Bilan démographique 2018

Image En 2018, la population continue d’augmenter pour atteindre 277 400 personnes résidant en Polynésie française au 31 décembre, soit un accroissement de + 0,4 %. Le ralentissement de la croissance est dû à la baisse de la natalité et au déficit migratoire. La structure de la population évolue : en effet la part de personnes de 75 ans et plus augmente alors que celle des moins de 20 ans diminue. Cette mutation est la conséquence de l’allongement constant de la durée de vie, de la baisse de la natalité et des migrations.

Numéro : 1187
Dépôt légal : 31 octobre 2019
Collection : Points Etudes et Bilans
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Un accroissement en baisse mais toujours positif

En Polynésie française, le taux d'accroissement est estimé à + 0,4 % sur l'année 2018. La baisse progressive du taux d'accroissement est expliquée par deux phénomènes : la baisse de l'accroissement naturel et le déficit migratoire.

En 2018, 3 776 enfants sont nés vivants de mères résidentes et 1 633 personnes sont décédées. Le solde naturel (cf. définitions), autrement dit la différence entre les naissances en vie et les décès sur l'année, est donc positif de 2 143 personnes. Cet accroissement naturel est en baisse depuis de nombreuses années (cf. figure 1), ceci s'explique par la baisse de la natalité et le vieillissement de la population (augmentation de la mortalité). Le solde migratoire (cf. définitions), entre les deux derniers recensements (2012 et 2017) était déficitaire de 1 100 personnes par an ; par hypothèse, ce déficit annuel est prolongé sur 2018.

L'estimation de la population au 31 décembre 2018 est donc de 277 400 personnes, soit 1 100 personnes supplémentaires par rapport à 2017.

FIG 1. Évolution du nombre de naissances en vie et de décès
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Source : Etat-civil 2018

Une population polynésienne vieillissante

La population de la Polynésie française a augmenté de 48 600 personnes au cours des vingt dernières années, elle était de 228 800 habitants au 31 décembre 1998, elle est de 277 400 en 2018. Indépendamment de l'accroissement, la structure de la population a évolué, avec une baisse significative des plus jeunes au profit des plus âgés. La migration des personnes de 20 à 24 ans observée en 1998, se confirme en 2018. Elle est probablement expliquée par les poursuites d'études et la recherche d'un premier emploi en France métropolitaine ou à l'étranger (cf. figure).

FIG 2. Pyramide des âges en 1998 et 2018
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Source : Etat-civil 2018

Un rapport de dépendance en baisse depuis plusieurs années

Une baisse très significative du rapport de dépendance (cf. définitions) a été observée jusqu'en 2011, passant de 70,0 en 1983 à 52,1 personnes âgées de moins de 15 ans ou de 60 ans et plus pour 100 personnes de 15 à 59 ans. Depuis 2012, le phénomène s'est inversé, ce rapport est remonté à 53,2 personnes de moins de 15 ans ou de 60 ans et plus pour 100 personnes entre 15 et 59 ans. Le vieillissement de la population explique cette évolution ; la part des 60 ans et plus a augmenté de 3 points sur la période 2011-2018 pour atteindre 12,8 % de la population. Cette tendance à la hausse est cependant minimisée par la baisse de la natalité ; la part de jeunes de moins de 15 ans a donc perdu 3 points sur la même période, représentant maintenant 21,9 % de population polynésienne.

FIG 3. Nombre de naissances selon l'âge de la mère* pour les mères de moins de 20 ans
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Source : Etat-civil 2018

* Il s'agit de l'âge atteint dans l'année

Une baisse des naissances qui se poursuit

En 2018, 3 828 enfants sont nés de mères résidentes en Polynésie française, dont 3 776 bébés nés en vie, soit un taux de natalité (cf. définitions) de 13,6 naissances pour 1 000 habitants. Le nombre de naissances est en baisse constante depuis plusieurs décennies, en 30 ans il a diminué de près de 2 000 bébés, passant ainsi de 5 802 naissances en vie en 1988 à 3 776 en 2018.

Cependant, le nombre de femmes en âge de procréer continue d'augmenter, particulièrement aux âges où elles sont les plus fécondes entre 20 et 34 ans, soit 31 700 femmes en 2018 contre 23 800 en 1988. La diminution du nombre de naissances s'explique par une baisse de la fécondité. En 1988, le taux de fécondité général était de 122 enfants pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans, il est de 52 en 2018. Les baisses les plus marquées se situent dans la tranche d'âge des 20 à 24 ans. Le taux de fécondité était de 219 enfants pour 1 000 femmes en âge de procréer, en 1998, contre 87 en 2018 et de respectivement 206 contre 85 pour celles entre 25 et 29 ans. L'âge moyen des mères à la naissance croît régulièrement, il atteint 28,5 ans en 2018, il était de 25,8 ans en 1988.

1,8 enfant par femme en 2018

L'indice conjoncturel de fécondité (cf. définitions) s'établit, en 2018, comme en en 2017 à 1,8 enfant par femme contre 1,9 en France métropolitaine. Il est en baisse depuis plusieurs décennies, il y a 30 ans, il était de 3,7 enfants par femme. Pour comparaison, l'indice conjoncturel de fécondité mondiale[^1] est estimé à 2,4 enfants par femme et le seuil de renouvellement de la population est de 2,1.

