Bilan de l'emploi en 2018
En 2018, les effectifs salariés annuels moyens déclarés à la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS) ont augmenté de 1 500 emplois pour atteindre 64 700 emplois. La progression est de 2,3 %, identique à celle observée en 2017. Sur un an, l’effectif moyen en équivalent temps plein croît de 2,8 % par rapport à 2017, la masse salariale de 3,5 % et le salaire moyen brut équivalent temps plein, de 0,7 % à 329 400 F.CFP. Sur le marché du travail, les tensions s’accentuent, le nombre de demandeurs d’emploi augmente avec un nombre d’offres d’emploi qui diminue. Le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur est en hausse et leurs profils demeurent recherchés.
L'évolution de l'emploi dans le tertiaire non marchand freine la hausse globale
Le nombre moyen d'emplois salariés (hors CAE et stagiaires) a progressé de 1 500 en 2018, soit une augmentation de 2,3 % des effectifs, identique à celle observée 'entre 2016 et 2017. Depuis 2013, l'emploi a crû en moyenne de 1,3 % par an (800 emplois par an) Le nombre d'emplois salariés à la fin de l'année 2018, 66 000, est proche de celui observé au début de l'année 2010. Les secteurs du tertiaire marchand, de l'industrie, de la construction et du primaire contribuent principalement à la hausse de l'emploi au contraire du tertiaire non marchand dont les effectifs diminuent.
TABLE 1. Emploi salarié annuel selon le secteur d'activité
Source : CPS, ISPF
Les effectifs du secteur non marchand sont de nouveau en recul et ceux du secteur marchand toujours en hausse
En 2018, l'emploi dans le secteur non marchand décroît de 0,4 %, soit une perte de 70 emplois avec la diminution des effectifs de l'administration publique. Le nombre de salariés des administrations d'État déclarés à la CPS[^1] décroît de 4,2 % à 1 840 emplois, celui des administrations de Polynésie française diminue de 2,7 % (5 530) alors que celui des communes augmente de 1,7 % (4 880).
A l'inverse, le secteur tertiaire marchand continue sa progression comme en 2016 et 2017. L'activité automobile, avec une progression de 7,8 %, tire, comme en 2017, la croissance globale du secteur du commerce . La croissance de l'hôtellerie - restauration est soutenue par l'hôtellerie (+ 2,9 %) comme par la restauration (+ 2,6 %). La progression est forte pour les activités informatiques (+ 8,9 %) ; elle est aussi de 4,0 %dans les télécommunications. Dans l'intérim, la croissance est toujours forte ( + 18 %) comme dans les activités immobilières (+ 11 %) au contraire des activités des ménages et des services personnels[^2] en baisse de 6,8 %. Dans l'industrie, la progression est de 30,7 % dans les industries extractives et également de 34 % dans la fabrication de matériels de transport. Dans la construction, la hausse est principalement soutenue par le gros œuvre (+ 9,9 %). Dans le secteur primaire, l'emploi du secteur perlicole progresse de 12 % avec 1 010 emplois.
La hausse de l'emploi est moindre dans les petites structures
En 2018, plus la taille de l'entreprise est importante, plus la reprise de l'emploi est soutenue. Ainsi, dans les entreprises de 10 salariés et plus, l'emploi progresse de 2,8 %. Il augmente de 0,8 % dans les structures de moins de 10 salariés.
Neuf entreprises sur dix emploient moins de 10 salariés mais elles ne totalisent cependant que 22 % des salariés. Les entreprises employant plus de 250 personnes sont rares, 26 au total ; elles concentrent 31 % des emplois salariés en 2018. Les dix plus importantes structures représentent 21 % des effectifs.
La création d'emplois est due aux entreprises pérennes
Le nombre d'établissements employeurs est stable en 2018 après avoir diminué les six dernières années. Le taux de cessation d'employeurs se maintient à 15,2 %. Le nombre de nouveaux employeurs est en hausse de 51 unités, soit un taux de création de 15,2 %, en progression ; par rapport à 2017. Ces nouveaux employeurs ont cependant moins créé d'emplois que les années précédentes. Le stock brut d'emplois créés (emploi des nouveaux employeurs moins l'emploi supprimé par les entreprises disparues) est de 100 emplois comme en 2017.
