Bilan de l'emploi en 2022
En 2022, le nombre moyen d’emplois salariés déclarés à la Caisse de prévoyance sociale (CPS) s’est accru de 3 560 (+ 5,4 %) depuis 2021 pour atteindre 69 370 emplois. Hausse annuelle la plus marquée depuis plus de 20 ans, elle est portée par l’ensemble des secteurs d’activité et la reprise touristique. Sur un an, l’effectif moyen en équivalent temps plein (ETP) croît de 8,5 % par rapport à 2021, sous l’effet d’un horaire mensuel moyen en hausse de 4 heures (146,8 heures). La masse salariale progresse de 9,1 % et le salaire moyen brut par ETP progresse de 0,6 % à 339 400 F.CFP, alors que l’inflation moyenne en 2022 est de + 6,4 % par rapport à l’année 2021. Sur le marché du travail, le nombre de demandeurs d’emploi est en baisse, concomitamment avec un nombre d’offres d’emploi de toute nature proposées en hausse de 18 %. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont toujours recherchés
Les emplois en hausse dans l’ensemble des secteurs, tirés par le rebond du tourisme
Le nombre moyen d’emplois salariés (hors CAE et stagiaires) a augmenté de 3 560 en 2022, soit une hausse de 5,4 %. Cette progression est la plus marquée depuis la fin des années 1990 et a permis d’atteindre le nombre d’emplois avant la crise financière mondiale de 2007. En août 2022, le nombre d’emplois salariés a dépassé celui de décembre 2007 (69 800) pour terminer l’année 2022 à 70 960.
TABLE 1. Emploi salarié annuel selon le secteur d’activité
Source : CPS, ISPF
L’ensemble des secteurs d’activité est en hausse en 2022. Les effectifs ont été portés par la reprise touristique ; ceux de l’hébergement et restauration se sont accrus de 20 % en 2022 et ont retrouvé leur niveau de 2019. Ils s’élèvent à 7 740 en 2022, soit 11 % des effectifs totaux. Les effectifs du secteur tertiaire marchand progressent (+ 7,3 %), comme ceux du secteur primaire (+ 4,7 %), de l’industrie (+ 3,8 %) et de la construction (+ 3,5 %). Les effectifs du secteur tertiaire non marchand sont les moins dynamiques malgré une croissance de 2,9 %.
Les services non marchands en hausse de 500 emplois
En 2022, les effectifs du secteur non marchand augmentent de 2,9 %, soit une hausse de 500 emplois. Cette augmentation est semblable tant dans le secteur de l’enseignement, santé humaine et action sociale que dans l’administration publique. Le nombre de salariés des administrations d’État déclarés à la CPS [ˆ1] croît de 9,3 % (210 emplois supplémentaires), alors que celui des administrations du Pays ou des communes est en hausse de 1,5 % (respectivement + 125 et + 78 emplois).
Le tertiaire marchand et le secteur primaire sont les plus dynamiques
L’emploi salarié dans les services marchands s’accroît de 7,3 % en 2022. Les effectifs du commerce sont en hausse de 4,0 % et représentent 15 % du total des salariés polynésiens. La croissance dans le commerce automobile est la moins importante avec + 2,5 % en 2022. Les effectifs du commerce de gros progressent de 4,8 % et ceux du commerce de détail de 3,7 %. Ceux des hypermarchés et supermarchés s’accroissent de 2,0 % et ceux des supérettes de 5,0 %.
Dans le secteur du transport et entreposage, les effectifs augmentent de 5,7 %. Tirés par la reprise de l’emploi dans les transports aériens (+ 8,9 %), l’entreposage et support aux transports (+ 7,9 %), ils sont freinés par la décroissance des salariés dans les activités de poste et de courrier (- 6,9 %) du fait du transfert d’effectifs vers le nouvel établissement de paiement.
