Bilan démographique 2022
Au 31 décembre 2022, la Polynésie française compte 279 000 habitants. Au cours des dernières années, la croissance démographique a fortement ralenti et l’accroissement est de + 0,2 % en 2022. De plus, le vieillissement de la population se poursuit. La démographie est le reflet d’une année post-Covid. En effet, les naissances sont en hausse et les décès reviennent à un niveau similaire à celui observé avant la pandémie.
Une croissance démographique en baisse
La population de Polynésie française est estimée à 279 000 per sonnes au 31 décembre 2022, avec un taux d’accroissement de + 0,2 %, après + 0,0 % en 2021 et + 0,2 % en 2020. Le taux d’accroissement naturel est en baisse depuis de nombreuses années, passant de 1,5 % en 2002 à 0,7 % en 2022. Ceci s’explique en premier lieu par une diminution de la natalité, puis par le vieillissement de la population (augmentation de la mortalité). En 2022, 3 608 enfants sont nés vivants de mères résidentes en Polynésie française et 1 665 personnes sont décédées. Le solde naturel (la différence entre les naissances en vie et les décès sur l’année) est positif de 1 943 personnes. Il est en baisse depuis les années 80. La forte diminution observée en 2021 est liée à la pandémie de Covid-19 avec notamment une hausse exceptionnelle des décès.
FIG. 1. Évolution du solde naturel et de ses composantes
Source : État civil
Estimé entre les recensements de la population de 2017 et de 2022, le solde migratoire est déficitaire d’environ 1 300 individus par an. L’accroissement de la population de Polynésie française est inférieur à celui de la France hexagonale (+ 0,3 %).
Une population polynésienne qui vieillit
Au cours des deux dernières décennies, la population de Polynésie française a augmenté de 34 000 habitants. Elle était de 245 000 habitants en 2002, contre 279 000 en 2022. Indépendamment de l’accroissement de la population, la structure se modifie avec une baisse significative de la part des plus jeunes au profit des plus âgés. Cette modification structurelle de la pyramide des âges a un impact global sur la société et la demande en établissements pour jeunes et plus âgés (école, structure de soins, structure médico-sociale d’accompagnement des personnes âgées, etc.).
FIG. 2. Pyramide des âges en 2022 et 2002
Source : Insee, ISPF - Recensements de la population, État civil
Malgré ce vieillissement, la population de Polynésie française est plus jeune que la moyenne française. En effet, 9,9 % de la population à 65 ans ou plus en Polynésie française, contre 21,3 % en France hexagonale.
Un rapport de dépendance démographique en hausse
Le rapport de dépendance démographique global est composé de la population des jeunes (moins de 15 ans) et des personnes âgées (de 65 ans et plus), rapportée à la population en âge de travailler (15 à 64 ans). Avec la baisse du nombre de jeunes, le rapport de dépendance des jeunes diminue depuis les années 80. À l’inverse, avec l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre de personnes âgées, le rapport de dépendance augmente chez les séniors. Le rapport de dépendance démographique global augmente donc depuis 2012, du fait d’une hausse rapide du nombre de personnes âgées, et s'accélère depuis 2018. En 2022, pour 100 personnes de 15 à 64 ans, il y a en moyenne 30,8 jeunes de moins de 15 ans, il y en avait 15,1 de plus en 2002. Le rapport de dépendance démographique des personnes de 65 ans et plus est de 14,3 en 2022, en 2002 ce rapport était deux fois moins important (7,0 personnes âgées de 65 ans et plus, pour 100 personnes de 15 à 64 ans). Au global, pour 100 personnes de 15 à 64 ans, elles sont donc 45,1 personnes de moins de 15 ans ou de 65 ans et plus. Ce rapport de dépendance démographique global est légèrement en hausse depuis 2018.
FIG. 3. Évolution du rapport de dépendance global, jeunes et personnes âgées
Source : Insee, ISPF - Recensements de la population, État civil
Légère augmentation du nombre de naissances
En 2022, 3 658 enfants sont nés de mères résidentes en Polynésie française, dont 3 608 bébés nés en vie, soit un taux de natalité de 12,9 naissances pour 1 000 habitants. En 2021, le nombre de naissances avait atteint un point historiquement bas de 3 489 naissances. Les naissances sont de moins en moins nombreuses de puis plusieurs décennies. Les naissances ont augmenté en 2022 dans un contexte marqué par les conséquences de la pandémie, comme observée en France hexagonale. L’augmentation du nombre de naissances en 2022 permet de dépasser le nombre de naissances de 2019 et 2020 (respectivement 3 557 et 3 587 naissances).
1,8 enfant par femme en 2022
En 2022, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,8 enfant par femme. Après avoir été supérieur à l’ICF de France hexagonale jusqu’en 2012 puis inférieur, l’ICF en 2022 de Polynésie française est comparable. L’ICF polynésien baisse depuis plusieurs décennies, notamment entre les années 80 et la fin des années 90. Cette baisse s’est poursuivie plus modérément jusqu’en 2021. En effet, l’ICF était de 2,4 enfants par femme en 2002, il était de 1,7 en 2021 et il est de 1,8 en 2022.
FIG. 4.Évolution du taux de fécondité pour 1 000 femmes par groupe d’âge
Source : Insee, ISPF - Recensements de la population, État civil
L’augmentation de l’âge moyen à la maternité se poursuit
Le nombre de femmes en âge de procréer baisse depuis 2015, après une augmentation importante sur les trois décennies précédentes. La diminution du nombre de naissances s’explique également par une baisse de la fécondité (le nombre de naissances par femme en âge de procréer). En 2022, le taux de fécondité est de 51 enfants pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans. Il était de 72 en 2002. Auparavant, les femmes les plus fécondes avaient entre 20 et 34 ans. Les âges les plus concernés par la baisse de la fécondité sont les 20 à 34 ans. Le taux de fécondité des femmes de 20 à 24 ans a ainsi été divisé par deux en deux décennies.
