Bilan de l’emploi en 2025
En 2025, l’emploi salarié déclaré à la Caisse de prévoyance sociale (CPS) progresse de 2,5 % par rapport à 2024, pour atteindre 75 755 emplois enmoyenne annuelle. Cette hausse est principalement portée par le secteur tertiaire marchand, notamment le commerce, l’hébergement-restauration et les transports. Les effectifs augmentent également dans les secteurs primaire, industriel et de la construction, ainsi que dans le tertiaire non marchand. Le temps moyen travaillé s’établit à 148,3 heures par mois. Le salaire brut moyen progresse de 1,8 %, tandis que le salaire moyen en équivalent temps plein (ETP) augmente de 1,5 %, soit une hausse supérieure à celle des prix à la consommation (+ 1,3 %). La masse salariale déclarée à la CPS croît de 4,2 %. Malgré ces évolutions favorables, les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes persistent en 2025.
En 2025, 107 200 personnes indiquaient être en emploi dont 27 900 en situation de non-salariat. Une partie des 11 000 salariés d’État sont déclarés à la Sécurité Sociale française et 2 500 sont en moyenne déclarés mensuellement à la CPS. Le taux d’emploi des 15 à 64 ans se situe à 57,5 % et le nombre de personnes au chômage ou dans son halo est estimé à 18 800. Source : Enquête Emploi 2025, réalisée au deuxième trimestre auprès de 9 700 personnes de 15 ans et plus
La progression de l’emploi portée par le secteur tertiairemarchand
Le nombre moyen d’emplois salariés s’établit à 75 755 en 2025, hors stagiaires, soit 1 810 emplois supplémentaires sur un an et une hausse de 2,5 % des effectifs. Cette croissance, moins élevée que celle enregistrée en 2024 (+ 2,9 %), s’est accrue au cours de l’année (respectivement + 0,5 %, + 0,5 %, + 0,8 % et + 0,7 % pour les quatre trimestres), mais est la troisième plus faible de ces quatre dernières années. Les effectifs progressent dans l’ensemble des secteurs d’activité en 2025. Les deux tiers de cette hausse sont portés par le secteur tertiaire marchand, notamment par le commerce (+ 2,9 %) et les secteurs touristiques tels que l’hébergement-restauration (+ 3,8 %) et les transports (+ 2,5 %). Le secteur tertiaire non marchand (+ 1,4 %) contribue pour 0,4 point à la progression globale. Les effectifs du secteur primaire progressent de 4,2 %, ceux de l’industrie de 1,7 % et ceux de la construction de 2,6 %.
TABLE 1. Emploi salarié annuel selon le secteur d’activité
Source : RGS-CPS, ISPF
Les effectifs du secteur tertiaire non marchand en hausse
En 2025, les effectifs du secteur non marchand progressent de 1,4 %, soit une augmentation de 280 emplois. Cette progression est plus élevée dans le secteur de l’enseignement, santé humaine et action sociale (+ 3,4 %) que dans l’administration publique (+ 0,7 %). Le nombre de salariés des administrations du Pays s’accroît de 1,5 % et celui des communes augmente de 2,8 %, alors que celui des administrations de l’État déclaré à la CPS¹ diminue de 2,2 %.