Le nombre de disparitions d'établissements employeurs se poursuit, mais de façon moins marquée que les années précédentes, les pertes d'emplois chez ces derniers en 2018 sont également au plus bas. Les employeurs présents en 2017 et en 2018 (85 % des établissements) ont embauché 1 360 personnes supplémentaires, soit une hausse de 2,2 % qui est identique à celle constatée entre 2016 et 2017.
TABLE 2. Emploi salarié et établissements employeurs
Source : CPS, ISPF
La durée moyenne du travail se reprend en 2018
En 2018, la durée moyenne mensuelle de travail augmente à 145,5 heures par rapport à 2017 (114,8 heures). Le volume total d'heures déclarées est en hausse de 2,8 %.
La part des salariés réalisant des heures supplémentaires (12 %) progresse en continu depuis cinq ans. Le nombre de personnes travaillant à temps partiel (34 %) est en retrait par rapport à 2017. Deux fois plus d'hommes effectuent des heures supplémentaires (15 % contre 8 % des femmes) ; les femmes sont davantage employées à temps partiel (38 % contre 31 % des hommes).
Le salaire moyen est en progrès
En 2018, le salaire brut moyen pour 144,9 heures travaillées est de 283 700 F.CFP, en hausse de 1,2 % sur un an. Il correspond à un salaire net de 243 000 F.CFP au 31 décembre 2018. Le nombre d'emplois en équivalent temps plein progresse de 2,8 % en 2018 et s'établit à 55 720 postes. Le salaire brut moyen en équivalent temps plein croît de 0,7 % en 2018, il se situe à 329 400 F.CFP.
Le salaire moyen du secteur primaire diminue de 0,7 %pour la première fois depuis cinq ans. Dans la construction et l'industrie, il est en hausse de 0,3 %. Dans le commerce et l'hôtellerie -- restauration, il progresse respectivement de 1,3 % et 0,5 %. Dans l'administration publique, le salaire moyen augmente de 1,6 %. Il est cependant en recul de 0,2 % dans l'enseignement, santé humaine et action sociale.
En 2018, le SMIG horaire polynésien s'est maintenu à 904,82 F.CFP soit 152 914 F.CFP brut depuis la dernière augmentation d'octobre 2014 pour 169 heures de travail et 132 900 F.CFP net. L'évolution du salaire moyen est plus importante que celle de l'indice des prix à la consommation qui diminue de 0,7 % en 2018. La médiane des salaires perçus progresse de 0,5 %. La moitié des salariés perçoivent moins de 213 100 F.CFP contre 211 900 F.CFP en 2017. Un quart des salariés gagnent moins de 154 900 F.CFP et un autre quart plus de 349 700 F.CFP.
TABLE 3. Salaire moyen équivalent temps plein selon le secteur d'activité
Source : CPS, ISPF
La rémunération moyenne des femmes est de 323 600 F.CFP (en équivalent temps plein) contre 333 800 F.CFP pour les hommes. Depuis dix ans, cet écart de rémunération entre hommes et femmes diminue régulièrement à 3,1 %. L'écart entre hommes et femmes décroît dans le privé (+ 8,1 % en 2018) ainsi que dans le secteur public au profit des femmes (3,8 %).
Le nombre de salariés percevant moins de 200 000 F.CFP bruts par mois est en diminution : ils sont 45 % (29 000) contre 48 % cinq ans plus tôt. En 2018, 7,5 % des salariés (4 900 emplois) gagnent plus de 600 000 F.CFP par mois (6,8 % en 2013).
La masse salariale augmente dans tous les secteurs
En 2018, la masse salariale croît de 3,5 % après la hausse de 2,5 % en 2018. Sur cinq ans, elle progresse de 10 % soit une hausse annuelle moyenne de 2 %.
La masse salariale de l'industrie augmente de 6,0 %, celle du secteur primaire de 10,8 % et celle de la construction de 6,5 %. La progression de la masse salariale dans le secteur tertiaire marchand (+ 3,9 %) est tirée par le secteur du commerce (+ 4,4 %) et par le transport et l'entreposage (+ 4,0 %).
