FCP)572 812592 618616 195636 343657 240609 090
Produit intérieur réel (en millions de FCP - Base 2005)518 461530 397553 165571 241588 207543 504
PIB nominal par habitant (en millions de FCP)2,112,162,23   
PIB réel par habitant (en millions de FCP - Base 2005)1,911,932,01   
Taux de croissance nominale3,7 %3,5 %4,0 %3,3 %3,3 %-7,3 %
Taux de croissance réelle1,8 %2,3 %4,3 %3,3 %3,0 %-7,6 %

Sources : Comptes économiques - ISPF


e: estimé en comptes rapides

Le  PIB et taux de croissance graphique affichage de série Produit intérieur brut nominal (en millions de FCP), série Produit intérieur réel (en millions de FCP - Base 2005), série Taux de croissance nominale, série Taux de croissance réelle.

La comptabilité nationale

Technique de synthèse statistique, la Comptabilité Nationale (CN) fournit une représentation quantifiée de l’économie dans un cadre comptable. A juste titre, on souligne souvent les avantages dus à la cohérence du cadre comptable et des chiffres présentés ; c’est indubitablement celle-ci qui fait de la CN un outil de tout premier ordre pour l’analyse économique. La nécessité de la cohérence est aussi un moyen d’améliorer les sources statistiques, parce qu’elle en fait apparaître les lacunes et les contradictions.

Outil d’évaluation au service des décideurs, tant politiques qu’économiques, la CN ne sera utile que si elle est documentée et accompagnée méthodologiquement afin d’en expliquer la construction.

Certes, les comptables nationaux se sont efforcés de transcrire avec fidélité une réalité économique éminemment complexe dans un cadre comptable qui constitue la synthèse de grandeurs réelles observées et qui apparaît comme une représentation objective de l’économie.  Mais elle n’est qu’une représentation. Elle est inscrite dans un cadre formel (qui permet la comparabilité) et s’inspire de modèles théoriques. Enfin, il faut garder à l’esprit, que l’économie telle que présentée dans les comptes nationaux n’est pas la réalité mais bien une construction simplifiée permettant d’en rendre compte. Elle ne peut donc être que subjective : c’est une question de perspective.

Mais, que le lecteur se rassure, le système de comptes polynésien rend les comparaisons internationales et historiques possibles car seule la perspective change : l’objet est toujours le même et si, dans un système de compte, il y croissance économique il y a d’autres méthodes qui conduiront à la même conclusion.