_1. Sur les 10 980 salariés de l’État, 2 490 ont été déclarés mensuellement à la CPS, le reste étant inscrit à la Sécurité sociale dans l’Hexagone. _
L’emploi progresse dans l’ensemble des secteurs d’activité
Dans le secteur tertiaire marchand, l’emploi salarié progresse de 3,0 % en 2025. Les effectifs du commerce augmentent de 2,9 % et représentent 15 % du total des salariés polynésiens, contribuant pour 0,5 point à la croissance globale. Les effectifs du commerce automobile (+ 2,3 %) et ceux du commerce de gros (+ 2,4 %) s’accroissent moins que ceux du commerce de détail (+ 3,4 %). Dans ce dernier secteur, les effectifs des commerces d’alimentation et des supérettes progressent respectivement de 3,4 % et 3,3 %, tandis que ceux des supermarchés progressent de 6,9 % et ceux des hypermarchés diminuent de 0,4 %. Le nombre de commerces d’alimentation s’accroît de deux unités sur un an (223 en moyenne annuelle). Dans le secteur du transport et entreposage, les effectifs augmentent de 2,5 %. L’emploi dans l’entreposage diminue de 0,3 % et progresse plus faiblement dans les activités de poste et de courrier (+ 0,4 %) que dans les transports maritimes et aériens (+ 4,2 % et + 4,3 % respectivement). L’emploi dans les transports terrestres s’accroît de 1,4 %. La croissance de l’emploi dans l’hôtellerie-restauration est portée à la fois par les effectifs de la restauration (+ 3,9 %, soit 3 400 salariés) que ceux de l’hébergement (+ 3,8 %, soit 5 600 salariés). Le nombre d’emplois du secteur atteint 9 000, soit 330 emplois de plus sur un an. Dans le secteur de l’information et des communications, l’emploi progresse de 0,3 % en 2025, soutenu principalement par les services d’information (+ 5,3 %) et les activités informatiques (+ 4,9 %), mais atténué par la baisse des postes dans les télécommunications (- 2,0 %). Les effectifs des banques et assurances s’accroissent de 2,8 %, alors que ceux des activités immobilières diminuent pour la quatrième année consécutive de 1,7 %. Dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, les effectifs augmentent de 5,5 %. Cette hausse est soutenue par les activités juridiques (+ 3,7 %), les activités d’architecture (+ 4,4 %), de conseil de gestion (+ 9,9 %) et de publicité (+ 5,8 %). L’emploi diminue dans l’intérim (- 1,0 %) et la sécurité (- 1,8 %), mais progresse dans le nettoyage (+ 9,9 %). Les effectifs de l’industrie s’améliorent de 1,7 % en 2025, portés par les industries manufacturières (+ 2,0 %) et malgré la diminution de 7,5 % dans les industries extractives. L’emploi s’accroît de 2,0 % dans l’industrie alimentaire et de 2,5 % dans la fabrication de boissons. L’emploi dans l’industrie des produits métalliques est en baisse de 3,6 % et de 2,2 % dans le travail du bois. Les effectifs du secteur de la production et distribution d’énergie sont en progression de 2,2 % et ceux de la production et distribution d’eau, d’assainissement et gestion des déchets augmentent de 2,1 %. Dans la construction, la hausse de 2,6 % des effectifs est essentiellement portée par le gros oeuvre (+ 3,0 %) et le second oeuvre (+ 4,2 %). Les effectifs des travaux publics progressent de 1,0 % après la baisse constatée en 2024 de 0,8 %. Dans le secteur primaire, l’emploi s’accroît de 4,2 % (+ 70 emplois). Cette croissance est marquée dans l’agriculture (+ 4,8 %) et la sylviculture (+ 69,1 %). Dans ce dernier secteur, les effectifs sont passés de 20 salariés en moyenne en 2020 à 70 en 2025. Les effectifs de la pêche se réduisent de 4,2 % sur un an, compensés par la hausse dans l’aquaculture (+ 4,8 %).
Les employeurs de 10 à 249 salariés portent l’essentiel de la hausse de l’emploi
Avec 6 870 employeurs en 2025 au total, le marché du travail polynésien demeure principalement constitué de structures de moins de 10 salariés. Celles-ci représentent 85 % des employeurs et embauchent 20 % des salariés polynésiens. Ces petits employeurs sont plus nombreux qu’en 2024 (+ 0,3 %) et leurs embauches supplémentaires contribuent pour 0,3 point à la hausse globale de l’emploi. Les employeurs de 10 à 249 salariés sont ceux qui contribuent le plus à la création d’emploi, à hauteur de + 1,9 point à la progression annuelle. Ils concentrent ainsi 49 % des salariés polynésiens. Les effectifs des employeurs de 250 salariés et plus progressent de 0,7%et représentent 31%des salariés (34 employeurs). Les dix plus importants employeurs concentrent 19 % des effectifs et 26 % de la masse salariale.
