Bilan démographique 2020
Au 31 décembre 2020, la Polynésie française compte 279 300 habitants. Au cours de l’année 2020, la croissance de population se poursuit. Elle est de + 0,3 %. Le ralentissement de la croissance est dû à la baisse de la natalité et au solde migratoire déficitaire. En 2020, la pandémie de Covid-19 a impacté le nombre de célébrations de mariages (en baisse) et le nombre de décès (en hausse).
Une croissance démographique toujours positive mais en baisse
La population de Polynésie française est estimée à 279 300 personnes au 31 décembre 2020, comparativement à 278 400 à la fin de 2019, soit une croissance de 900 habitants pour un taux d’accroissement de + 0,3 %. La baisse observée de l’accroissement s’explique par deux phénomènes : la baisse du solde naturel et le déficit migratoire.
En 2020, 3 537 enfants sont nés vivants de mères résidentes en Polynésie française et 1 636 résidents sont décédés. Le solde naturel (cf. définitions), autrement dit la différence entre les naissances en vie et les décès sur l’année, est positif de 1 901 personnes. Cet accroissement naturel est en baisse depuis de nombreuses années (cf. figure 1). Ceci s’explique en premier lieu par une diminution de la natalité, puis par le vieillissement de la population (augmentation de la mortalité). Le solde migratoire estimé suite aux deux précédents recensements est de 1 000 individus en 2020.
L’accroissement de la population en Polynésie française de + 0,3 % est légèrement supérieur à celui observé en France (+ 0,2 %) (Source : Insee Première n° 1846 mars 2021).
FIG 1. Évolution du solde naturel et ses composantes
Source : Etat-civil
Une population polynésienne vieillissante
Au cours des deux dernières décennies, la population de Polynésie française a augmenté de 41 900 habitants. Elle était de 237 400 habitants en 2000 et de 279 300 fin 2020. Indépendamment de l’accroissement de la population, la structure se modifie, avec une baisse significative de la part des plus jeunes au profit des plus âgés. Cette modification structurelle de la pyramide des âges a un impact global sur la société et l’offre en établissements pour jeunes et plus âgées (école, structure de soins, structure médicosociale d’accompagnement des personnes âgées, etc.).
Malgré ce vieillissement, la population de Polynésie française est plus jeune que la moyenne française. En effet, en Polynésie française, 3,2 % de la population a 75 ans ou plus contre 9,6%en France métropolitaine.
FIG 2. Pyramide des âges en 2000 et 2020
Source : RP - Etat-civil
Un rapport de dépendance en hausse
Le rapport de dépendance global est composé de la population des jeunes (moins de 15 ans) et des personnes âgées (de 60 ans et plus) rapportée à la population en âge de travailler (15-59 ans). Avec la baisse du nombre de jeunes, on observe une diminution du rapport de dépendance des jeunes depuis les années 80. À l’inverse, avec l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre de personnes âgées, le rapport de dépendance augmente chez les séniors. Le rapport de dépendance global a donc diminué jusqu’en 2011; depuis 2012, il augmente du fait d’une hausse rapide du nombre de personnes âgées. En moyenne en Polynésie française, il y a 32,7 jeunes de moins de 15 ans et 21,4 personnes âgées de 60 ans et plus pour 100 personnes de 15 à 59 ans en 2020. Au global, elles sont 54,1 personnes de moins de 15 ans ou de 60 ans et plus pour 100 personnes entre 15 et 59 ans, soit 2 personnes de plus en dix ans.
FIG 3. Évolution du rapport de dépendance global, jeunes et personnes âgées
Source : RP - Etat-civil
Un nombre de naissances stable entre 2019 et 2020
En 2020, 3 581 enfants sont nés de mères résidentes en Polynésie française, dont 3 537 bébés nés en vie, soit un taux de natalité (cf. définitions) de 12,7 naissances pour 1 000 habitants. En 20 ans, le nombre de naissances annuel a baissé de 1 400 enfants, soit une baisse de 70 enfants par an en moyenne. Le nombre de naissances est relativement stable entre 2019 et 2020 (19 enfants de moins) contrairement à la chute constatée entre 2018 et 2019 (230 enfants en moins).