Parmi les 3 776 naissances enregistrées en 2018, 354 concernent des mères de moins de 20 ans dont trois naissances, des mères de moins de 15 ans. La part des naissances de mères de moins de 20 ans a diminué entre 1983 et 1994 puis de nouveau augmenté jusqu'en 2002. Depuis le début des années 2000, elle n'a cessé de diminuer pour atteindre 9,4 % des naissances en 2018. En France métropolitaine, la proportion de maternités précoces représente seulement 1,2 % des naissances. Dans certains départements d'Outre-Mer, la situation est similaire à celle de la Polynésie française : en Guyane, 10,2 % des maternités sont précoces, 9,9 % à Mayotte ou encore 5,7 % à la Réunion.

FIG 4. Taux de mortalité générale et prématurée pour 100 000 habitants lissés sur 5 ans entre 1984 et 2018
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Source : Etat-civil 2018

Le vieillissement de la population entraîne une hausse du nombre de décès

Au cours de l'année 2018, 1 633 personnes sont décédées, soit 52 de plus qu'en 2017 et 531 de plus qu'il y a vingt ans (en 1998). L'arrivée d'une génération nombreuse aux âges de forte mortalité explique en partie cette hausse. La baisse du taux de mortalité a été observée jusqu'au début des années 2000, depuis la tendance est à la hausse. Sur la période 2014-2018 le taux de mortalité est de 543,8 décès pour 100 000 habitants, il était de 451,6 sur la période 1999-2003.

La mortalité prématurée, c'est-à-dire avant 65 ans, est en légère hausse depuis la période 2007-2011, elle passe de 212,6 décès de personnes de moins de 65 ans pour 100 000 habitants du même âge à 229,3 sur la période 2014-2018. Chez les femmes, les premières causes de mortalité prématurée[^2] sont les tumeurs. Le cancer du sein bien que de meilleur pronostic reste le plus meurtrier, suivi des tumeurs malignes du larynx, bronches, poumons dont l'incidence est moins importante mais de moins bon pronostic. Les maladies de l'appareil circulatoire sont la deuxième cause de mortalité prématurée féminine. La troisième a pour origine les causes externes[^3] de blessures et empoisonnement dont, principalement, les suicides et accidents de transports. Chez les hommes, les premières et deuxièmes causes de mortalité prématurée sont également les tumeurs, plus spécifiquement les tumeurs malignes du larynx, bronches, poumons, puis les maladies de l'appareil circulatoire. Les causes externes sont aussi en troisième position, leur nombre est plus important que chez les femmes.

La mortalité infantile en hausse

En moyenne sur la période 2014-2018, 30,2 enfants sont décédés chaque année avant leur premier anniversaire. Le nombre de décès d'enfants de moins de 1 an est en hausse depuis une dizaine d'années. Le taux de mortalité infantile, qui était de 5,4 décès pour 1 000 naissances en vie sur la période de 2007 à 2011, s'établit à 7,7 sur les années 2014-2018.

Un écart d'espérance de vie entre les femmes et les hommes de 4,7 ans

En 2018, l'espérance de vie à la naissance est de 78,3 ans pour les femmes et 73,6 ans pour les hommes. L'espérance de vie des hommes a reculé de 0,4 an entre 2017 et 2018. À l'inverse, celui des femmes a augmenté de 0,6 an sur la même période.

En comparaison avec la France métropolitaine, l'espérance de vie à la naissance est de 5,8 ans moins élevée en Polynésie française pour les hommes et de 7,0 ans de moins pour les femmes. Cet écart s'élargit, en 2008 ces différences étaient respectivement de -- 4,5 ans et -- 6,0 ans.

Des mariages de plus en plus tardifs

En 2018, 1 346 mariages ont été célébrés en Polynésie française, soit près d'une centaine de plus qu'en 2017. Le taux de nuptialité associé est stable à 4,9 mariages pour 1 000 habitants, dans la moyenne des années précédentes et toujours supérieure à la France métropolitaine (3,4 pour 1 000 habitants).

TABLE 1. Espérance de vie en fonction de l'âge
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Source : Etat-civil 2018

Au cours des vingt dernières années, l'âge moyen au premier mariage a reculé de 4 ans, passant ainsi de 29,7 ans pour les femmes et 33,2 ans pour les hommes en 1998, à respectivement 33,9 et 36,6 ans. Le mariage intervient plus tard dans la vie des couples comparativement à la métropole (en 2017, 31,4 ans pour les femmes et 33,0 ans pour les hommes).

Chiffres clés

TABLE 2. Chiffres clés
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Source : Etat-civil 2018

[^1]: Source : CIA World Factbook

[^2]: Source : Certificats de décès, Direction de la Santé de Polynésie
française

[^3]: Causes externes de décès : accidents, accidents de transport,
chutes accidentelles, intoxications accidentelles, suicides,
homicides.