Bilan de la pêche en 2021

Image En 2021, la production de pêche de capture progresse de 8,7 %. Cette hausse s’explique principalement par celle des volumes de pêche hauturière et notamment des captures de thons à nageoires jaunes (+ 1 140 tonnes). Le nombre de navires augmente d’une unité et le nombre d’hameçons posés progresse de 18,5 %. Le rendement est en hausse de 9,4 % à 35 kg pour 100 hameçons. Les volumes de pêche côtière sont stables sur un an, alors que la production aquacole progresse de 23 %.

Numéro : 1381
Dépôt légal : 6 mars 2024
Collection : Points Etudes et Bilans
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La production de produits de la pêche

En 2021, la production de pêche de capture (pêche côtière, palangrière et lagonaire) augmente de 8,7 % par rapport à 2020 et atteint 13 422 tonnes. La production hauturière progresse de 18,5 % à 6 747 tonnes et la production côtière est stable (+ 0,3 %). La production lagonaire, destinée à l’autoconsommation et la vente hors circuit commercial, est estimée à 4 300 tonnes par an. La production totale de l’aquaculture croît de 23 % et atteint 199 tonnes en 2021.

_La pêche en Polynésie française est constituée de plusieurs filières :

  • la pêche hauturière qui est la plus importante et constitue la moitié de la production ;
  • la pêche côtière (en mer mais proche des côtes), de type familial, qui est plus traditionnelle et artisanale ;
  • la pêche lagonaire qui est consacrée essentiellement à l’autoconsommation, excepté la pêche de rori, trocas et béni tiers qui sont tous ou en partie exportés ;
  • la production aquacole qui comprend l’élevage de crevettes et l’élevage de paraha peue._

TABLE 1. Production en volume des produits de la pêche (en tonnes)

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

FIG. 1. Indices de production de la pêche hauturière (indice base 100 en 2012)

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

FIG. 2. Indices de production de la pêche hauturière (indice base 100 en 2012)

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

Pêche hauturière : une production en hausse grâce aux thons à nageoires jaunes

La flottille de pêche hauturière est composée de 73 palangriers exploitant les espèces du large en frais ou en congelé en 2021, soit une unité active de plus qu’en 2020. Depuis 2017, la flotte a amorcé un renouvellement avec 12 palangriers supplémentaires.
En 2021, le niveau de production de pêche hauturière est de 6 747 tonnes, soit son niveau le plus élevé depuis 20 ans. Cette hausse s'explique essentiellement par la progression des volumes de thons à nageoires jaunes capturés, qui contribue à 20 points à la croissance de ce type de pêche. Ils représentent 33 % de la production hauturière en 2021, contre 19 % en 2020. Les volumes de thons obèses (+ 166 tonnes), de marlins rayés et d’espadons augmentent également. Premier poisson capturé avec 39 % de la production, les volumes de thons germons diminuent de 4,3 % à 2 660 tonnes. Les rendements augmentent également par rapport à 2020 avec 35 kg de prises pour 100 hameçons, pour se retrouver dans la moyenne de ces cinq dernières années.

TABLE 2. Évolution de l’effort de pêche

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

En plus de la baisse des volumes de thons germons, les volumes de marlins bleus, de thazards et de mahi mahi diminuent. Ces quatre espèces de poisson contribuent pour - 4,7 points à la croissance. En 2021, la production réfrigérée représente 96 % de la production totale (- 1 point). La production congelée progresse de 174 tonnes à 271 tonnes.

FIG. 3. Production de la pêche hauturière selon le conditionnement (en tonnes)

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

_L’Assemblée de la Polynésie française a approuvé la délibération n° 2018-6 APF du 13 mars 2018 portant approbation de la poli tique sectorielle de la pêche hauturière de la Polynésie française 2018-2022, qui a pour objectif de fixer la feuille de route pour le développement du secteur sur les cinq prochaines années. L’objectif principal de cette politique sectorielle est d’augmenter de manière durable la contribution de la filière à l’économie du Pays. Il s’agit de permettre l’extension de la flotte pour une doublement de la production à terme et d’optimiser la chaîne de valeur dans le respect des conditions de durabilité avec trois piliers : environne mental (stock de la ressource halieutique), économique et social. Quatre objectifs spécifiques ont été identifiés pour atteindre cet objectif :