Stabilisation du nombre d’employeurs
En 2025, le nombre d’établissements employeurs atteint 8 051 unités, proche du niveau de 2024. Le taux de cessation d’employeurs diminue à 12,6 %, soit 286 cessations de moins. Le nombre de nouveaux employeurs diminue de 14 unités, portant le taux de création à 12,8 %, soit un niveau légèrement supérieur à celui de 2024. Ces nouveaux employeurs ont créé un peu plus d’un emploi salarié chacun en moyenne. Le solde des emplois créés par les nouveaux employeurs et des emplois supprimés à la suite de la fermeture d’entreprises reste cependant positif, avec 138 emplois supplémentaires. Les effectifs des employeurs présents en 2025 comme en 2024 (87%des établissements) se sont accrus de 2,3% (+ 1 680 personnes). Cette évolution est proche de l’évolution globale de l’emploi salarié (+ 2,5 %).
TABLE 2. Emploi salarié et établissements employeurs
Source : CPS, ISPF
Le temps de travail et les heures déclarées en hausse
En 2025, le temps moyen travaillé mensuellement augmente de 0,4 heure par rapport à 2024 (147,9 heures) pour se situer à 148,3 heures. Le volume total d’heures déclarées progresse de 2,7 %, correspondant à 66 480 emplois en ETP. La part des salariés réalisant des heures supplémentaires reste stable en 2025 à 13,3 %. La proportion de personnes travaillant à temps partiel diminue pour s’établir à 33,2 %. Un salarié sur neuf travaille moins qu’un mi-temps (84,5 heures) et un sur cinq moins de 126 heures par mois. Les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à effectuer des heures supplémentaires (17%contre 9 %). À l’inverse, les femmes sont plus souvent employées à temps partiel que les hommes (36 % contre 31 % des hommes).
Hausse des salaires et persistance des écarts de rémunération
En 2025, le salaire brut moyen pour 148,3 heures travaillées est de 318 900 F.CFP par mois contre 313 400 F.CFP en 2024, soit une hausse de 1,8 % sur un an. Il correspond à un salaire net de 271 900 F.CFP en décembre 2025. La moitié des salariés perçoit moins de 240 200 F.CFP brut par mois, soit 206 000 F.CFP net. En raison d’un temps de travail réduit, notamment lié à un travail à temps partiel, 21 % des salariés reçoivent moins que le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), fixé à 173 181 F.CFP. L’augmentation du salaire brut moyen résulte de la hausse de 0,3 % du temps moyen travaillé qui atteint 148,3 heures en 2025 et de celle de 1,5 % du salaire moyen en ETP, qui atteint 363 400 F.CFP brut (309 300 F.CFP net), soit un taux horaire de 2 150 F.CFP brut (1 830 F.CFP net). En 2025, le SMIG polynésien reste stable à 173 181 F.CFP brut par mois pour 169 heures de travail, niveau inchangé depuis la dernière évolution en mai 2024, soit 1 024,74 F.CFP brut par heure. Ce SMIG correspond à un revenu net de 149 500 F.CFP. La croissance du salaire moyen en ETP (+ 1,5 %) a été supérieure à celle de l’indice des prix à la consommation (+ 1,3 %). Le salaire brut moyen en ETP dans le secteur primaire diminue de 0,8 % à 255 700 F.CFP; les salaires dans la pêche en mer étant nettement supérieurs à ceux de la perliculture ou de l’agriculture. Dans la construction, il est de 275 200 F.CFP en hausse de 2,4 %, tandis qu’il progresse de 2,0 % dans l’industrie à 373 600 F.CFP. Dans le secteur tertiaire marchand, le salaire moyen en ETP progresse de 1,7 %. Cette hausse est plus soulignée dans l’hôtellerie restauration (+ 2,9 %) que dans les transports et entreposage (+ 1,6 %) et le commerce (+ 1,2 %). Dans l’administration