La très grande majorité des enfants nés en 2020 ont été conçus entre avril 2019 et mars 2020, soit avant que les mesures de confinement pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ne soient mises en place. S’il devait y avoir un effet du confinement ou de la pandémie sur les naissances, il ne pourrait être mesuré qu’à partir de janvier 2021.
1,7 enfant par femme en 2020 comme en 2019
En 2020, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF cf. Définition) s’établit à 1,7 enfant par femme. Après avoir été jusqu’en 2012 supérieur à l’ICF métropolitain, il est depuis inférieur et diminue plus vite. En 2020, l’ICF français est de 1,8.
L’ICF polynésien baisse depuis plusieurs décennies; après une baisse plus marquée entre les années 80 et la fin des années 90, la baisse se poursuit plus modérément jusqu’à aujourd’hui. Il y a une décennie, l’indice conjoncturel de fécondité était de plus de 2,0 enfants par femme.
FIG 4. Évolution du taux de fécondité pour 100 femmes par groupe d'âge
Source : RP - Etat-civil
Une baisse de la fécondité dans tous les groupes d'âge
Le nombre de femmes en âge de procréer est relativement stable depuis une décennie, après une augmentation importante sur les trois décennies précédentes. La baisse du nombre de naissances s’explique donc par une baisse de la fécondité (cf. définition), autrement dit le nombre de naissances par femme en âge de procréer. En 2020, le taux de fécondité est de 49 enfants pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans, en 2000 il était de 79. Les femmes les plus fécondes se situent entre 20 et 34 ans. Cependant, la baisse la plus marquée se situe chez les femmes de moins de 30 ans. Le taux de fécondité des femmes de 20 à 24 ans a presque été divisé par 2 en deux décennies passant de 145 enfants pour 1 000 femmes de 20 à 24 ans en 2000 à 79 en 2020. Le constat est identique pour les femmes de 15 à 19 ans passant de 50 en 2000 à 28 en 2020.
Les naissances de mères de moins de 20 ans sont donc de moins en moins nombreuses en 2020 : 304 enfants sont nés de mères de moins de 20 ans, dont 2 de mères de moins de 15 ans. Depuis 20 ans, la part de naissances de mères de moins de 20 ans est passée de 11,9 % à 8,6 % en 2020.
L’âge moyen des mères à la naissance croît régulièrement depuis plusieurs décennies, il atteint 28,8 ans en 2020 soit 1,3 an de plus qu’en 2010 et 1,8 an de plus qu’en 2000.
Neuf enfants sur dix naissent à Tahiti
La géographie et la répartition du système de soins de la Polynésie française encouragent les Polynésiennes à venir à Tahiti pour accoucher. En 2020, 89,9 % des accouchements ont eu lieu à Tahiti, 7,7 % à Raiatea et 1,5 % à Nuku Hiva. Une majorité des accouchements a lieu à Pirae qui correspond à la localisation du Centre Hospitalier de Polynésie française (56,3 %) et un enfant sur trois est né à Papeete (32,7 %).
Auparavant, l’essentiel des naissances avait lieu à Papeete : 82,6 % des accouchements de Polynésie française y étaient constatés en 2000.
Une hausse de la mortalité qui se poursuit
Au cours de l’année 2020, 1 636 Polynésiens sont décédés, soit 73 de plus qu’en 2019. L’impact de la pandémie de Covid-19 est encore difficile à mesurer sur la mortalité générale. La faible taille de la population de Polynésie française et, par conséquent, la forte variabilité du nombre de décès complexifie cette analyse. L’arrivée d’une génération nombreuse aux âges de forte mortalité peut en partie expliquer cette hausse. Sur la période 2016-2020 le taux de mortalité est de 563,9 décès pour 100 000 habitants soit le taux le plus élevé observé depuis 1984.