  • assurer l’accroissement progressif de la flotte hauturière, basé sur une exploitation durable des ressources de la ZEE et de ses zones adjacentes.
  • s’assurer de l’équilibre économique de la filière de manière durable et promouvoir l’accroissement des marchés d’exportation de thon.
  • promouvoir les compétences nécessaires au développement de la filière en dotant les organismes de formation et l’administration des moyens pour répondre aux besoins en matière de formation, de suivi des carrières et de l’emploi des marins, ainsi que du suivi de labellisation sanitaire et de pêche durable.
  • optimiser le soutien à la filière par l’accompagnement des aides publiques de manière efficiente et permettant l’autonomie du secteur._

Les ventes à la criée au Marché d’intérêt public

Les poissons débarqués par les palangriers dans l’enceinte du Marché d’intérêt public (MIT) du Port de pêche de Papeete sont vendus, soit directement aux mareyeurs, soit lors de ventes aux enchères à la criée. En 2021, il n’y a eu aucune vente à la criée puisque l’intégralité du tonnage débarqué s’est faite en vente directe aux mareyeurs.

Pêche côtière : une production stable

En 2021, la flottille côtière est composée de 333 poti marara (en bois ou en fibre de verre, de 6 à 9 mètres) et de 30 bonitiers (en bois, de 10 à 13 mètres), soit 9 poti marara de plus et autant de bonitiers qu’en 2020. C’est la première fois depuis 2015 que la flottille progresse. Les poti marara et les bonitiers réalisent respectivement 85 % et 15 % de la production.
Après six années de baisse, la production est stable par rapport à 2020 (+ 0,3 %) à 2 176 tonnes. La production de bonitiers augmente de 36 tonnes et celle des poti marara recule de 29 tonnes. Les hausses des volumes de thons germons (+ 100 tonnes) et de bonites (+ 40 tonnes) compensent les baisses de captures de mahi mahi, de marlins et de thazards. 47 % de la production est réalisée aux Îles Du Vent, 21 % aux Marquises et 20 % aux Îles Sous-le-Vent.

Les dispositifs de concentration de poissons

Depuis 1981, la DRM maintient un parc permanent de dispositifs de concentration de poissons (DCP) ancrés. L’objectif est de sou tenir l’activité de la flottille côtière. Selon les années, entre 25 % à 40 % de la production de la flotte professionnelle est capturée au tour des DCP. En 2021, 62 DCP ont été ancrés : 20 aux Tuamotu Gambier, 19 aux Îles Sous-le-Vent, 16 aux Marquises, 4 aux Îles Du Vent et 3 aux Australes. Le parc final en Polynésie française compte un total de 833 DCP en décembre 2021.