Tout comme les transports, l’hôtellerie-restauration a bénéficié du retour des touristes internationaux en 2022, leur nombre étant passé de 82 500 en 2021 à 218 750 en 2022. Le nombre d’emplois a progressé de 20 % pour se porter à 7 740, soit 1 300 salariés de plus qu’un an auparavant. L’emploi dans l’hôtellerie est le plus dynamique (+ 28,2 %), les effectifs de la restauration se sont tout de même accrus de 8,1 % (+ 1 080 emplois).
L’emploi dans le secteur des communications progresse de 3,1 %. Les effectifs des télécommunications sont en hausse de 1,7 %, alors que les activités informatiques continuent leur développement (+ 14,1 %). Dans ces dernières activités, les effectifs ont doublé en dix ans (120 salariés en 2011 contre 240 en 2022).
Dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, la hausse est de 8,3 %. Les activités d’architecture progressent de 11,8 % et celles de publicité et d’études de marché de 12,8 %. Les effectifs pour les activités de soutien aux entreprises augmentent de 6,7 %. L’emploi s’accroît dans l’intérim (+ 15,6 %) et dans les agences de voyage (+ 11,8 %).
Les effectifs de l’industrie progressent de 3,8 % en 2022. Ils augmentent de 2,5 % dans les industries extractives et de 2,8 % dans les industries manufacturières. Dans ces dernières, l’emploi s’accroît de 6,2 % dans l’industrie alimentaire et de 3,0 % dans la fabrication de boissons. Les emplois dans l’industrie des produits métalliques sont en hausse de 3,8 % et de 20,5 % dans le travail du bois. Les effectifs du secteur de la production et distribution d’énergie augmentent de 8,0 % et ceux de la production et distribution d’eau, d’assainissement et gestion des déchets de 6,0 %.
Dans la construction, la hausse est essentiellement soutenue par le gros œuvre (+ 6,4 %) et le second œuvre (+ 4,9 %), alors que les emplois dans les travaux publics se sont réduits de 2,5 %.
Dans le secteur primaire, l’emploi du secteur perlicole diminue de 1,9 % et compte 570 emplois, contre 1 010 en 2018. Ils sont compensés par l’augmentation des effectifs de 13,2 % dans la pêche et de 4,0 % dans l’agriculture.
L’emploi a moins progressé dans les petites entreprises
En 2022, la hausse de l’emploi est plus soutenue pour les entreprises intermédiaires entre 10 et 249 emplois. L’emploi dans les entreprises de plus de 250 salariés a progressé de 5,4 %, alors qu’il n’a augmenté que de 2,8 % dans les entreprises de moins de dix salariés.
Neuf entreprises sur dix emploient moins de 10 salariés, mais elles ne totalisent que 21 % des salariés. Les structures employant plus de 250 personnes sont peu nombreuses (31 au total) et concentrent 31 % des emplois salariés en 2022. Les dix plus importantes structures représentent 20 % des effectifs.
Les effectifs des entreprises pérennes constituent l’essentiel de la croissance
Le nombre d’établissements employeurs est en léger retrait en 2022 après une forte diminution en 2020. Le taux de cessation d’employeurs décroît cependant à 14,0 %. Le nombre de nouveaux employeurs baisse de 111 unités, soit un taux de création de 13,2 % au même niveau qu’en 2020. Ces nouveaux employeurs ont créé un emploi en moyenne. Le stock brut d’emplois créés, moins ceux supprimés par les entreprises fermées, devient à nouveau négatif avec 112 emplois en moins.
Les employeurs présents en 2021 et en 2022 (86 % des établissements) se sont renforcés et ont embauché 3 670 personnes, soit une hausse de 5,4 % de leurs effectifs renforçant ces entreprises au détriment des entrants et sortants du salariat.
TABLE 2. Emploi salarié et établissements employeurs
Source : CPS, ISPF
La durée moyenne du travail en forte hausse
En 2022, la durée moyenne de travail progresse de 4 heures pour se porter à 146,8 heures par mois par rapport à 2021 (142,7 heures). Ce niveau n’avait pas été atteint depuis l’année 2010. Le volume total d’heures déclarées est en hausse de 8,5 %.