La masse salariale des entreprises de moins de 10 salariés s'est accru de 3,4 % alors que celles de 250 salariés et plus a progressé de 4,3 %. La masse salariale correspondant aux salaires de moins de 200 000 F.CFP est en hausse de 1,5 % ; pour les salaires de 200 000 à 400 000 F.CFP, elle augmente de 3,7 % et de 4,3 % pour les salaires supérieurs à 400 000 F.CFP.
Dans l'administration publique, elle s'accroît de 1,6 %. La masse salariale des administrations de l'État progresse de 0,6 %, celle du Pays et des communes ont-elles augmenté de 0,2 % et 2,8 % respectivement.
En 2018, la masse salariale a crû (+ 3,5 %) beaucoup plus fortement que le salaire moyen équivalent temps plein (+ 0,7 %). Cette différence s'explique par les reprises marquées des effectifs annuels (+ 2,3 %) et de l'horaire moyen (+ 0,5 %).
TABLE 4. Masse salariale annuelle selon le secteur d'activité
Source : CPS, ISPF
Marché du travail en tension : hausse du nombre de demandeurs et baisse des offres
Le nombre de demandeurs différents est en hausse de 2,5 % en 2018 (28 900), le stock moyen de demandes à chaque fin de mois (DEFM) est stable (12 700). Au 31 décembre 2018, le stock est de 12 500 DEFM, en progression de 5,3 % en glissement annuel. Le nombre de primo-demandeurs croît de 4,4 % à 5 400.
Le nombre de demandeurs en fin de mois de moins de 25 ans diminue tandis que celui des 25 ans et plus augmente notamment pour les femmes. Le nombre de ceux inscrits depuis moins de six mois augmente faiblement tandis que celui des inscrits depuis plus de six mois décroît de 6 %.
Les personnes avec un diplôme inférieur au baccalauréat sont moins nombreuses au contraire des diplômés de l'enseignement supérieur qui sont 8 % plus présents en 2018. Le nombre de demandeurs diplômés du BTP est en recul de 10 %, ceux du commerce et de l'hôtellerie --restauration se maintiennent.
TABLE 5. Demandes d'emplois
Source : SEFI, ISPF
Moins d'offres d'emploi aidé
Le nombre d'offres d'emploi de toutes natures baisse de 17,5 % en 2018, soit 8 514 propositions. Les offres d'emploi normal augmentent de 2 % à 3 439 postes offerts. Les offres d'emploi aidé sont en retrait de 28 %. Celles pour le secteur marchand diminuent de 26 % à 2 010 postes offerts et celles du secteur non marchand de 29 % avec la diminution du nombre de CAE. Les offres en stage de formation professionnelle sont en baisse de 25 %.
TABLE 6.
Source : SEFI, ISPF
Les offres d'emploi normal en légère hausse
Les postes en CDD représentent 60 % des offres en 2018, tandis que les offres en CDI sont en augmentation de 22 % en 2018. Les créations de postes sont en nette hausse et représentent un tiers des offres.
Les offres à destination des diplômés de l'enseignement supérieur sont plus nombreuses et représentent 35 % de l'offre normale, soit 1150 postes en 2018. Une offre sur cinq est proposée aux personnes sans diplôme.
Hormis l'administration, les secteurs offrant le plus de postes demeurent l'hôtellerie -- restauration, qui bénéficie du regain touristique, et les activités de commerce.
Un marché du travail toujours en déséquilibre
Toutes offres confondues, le nombre de demandes pour une offre d'emploi progresse en 2018, passant de 2,7 à 3,4. Plus ce ratio se rapproche de 1, plus le marché du travail se rapproche de l'équilibre.
FIG 1. Ratio nombre de demandeurs pour une offre d'emploi
Source : SEFI, ISPF
[^1]: Sur les 10 320 salariés de l'Etat, 2 090 ont été déclarés mensuellement à la Caisse de prévoyance Sociale, le reste étant
inscrit à la Sécurité Sociale en Métropole.
[^2]: Les activités des ménages et des services personnels comprennent exclusivement les employeurs particuliers de femme de ménage,
jardinier, aide à domicile...