Pêche lagonaire : une production estimée à plus de 4 000 tonnes par an

La pêche lagonaire concerne les activités d’exploitation des ressources biologiques naturelles existant dans les lagons, sur la pente externe des récifs ou sur le littoral des îles sans récif, jusqu’à une profondeur de 100 mètres. Les pêcheurs doivent être détenteurs d’une carte professionnelle délivrée par la Chambre de l’agri culture et de la pêche lagonaire (CAPL). À partir d’octobre 2017, l’attribution de ces cartes est devenue payante avec une validité de deux ans (de 2014 à octobre 2017, la validité était d’un an). De nombreuses associations et coopératives comprennent des pêcheurs lagonaires dans leurs rangs. En 2021, la CAPL a délivré 1 010 cartes professionnelles de pêcheurs lagonaires, soit 47 de moins qu’en 2020. Ce chiffre est tout de même élevé au regard des années précédentes puisque, depuis le début de la crise de la Covid-19, beaucoup se sont lancés dans des activités primaires telles que la pêche à la suite de pertes d’emploi. 43 % de ces cartes ont été délivrés à des pêcheurs des Tuamotu-Gambier et 20 % à des pêcheurs des Îles Du Vent.
La production lagonaire est estimée par la Direction des ressources marines (DRM) à environ 4 300 tonnes par an, répartie en poissons lagonaires de récif (3 400 tonnes), petits pélagiques (700 tonnes) et fruits de mer (200 tonnes), pour une valeur totale estimée à 2 milliards de F.CFP. Cette pêche est essentiellement une pêche de subsistance (auto-consommation), de plaisance et partiellement pour la vente (au bord des routes ou sur les marchés). L’export de produits de la pêche des autres archipels à destination de Tahiti par voie maritime s’élève à 693 tonnes, soit une hausse de 2 % par rapport à 2020. Les produits lagonaires proviennent principalement des Tuamotu Ouest. La pêche des mollusques des invertébrés La pêche de rori (ou bêche de mer) a été réglementée en novembre 2012 afin de permettre une gestion durable de la ressource [1]. Un comité de gestion local est chargé de faire appliquer la réglementation sur place et d’assurer la traçabilité des produits, du pêcheur au commerçant. En 2021, deux espèces de rori ont été pêchées : le rori marron de récif à Makemo et Maruatea Nord et le rori vermicelle à Makemo. Le nombre total de rori pêchés est de 3 427 unités pour un poids total net de 429 kg [2] , dont 71 % de rori marron.
Le troca est un coquillage introduit en Polynésie française depuis 1957. Il est protégé par une interdiction de pêche permanente, sauf pendant les campagnes de pêche autorisées par le Pays. Les pêcheurs agréés ne sont autorisés à pêcher uniquement les trocas d’une taille comprise entre 8 et 11 cm et ce, dans la limite du quota attribué à leur commune. Les coquilles vidées, nettoyées, brossées et séchées sont proposées à la vente à des négociants. La majorité d’entre elles sont destinées au marché de l’exportation. Comme en 2020, il n’y a pas eu de pêche au troca en 2021.
La production de bénitiers est conditionnée par les quotas d'exportations imposés par la convention internationale de Washington (CITES), les bénitiers faisant partie des espèces protégées. Les lagons de certains atolls des Tuamotu Est et de quelques îles hautes des Australes se caractérisent par des densités de bénitiers parmi les plus importantes au monde. Tridacna maxima est l'espèce largement majoritaire des deux espèces de bénitiers pré sentes en Polynésie française. Une grande partie de la production (73 %) provient de Reao et le reste de Tahiti.

TABLE 3. Quota de bénitier

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

Production aquacole : 2021, une bonne année pour l’aquaculture

En Polynésie française, la production aquacole est composée de trois branches : l’aquaculture de la crevette, celle du bénitier et la pisciculture du paraha peue (poisson-lune ou platax). Les fermes polynésiennes de crevettes et de poissons sont écoresponsables. Elles n’utilisent, durant la production, aucun produit chimique ni aucun produit médicamenteux.
Depuis 2011, la production de crevettes en Polynésie française est en constante progression. En 2021, la production est particulièrement dynamique puisqu’elle augmente de 21,3 tonnes pour atteindre 183,7 tonnes, soit 32,3 tonnes de plus qu’en 2020. Il s’agit du plus important volume produit depuis le début de la production en 1985. Cette production a été réalisée par trois fermes en bas sin et deux petites fermes pilotes en cages lagonaires. Le chiffre d’affaires global déclaré de la filière s’élève à 367 millions de F.CFP. La filière emploie 23 personnes, soit 1 de plus comparé à l’année précédente.
La pisciculture s’est orientée vers la production de paraha peue depuis 2011. Après trois années de baisse de la production, celle ci progresse de 47 % en 2021 et s’établit à 15,3 tonnes, soit 4,9 tonnes de plus qu’en 2020. Elle est réalisée par une unique ferme alors qu’on en comptait trois en 2019. Cette ferme emploie deux personnes en 2021, hors écloserie.

FIG. 4. Production aquacole (en tonnes)

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Source : Direction des ressources marines, ISPF

[1]. La réglementation limite la pêche à certaines espèces, impose des tailles minimales par espèce, des quotas par espèce établis en nombre d’individus, la mise en place systématique de zones de réserve, l’obligation de prélever à la main et l’interdiction de pêche de nuit et enfin un système d’agrément des commerçants.
[2]. Poids net : poids des produits au départ des îles vers Tahiti, à l'état séché