La part de salariés réalisant des heures supplémentaires est en augmentation pour la deuxième année consécutive (12,4 %). À l’opposé, la part de personnes travaillant à temps partiel diminue depuis deux ans (34,2 %). Les hommes demeurent deux fois plus nombreux à effectuer des heures supplémentaires (16 % contre 8 % des femmes) ; les femmes sont davantage employées à temps partiel (37 % contre 32 % des hommes).
Le salaire moyen progresse de 3,5 %
En 2022, le salaire brut moyen pour 146,8 heures travaillées est de 294 800 F.CFP, en hausse de 3,5 % sur un an. Il correspond à un salaire net de 251 700 F.CFP au 31 décembre 2022.
Le nombre d’emplois en ETP s’accroît de 8,5 % en 2022 et s’établit à 60 300 postes. Le salaire brut moyen par ETP est en hausse de 0,6 % et se situe à 339 400 F.CFP.
Le salaire brut moyen du secteur primaire est en hausse de 3,2 % à 245 600 F.CFP. Dans la construction, il atteint 250 000 F.CFP et progresse de 0,7 %, comme dans l’industrie (345 900 F.CFP). Dans le tertiaire marchand, le salaire moyen est stable ; la hausse de 2,8 % dans le commerce étant compensée par la diminution de 2,3 % dans l’hôtellerie-restauration. Dans ce dernier secteur, l’arrivée d’un nombre important de salariés payés moindre que ceux en poste depuis longtemps explique cette baisse.
Dans l’administration publique, le salaire moyen augmente de 1,8 %. Il est cependant stable dans l’enseignement, santé humaine et action sociale pour la deuxième année consécutive.
En 2022, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) polynésien a progressé en mai 2022 (159 092 F.CFP) et en octobre 2022 (162 973 F.CFP), soit 964,34 F.CFP par heure. Il était de 152 914 F.CFP les onze premiers mois de 2021, puis de 155 973 F.CFP brut en décembre 2021 pour 169 heures de travail. Ce nouveau SMIG correspond à un revenu net de 140 941 F.CFP. L’évolution du salaire moyen a été bien moindre que celle de l’indice des prix à la consommation (+ 6,4 %).
En 2022, la médiane des salaires perçus augmente de 1,9 %. La moitié des salariés perçoit moins de 222 500 F.CFP brut (contre 218 300 F.CFP en 2021). Un quart des salariés gagne moins de 174 100 F.CFP et un autre quart plus de 360 400 F.CFP.
La rémunération moyenne des femmes est de 338 700 F.CFP en ETP, contre 339 900 F.CFP pour les hommes. Après deux années où la rémunération des femmes était supérieure à celle des hommes, les hommes sont légèrement mieux payés que les femmes en 2022 (0,4 % de plus). L’écart entre hommes et femmes s’accroît dans le privé au profit des hommes (+ 5,3 %), mais également dans le secteur public au profit des femmes (6,4 %).
Le nombre de salariés percevant moins de 150 000 F.CFP brut par mois diminue ; ils sont 20 % (13 800). Ils sont 41 % à percevoir moins de 200 000 F.CFP et 38 % de 200 000 F.CFP à 400 000 F.CFP. Le nombre de salariés gagnant plus de 600 000 F.CFP par mois est de 5 800, soit 8 % des effectifs.
TABLE 3. Salaire moyen en équivalent temps plein selon le secteur d’activité
Source : CPS, ISPF
La masse salariale en hausse dans tous les secteurs
En 2022, la masse salariale s’accroît de 9,1 % après la hausse de 4,4 % en 2021. Sur cinq ans, elle progresse de 15,3 %, soit une hausse annuelle moyenne de 2,9 %.
En 2022, la masse salariale a fortement progressé sous l’effet conjugué d’un horaire moyen en hausse de 2,9 % et des effectifs annuels en augmentation de 5,4 % ; malgré un salaire moyen par ETP qui s’accroît seulement de 0,6 %.