En ce qui concerne la mortalité prématurée, c’est-à-dire avant 65 ans, elle est toujours stable avec 235,7 décès de personnes de moins de 65 ans pour 100 000 habitants sur la période 2016-2020. Chez les femmes, les tumeurs sont la première cause de mortalité prématurée. Le cancer du sein, bien que de meilleur pronostic, reste le plus meurtrier, suivi des tumeurs malignes du larynx, bronches, poumons dont l’incidence est moins importante mais de moins bon pronostic. Les maladies de l’appareil circulatoire sont la deuxième cause de mortalité prématurée féminine. La troisième a pour origine les causes externes de blessures et empoisonnement dont, principalement, les suicides et accidents de transports. Les premières causes de mortalité prématurée chez les hommes sont également les tumeurs, plus spécifiquement les tumeurs malignes du larynx, bronches, poumons, suivies des maladies de l’appareil circulatoire et des causes externes, plus importantes que chez les femmes.
FIG 5. Taux de mortalité générale et prématurée pour 100 000 habitants lissés sur 5 ans entre 1984 et 2018
Source : RP - Etat-civil
La mortalité infantile toujours stable
En moyenne sur la période 2016-2020, 26,2 enfants nés en vie sont décédés chaque année avant leur premier anniversaire. Le taux de mortalité infantile a baissé drastiquement depuis la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2010; il passe de 18,9 décès pour 1 000 naissances en 1985-1989 à 5,4 sur la période 2007- 2011. Après une légère augmentation, le taux de mortalité est maintenant stable à 7,0 sur la période 2016-2020.
Un écart d’espérance de vie de 4,4 ans entre les femmes et les
hommes
L’espérance de vie de 2020 correspond au nombre moyen d’années que pourrait s’attendre à vivre la population si elle était soumise toute sa vie aux conditions de mortalité de 2020. En 2020, l’espérance de vie à la naissance s’établit à 79,1 ans chez les femmes et à 74,7 ans chez les hommes. Contrairement à ce qui a pu être observé dans certains pays comme en France métropolitaine, il n’y a pas de baisse notable de l’espérance de vie entre 2019 et 2020 en Polynésie française. Notons qu’en démographie, les tendances s’observent sur des périodes plus longues de cinq, dix ans ou plus.
En 2020 en France métropolitaine, l’espérance de vie à la naissance des femmes est de 85,2 ans, soit 6,1 ans de plus qu’en Polynésie et pour les hommes de 79,2, soit 4,5 ans de plus qu’en Polynésie française.
Baisse historique du nombre de mariages
En 2020, 853 mariages ont été célébrés en Polynésie française, soit 297 de moins qu’en 2019 et 533 de moins qu’en 2018. Cette baisse de 26,2 % fait suite à la diminution déjà importante entre 2018 et 2019 de 17,2 %. Le contexte sanitaire particulier de 2020a limité les célébrations de mariage pendant une partie de l’année avec une interdiction des célébrations pendant le confinement puis une limitation du nombre d’invités. Il n’y a eu presque aucun mariage entre avril et mai 2020 et nettement moins que les années précédentes en juin et juillet. Le nombre de mariages est remonté pour atteindre un nombre de célébrations similaire à 2019 en août, octobre et décembre. Sur l’année 2020, le taux de nuptialité est donc de 3,1 mariages pour 1 000 habitants.
Si le mariage est moins fréquent qu’auparavant, il est aussi plus tardif. En 2020, l’âge moyen au premier mariage est de 34,0 ans pour les femmes et 37,0 pour les hommes. Depuis 20 ans, il a augmenté de 3,6 ans chez les femmes et de 3,1 ans chez les hommes. Les femmes continuent donc de se marier un peu plus tôt que les hommes.
TABLE 1. Espérance de vie en fonction de l'âge
Source : RP - Etat-civil
Les jeunes mariés étaient le plus souvent célibataires (90,4 % d’entre eux), pour les autres 8,7 % étaient divorcés et 0,8 % veufs.
Les mariages de couple de même sexe représentent 2,0 % des mariages comme l’année précédente (soit 17 en 2020 et 23 en 2019). Depuis la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, 114 mariages ont été célébrés en Polynésie française. Le nombre de mariages de couples de femmes et d’hommes est semblable, respectivement 60 et 54.
TABLE 2. Chiffres clés
Source : RP - Etat-civil et INSEE