Le taux d’emploi est à son plus haut niveau depuis six ans
Le taux d’emploi mesuré au deuxième trimestre 2024 progresse à un rythme plus rapide qu’au cours des années précédentes : le taux d’emploi des personnes âgées de 15 à 64 ans atteint 57,7 %, en hausse de 1,9 point. La population active au sens du Bureau international du travail (BIT) s’élève à 114 500 personnes (de 15 à 64 ans) dont 105 900 en emploi. Ainsi, 3 700 personnes supplémentaires ont un emploi et autant ont disparu du "stock" de personnes souhaitant occuper un emploi (22 100). Le nombre de personnes qui ne souhaitent pas un emploi à court terme se maintient à 55 600 dont 27 100 étudiants ou retraités.
Taux d’emploi de 57,7 %, en hausse de 1,9 point
Au deuxième trimestre 2024, 105 900 personnes occupent un emploi, soit 3 700 de plus qu’en 2023. Le taux d’emploi (part des individus en emploi dans la population en âge de travailler) atteint ainsi 57,7 %. Toujours en deçà de celui de la France métropolitaine (69 % en 2023), l’écart se réduit à 11,2 points contre 13 points un an plus tôt. Le taux d’emploi se rapproche de celui de Martinique et de Nouvelle-Calédonie et demeure plus élevé que dans les autres départements et collectivités d’Outre-mer. Parmi les personnes en emploi, 4 700 sont en sous-emploi, c’est-à-dire travaillent à temps partiel, mais souhaitent travailler plus ; elles représentent 4,4 % des personnes en emploi, contre 6,1 % (6 200 personnes) en 2023.
Près de 12 % de la population des 15 à 64 ans souhaitent occuper un emploi, contre 14 % en 2023, ils sont désormais 22 100, en retrait de 3 400 sur un an. Parmi eux, 8 600 sont des chômeurs, c’est-à-dire qu’ils sont de plus activement en recherche d’emploi et disponibles immédiatement pour prendre un poste ; on compte 800 chômeurs en moins par rapport à 2023 pour atteindre le plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête Emploi en 2018.
La population active, soit l’ensemble des personnes en emploi ou au chômage, est en légère augmentation et atteint 114 500 per sonnes. Elle représente 62,4 % de la population en âge de travailler ; c’est le taux d’activité. Le taux de chômage, qui est la part d’individus au chômage dans la population active, se situe à 7,5 % en Polynésie française (en baisse de 1 point sur un an). La Polynésie française est le seul territoire français sans allocations chômage, qui sont versées en contrepartie d’une recherche active d’emploi ; les Polynésiens sans emploi sont donc moins incités à se maintenir dans une dynamique de recherche d’emploi, ce qui explique une proportion de chômeurs plus basse au Fenua que dans les autres territoires français d’Outre-mer.
Le nombre de personnes dans le halo du chômage est en recul de 2 600 (- 16,4 %) et s’établit à 13 500 ; le halo comptait 23 100 individus en 2018, soit 9 600 de plus. Enfin, les personnes ne souhaitant pas un emploi à court terme sont 55 600, en légère hausse (+ 200) depuis 2023, et représentent 30 % de la population comme en 2023. Parmi eux, 27 100 sont étudiants ou retraités.
TABLE 1. Principaux indicateurs d’analyse du marché de l’emploi, comparatif Polynésie française, France métropolitaine, DOMs et Nouvelle-Calédonie
Source : ISPF - INSEE - ISEE - Enquête Emploi 2019/2024 - Champ : individus de 15 à 64 ans
FIG. 1. Schéma simplifié des concepts d’activité au sens du BIT au deuxième trimestre 2024 (évolution par rapport au deuxième trimestre 2023)
Source : ISPF - Enquête Emploi 2024, Champ : individus de 15 à 64 ans
Note de lecture : Au deuxième trimestre 2024, 105 900 personnes sont en emploi, soit 3 700 de plus qu'au deuxième trimestre 2023.
17 % des personnes ont changé de statut en un an
Les transferts entre l’inactivité sans souhaiter un travail à court terme, l’envie d’en trouver un et l’emploi sont divers. De 2023 à 2024, huit inactifs ne souhaitant pas un emploi à court terme sur dix sont restés dans la même situation, 7 % ont trouvé un emploi et 13 % souhaitent désormais occuper un emploi. Parmi les per sonnes en emploi, neuf sur dix sont restées en emploi et 6 % sont devenues demandeurs d’emploi et 3 % inactifs ne souhaitant pas un emploi à court terme rapidement. 56 % des demandeurs d’emploi le sont toujours un an plus tard ; 16 % d’entre eux ont trouvé un emploi et 28 % ne souhaitent désormais plus travailler à court terme du fait de nouvelles conditions familiales ou par découragement.