La masse salariale de l’industrie progresse de 6,1 % et celle du secteur primaire de 14,0 %. La masse salariale de la construction est en hausse de 6,0 %. L’augmentation de la masse salariale dans les services marchands (+ 13,2 %) est portée par les secteurs liés au tourisme : transport et entreposage (+ 12,0 %) et fortement par l’hébergement et restauration (+ 33,4 %).
La masse salariale des entreprises de plus de 250 salariés s’est accrue de 9,5 %, alors que celle des entreprises de 250 salariés et moins a augmenté de 8,9 %. La masse salariale correspondant aux salaires de moins de 200 000 F.CFP est en légère hausse de 0,8 %, alors que celle des salaires de 200 000 à 400 000 F.CFP a progressé de 9,8 % et celle des salaires supérieurs à 400 000 F.CFP de 12,8 %.
Dans l’administration publique, la masse salariale s’accroît de 4,5 %. Celle des administrations de l’État progresse de 9,0 %, celle du Pays de 2,6 % et celle des communes de 2,7 %.
TABLE 4. Masse salariale annuelle selon le secteur d’activité
Source : CPS, ISPF
Moins de demandeurs d’emploi
En 2022, le nombre de personnes en demande d’emploi est en baisse de 10,4 % (28 300) et le stock moyen de demandes d’emploi à chaque fin de mois (DEFM) est stable (12 400). Au 31 décembre 2022, le stock est de 10 300 DEFM, en retrait de 13,8 % en glissement annuel. Le nombre de primo-demandeurs décroît de 19,1 % à 4 600.
Le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois diminue quel que soit l’âge, mais cette baisse est essentiellement portée par les hommes. Le nombre des inscrits depuis moins d’un an diminue alors que celui des inscrits depuis plus d’un an continue de progresser.
Les personnes sans diplôme ou ayant effectué des études supérieures sont moins nombreuses. Les diplômés du baccalauréat et de l’enseignement supérieur représentent 43 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi en 2022.
Le nombre de demandeurs d’emploi diplômés de l’hôtellerie-restauration est en retrait de 8 % et ceux du BTP de 3 %.
TABLE 5. Demandes d’emplois
Source : SEFI, ISPF
Un afflux important d’offres d’emploi
TABLE 6. Nouvelles offres d’emploi (nombre de postes offerts)
Source : SEFI, ISPF
Le nombre d’offres d’emploi de toute nature s’accroît de 18 % en 2022, soit 14 100 propositions.(Cf. Table 6)
Les offres d’emploi normal progressent fortement de 72 % à 6 800 postes offerts. L’année 2022 a été caractérisée par des recrutements importants, notamment à la suite du recensement de la population (800 postes) et aux préparatifs électoraux.
Les offres d’emploi aidé sont en baisse de 10 %. Celles pour le secteur marchand diminuent de 13 % à 2 500 postes offerts et celles du secteur non marchand de 8 % avec la création de 3 800 offres d’insertion.
Les offres en stage de formation professionnelle régressent de 5 %.
Les postes en contrat à durée déterminée (CDD) représentent 66 % des offres en 2022, ils sont deux fois plus nombreux qu’en 2021 tandis que les offres en contrat à durée indéterminée (CDI) sont en diminution de 28 %. Les créations de postes sont en augmentation de 41 % et représentent un tiers des offres.
Trois offres sur dix sont à destination des diplômés de l’enseignement supérieur, soit 2 030 postes en 2022. Une offre sur quatre est proposée aux personnes sans diplôme.
Les secteurs offrant le plus de postes sont l’hôtellerie-restauration et la gestion et comptabilité.
Le marché du travail se détend
Toutes offres confondues, le nombre de demandes pour une offre d’emploi diminue en 2022, passant de 2,7 à 2,0. Plus ce ratio se rapproche de 1, plus le marché du travail se rapproche de l’équilibre.
FIG. 1. Ratio nombre de demandeurs pour une offre d’emploi
Source : SEFI, ISPF
[^1]. Sur les 10 010 salariés de l’Etat, 2 480 ont été déclarés mensuellement à la Caisse de prévoyance Sociale, le reste étant inscrit à la Sécurité sociale dans l’Hexagone.