publique, le salaire brut moyen en ETP est de 399 900 F.CFP par mois et augmente de 1,1 %. Cette augmentation est semblable dans l’enseignement, santé humaine et action sociale. En 2025, la moitié des salariés se situe sur une base de salaire en dessous de 253 800 F.CFP brut par mois, contre 248 900 F.CFP en 2024. La médiane des salaires bruts en ETP progresse ainsi de 2,0 %. Un quart des salariés est sur une base de salaire inférieure à 201 900 F.CFP brut et un autre quart sur une base supérieure à 401 400 F.CFP brut. Les salariés situés sous la médiane des salaires perçoivent 27 % de la masse salariale distribuée, tandis que les 10 % les mieux rémunérés reçoivent 28 % de l'ensemble des salaires. Les écarts de salaires nets perçus entre hommes et femmes perdurent en 2025. Tous emplois confondus, le salaire moyen perçu par les femmes est inférieur de 7 % à celui des hommes. Hors effets des temps partiels et des heures supplémentaires, la rémunération moyenne en ETP des femmes s’établit à 361 800 F.CFP par mois, contre 364 700 F.CFP pour les hommes tous emplois confondus. La rémunération moyenne en ETP des hommes est ainsi supérieure de 0,8 % à celle des femmes. Cet écart entre hommes et femmes continue de progresser dans le secteur privé (+ 6,3 %), tandis qu’il évolue favorablement au profit des femmes (+ 8,2 %)² dans le secteur public. Ces différences peuvent s’expliquer par la structure de l’emploi. Les hommes sont 55 % des travailleurs du secteur privé, contre 47 % dans le secteur public et le salaire moyen en ETP est 18 % plus élevé dans le public que dans le privé. En outre, les femmes occupent des postes plus qualifiés dans le secteur public que dans le secteur privé.
TABLE 3. Salaire moyen en équivalent temps plein selon le secteur d’activité
Source : CPS, ISPF
2. Marine ADAM, Points Études et Bilans de la Polynésie française n° 1268 (Novembre 2021) Des fortes inégalités salariales en Polynésie française
La masse salariale progresse de 4,2 %
En 2025, la masse salariale progresse de 4,2 % après l’augmentation de 5,4 % en 2024. La masse salariale de l’industrie progresse de 3,8 %, celle du secteur primaire de 4,8 % et celle de la construction de 6,0 %. La progression de la masse salariale dans le secteur tertiaire marchand (+ 4,8 %) est soutenue par les secteurs liés au tourisme : transport et entreposage (+ 4,4 %) et hébergement-restauration (+ 6,3 %).
TABLE 4. Masse salariale annuelle selon le secteur d’activité
Source : CPS, ISPF
La masse salariale des entreprises de plus de 250 salariés augmente de 2,9 %, celle des structures de 50 à 249 salariés de 6,3 % et celle de moins de 50 salariés de 4,3 %. Dans l’administration publique, la masse salariale s’accroît de 2,7 %. Dans le détail, elle progresse de 0,7 % dans l’administration de l’État déclarant à la CPS, de 3,2 % dans celle de l’administration polynésienne et de 4,0 % dans celle des communes. En 2025, la masse salariale déclarée à la CPS s’améliore de 4,2 % suite à l’augmentation de 0,3 % de l’horaire moyen ainsi qu’à la hausse des effectifs annuels et du salaire horaire moyen de 2,5 % et 1,5 % respectivement.
FIG. 1. Contribution à l’évolution de la masse salariale de 2021 à 2025
Source : CPS, ISPF
[^1]. Sur les 10 980 salariés de l’État, 2 490 ont été déclarés mensuellement à la CPS, le reste étant inscrit à la Sécurité sociale dans l’Hexagone.
[^2]. Marine ADAM, Points Études et Bilans de la Polynésie française n° 1268 (Novembre 2021) Des fortes inégalités salariales en Polynésie française.