Le nombre de personnes inactives ne souhaitant pas un emploi à court terme est stable
Parmi les 55 600 personnes inactives et ne souhaitant pas un emploi à court terme, 31 % sont encore en étude ou formation (17 300) et 18 % sont retraitées (9 800). Les autres sont 20 % à déclarer s’occuper d’enfant(s) ou d’une personne dépendante, 10 % à connaître des problèmes de santé, 6 % à penser qu’il n’y a pas de travail disponible pour eux et 15 % à être considérés comme homme ou femme au foyer en s’occupant de leur maison ou terrain et en n’ayant pas forcément besoin de travailler (allocations ou autres revenus).
Majoritairement de sexe féminin (58 %), elles sont souvent sans diplôme (41 % contre 27 % des personnes en emploi). Près de 42 % ont moins de 30 ans et 36 % ont 50 ans et plus. La moitié d’entre elles dispose d’un véhicule motorisé et quatre sur dix sont titulaires d’un permis de conduire. Plus d’une sur deux n’a jamais travaillé (59 %), alors qu’elles sont 41 % parmi les demandeurs d’emploi. Parmi celles ayant déjà travaillé, leur dernier emploi s’est terminé par un départ à la retraite pour un tiers d’entre elles, un quart par la fin d’un contrat à durée déterminée (CDD), 19 % par une démission volontaire et le reste pour des raisons de santé, par licenciement ou disparition de l’employeur. Elles sont 7 % à être nées en dehors de Polynésie française.
Les personnes inactives et ne souhaitant pas un emploi à court terme se considèrent en moins bonne santé que celles à la recherche d’un emploi ou en emploi. Elles sont deux fois plus à re connaître une maladie ou un problème de santé chronique que celles en emploi (22 % contre 12 %). Elles sont 12 % à mentionner être limitées dans leurs activités quotidiennes à cause de leur santé, contre 5 % des personnes en emploi ou en recherchant un.
La précarité de l’emploi diminue chez les plus jeunes
L’écart d’insertion entre les hommes et les femmes s’est accru en 2024, après avoir diminué les trois années précédentes. L’écart entre le taux d’emploi des hommes (64,0 %) et celui des femmes (51,3 %) est de 12,7 points contre 11,7 points un an auparavant. En France métropolitaine, cet écart est de 5 points au profit des hommes.
Le taux d’emploi des hommes progresse de 2,4 points, alors que celui des femmes s’accroît de 1,4 point. Le sous-emploi a régressé tant chez les hommes que chez les femmes même s’il demeure plus élevé chez ces dernières (5,2 % contre 3,8 %). Les taux de chômage des hommes (- 1,3 point) et des femmes (- 0,5 point) diminuent, leur écart s’accroît à 2,7 points contre 2 points en 2023. Il n’est que de 0,3 point en France métropolitaine au profit des hommes (7,5 % contre 7,2 % en 2023). La part des femmes inactives et ne souhaitant pas un emploi à court terme dans la population est stable à 35,3 %. Celle des hommes (25,3 %) est 10 points moins élevée que celle des femmes.
Pour la troisième année consécutive, le taux d’emploi des 15 à 29 ans progresse, à 36,9 % en 2024. Cependant, cette hausse de 0,7 point est moins marquée que celles constatées chez les 30 à 49 ans (+ 2,5 points) et les 50 ans et plus (+ 2,1 points). Le taux d’emploi des 30 à 49 ans (73,3 %) demeure 36 points plus élevé que celui des 15 à 29 ans et 19 points plus élevé que celui des 50 à 64 ans (54,7 %). Le taux d’inactifs ne souhaitant pas un emploi à court terme parmi la population des 15 à 29 ans s’élève de 0,6 point et atteint 43,7 %. Ce taux est de 15,2 % pour les 30 à 49 ans, mais de 40,1 % pour les 50 à 64 ans. Le taux de chômage demeure faible chez ces derniers (3,0 %) et est le plus élevé chez les 15 à 29 ans (18,1 %, en baisse de 1,1 point sur un an).