Les taux de fécondité des femmes de 35 ans et plus sont plus stables, voire en augmentation dans certaines classes d’âge. En effet, le taux de fécondité des femmes de 35 à 39 ans était de 57 enfants pour 1 000 femmes en 2002 et il est de 56 en 2022. De même, le taux de fécondité des femmes de 40 et 44 ans était de 16 en 2002 et il est de 19 en 2022.
Ces taux de fécondité sont liés à l’augmentation régulière de l’âge moyen des mères à la naissance depuis plusieurs décennies. Il atteint 29,2 ans en 2022 soit 1,9 an de plus qu’en 2002.
Les naissances de mères mineures ont ré-augmenté en 2022 : 90 enfants sont nés de mères de moins de 18 ans contre 59 en 2021, 87 en 2020 et 97 en 2019. Depuis 20 ans, la part de naissances de mères de moins de 18 ans est passée de 4,1 % en 2002 à 2,5 % en 2022.
Un nombre de décès similaire à la période pré-pandémie
Au cours de l’année 2022, 1 665 résidents de Polynésie française sont décédés, soit autant qu’en 2019 (1 678) avant la pandémie. En Polynésie française, la hausse de mortalité prématurée est similaire à celle observée en population générale. Du fait du vieillissement de la population avec l’arrivée nombreuse de personnes à des âges de forte mortalité, le nombre de décès a tendance à augmenter ces dernières années, en dehors de la pandémie de Covid 19.
Sur la période 2018-2022 le taux de mortalité est de 632,9 décès pour 100 000 habitants. Au plus bas, sur la période 1999-2003, il était de 451,4. La mortalité prématurée, c’est-à-dire avant 65 ans, est toujours légèrement en hausse depuis la période 2008-2012. Elle passe de 217,3 décès de personnes de moins de 65 ans pour 100 000 habitants du même âge à 254,7 sur la période 2018-2022. Les tendances à la hausse de la mortalité se poursuivent en dehors de 2021 qui a un nombre de décès historiquement haut.
FIG. 5. Évolution des taux de mortalité générale et prématurée pour 100 000 habitants lissés sur 5 ans
Source : Insee, ISPF - Recensements de la population, État civil
La mortalité infantile en légère baisse
En moyenne sur la période 2018-2022, 21,6 enfants nés en vie sont décédés chaque année avant leur premier anniversaire, soit un taux de mortalité infantile de 6,0 décès d’enfants de moins de 1 an pour 1 000 naissances vivantes. Le taux de mortalité infantile a baissé drastiquement depuis la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2010. Il passe de 18,9 décès pour 1 000 naissances vivantes sur la période 1985-1989 à 5,4 sur la période 2007- 2011. Après une légère augmentation jusqu’à la période 2015-2019, le taux de mortalité est de nouveau en légère baisse.
L’espérance de vie supérieure à celle de 2020
En 2022, l’espérance de vie à la naissance est de 79,0 ans pour les femmes et de 74,9 ans pour les hommes. L’espérance de vie de 2022 correspond au nombre moyen d’années que pourrait s’attendre à vivre la population si elle était soumise toute sa vie aux conditions de mortalité de 2022. En 2021, l’espérance de vie avait fortement diminué du fait de la pandémie et de l’augmentation de la mortalité (- 2,5 ans pour les femmes et - 3,0 ans pour les hommes). Du fait de sa forte hausse en 2022, l’espérance de vie à la naissance est maintenant supérieure à celle avant la pandémie.
Malgré les fluctuations de l’espérance de vie, l’écart entre celle des femmes et des hommes reste relativement stable dans le temps. L’écart est de 4,2 années en faveur des femmes en 2022, elle était de 4,9 en 2021.
En 2022, en France hexagonale, l’espérance de vie à la naissance des femmes est de 85,2 ans et celle des hommes de 79,3 ans, soit respectivement 6,2 ans et 4,4 ans de plus qu’en Polynésie française. L’écart s’est réduit en 2022, la France hexagonale a une espérance de vie toujours inférieure à celle de 2019.
TABLE 1. Évolution de l’espérance de vie par âge et sexe
Source : Insee, ISPF - Recensements de la population, État civil
Un nombre de mariages supérieur à celui de 2019
En 2022, 1 226 mariages ont été célébrés en Polynésie française dont 1 199 entre personnes de sexes différents et 27 entre per sonnes de même sexe. L’année 2020 avait été marquée par une baisse historique du nombre de mariages. Le rebond de 2021 se poursuit en 2022 pour atteindre un nombre de mariages équivalent à celui de 2019 (1 156 mariages). La tendance plus générale du nombre de mariages est à la baisse. En effet, après une augmentation du nombre de mariages jusqu’en 2012 avec 59 mariages pour 10 000 habitants, il diminue progressivement pour atteindre 42 mariages pour 1 000 habitants en 2019, 30 en 2020, 38 en 2021 et 44 en 2022.
Si le mariage est moins fréquent qu’auparavant, il est aussi plus tardif. En 2022, l’âge moyen au premier mariage est de 35,1 ans pour les femmes et 37,4 pour les hommes. Depuis 20 ans, il a augmenté de 4,4 ans chez les femmes et de 3,0 ans chez les hommes. Les femmes continuent donc de se marier un peu plus tôt que les hommes. Les jeunes mariés étaient le plus souvent célibataires (89,4 % d’entre eux), pour les autres 9,1 % étaient divorcés et 1,5 % veufs ou veuves.
TABLE 2. Chiffre clés
Source : Insee, ISPF - Recensement de la population 2022, État civil