Le taux des emplois considérés comme fragiles (contrats courts, stagiaires, non-salariés contraints) parmi l’ensemble des emplois est en retrait pour la troisième année consécutive de 1,7 point à 11,8 %. La baisse du nombre de stagiaires et contrats précaires (- 9,4 %) et de non-salariés contraints ou informels (- 24,7 %) explique le retour de plus de stabilité dans l’emploi. Ce taux d’emplois fragiles s’est réduit tant pour les femmes que pour les hommes (10,9 % contre 12,6 %). Pour les plus jeunes (15 à 29 ans) ayant un emploi, 21 % en occupent un considéré comme fragile (- 3,1 points sur un an). Ce taux diminue de 1,4 point chez les 30 à 49 ans (11,1 %) et de 0,8 point chez les 50 ans et plus (6,8 %).
TABLE 2. Indicateurs de l’emploi par sexe et âge
Source : ISPF - Enquête Emploi 2024, Champ : individus de 15 à 64 ans
L’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur au plus haut
En 2024, la situation des personnes les plus diplômées continue de s’apprécier plus fortement que celle des personnes moins diplômées. Le taux d’emploi des personnes diplômées de l’enseignement supérieur atteint 86,6 %, en hausse de 3 points et leur taux de chômage n’est plus que de 2,4 %. L’écart entre les diplômés ayant validé uniquement deux années d’enseignement supé rieur (taux d’emploi à 84 %) est de 9 points avec ceux ayant validé au moins cinq années d’études supérieures (93 %).
Les diplômés d’un baccalauréat unique sont un peu moins des deux tiers (65,3 %) à être en emploi, en hausse de 2,2 points sur un an. Leur taux de chômage passe sous la barre des 9 %. Dans le détail, les titulaires d’un baccalauréat professionnel (69 % de taux d’emploi) ou technologique (65 %) sont mieux insérés que ceux possédant uniquement un baccalauréat général (59 %).
Le taux d’emploi des détenteurs d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ou d’un brevet d’études professionnelles (BEP) est celui qui progresse le moins (+ 1,3 point à 61,7 %) même si ce taux demeure proche de celui des bacheliers.
Les titulaires d’un BEP se distinguent plus favorablement (67 % de taux d’emploi) par rapport aux titulaires d’un CAP (57 %). Les titulaires d’un diplôme national du brevet (DNB) ou d’un certificat d’études primaires (CEP) restent les moins en emploi. Ils ne sont que 40,6 % à en détenir un. Leur taux de chômage est le plus élevé à 11,0 %. Une personne non diplômée sur deux est en emploi (48,1 %) et leur taux de chômage est de 8,1 %.
TABLE 3. Indicateurs de l’emploi par diplôme le plus élevé
Source : ISPF - Enquête Emploi 2024, Champ : individus de 15 à 64 ans
L’emploi progresse plus fortement dans la zone urbaine de Tahiti et aux Îles Sous-le-Vent
L’emploi dans la zone urbaine de Tahiti (63,0 %) et dans les Îles Sous-le-Vent (59,0 %) est au plus haut en 2024. Dans la zone rurale de Tahiti et Moorea (48,9 %), il progresse plus faiblement. L’écart entre la zone urbaine et la zone rurale augmente. Le taux d’emploi dans la zone urbaine s’est accru de 6 points depuis 2000, alors qu’il est stable dans la zone rurale. Le taux de chômage diminue plus fortement dans la zone rurale (- 1,4 point à 11,1 %) et dans les Îles Sous-le-Vent (- 1,7 point à 2,9 %), l’écart de taux de chômage entre la zone urbaine et rurale se réduit de 1 point.
La part des inactifs parmi les personnes souhaitant travailler (60,9 %) est plus marquée dans les archipels éloignés où les accès aux services publics de l’emploi sont moins nombreux et le marché du travail plus étroit. Aux Australes, le taux d’emploi est de 65,4 %, soit 10,2 points de plus qu’en 2021, date de la dernière interrogation de cet archipel. Le taux de chômage y est en baisse de 2,8 points à 3,2 %. L’emploi s’y est également développé sous l’impulsion de la reprise touristique et du secteur agricole.
TABLE 4. Indicateurs de l’emploi par zone géographique
Source : ISPF - Enquête Emploi 2024, Champ : individus de 15 à 64 ans