Bilan démographique 2023

Image Au 31 décembre 2023, la Polynésie française compte 279 400 habitants, en hausse de 0,1 % sur un an. Au cours des dernières années, la croissance démographique a fortement ralenti sous l’effet de la baisse de la natalité et du vieillissement de la population. En 2023, le nombre de naissances de mères de moins de 18 ans augmente cependant. L’espérance de vie retrouve un niveau légèrement supérieur à son niveau d’avant-pandémie et la mortalité infantile baisse à nouveau.

Numéro : 1457
Dépôt légal : 5 décembre 2024
Collection : Points Etudes et Bilans
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Une croissance démographique en baisse

La population de Polynésie française est estimée à 279 400 personnes au 31 décembre 2023 et augmente de 0,1 % sur un an. Ce taux d’accroissement s’inscrit dans la tendance en baisse en Polynésie française. En effet, le rythme de croissance annuel était plus élevé auparavant : + 0,3 % entre 2017 et 2020, et + 0,6 % en 2016.
En 2023, 3 515 enfants sont nés vivants de mères résidentes en Polynésie française et 1 776 personnes sont décédées. Le solde naturel, autrement dit la différence entre les naissances en vie et les décès sur l’année, est positif de 1 739 personnes.
En baisse régulière, le solde naturel a chuté en 2021 sous l’effet de la hausse des décès due à la crise sanitaire (Covid-19). Il s’est redressé en 2022, mais reste inférieur aux soldes naturels observés auparavant et diminue de nouveau en 2023, les naissances continuant à se réduire et les décès à augmenter.
L’accroissement de la population de Polynésie française est inférieur à celui de la France hexagonale (+ 0,3 %).

FIG. 1. Évolution du solde naturel et de ses composantes
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Source : État civil

Le taux d’accroissement naturel, correspondant à la croissance de la population liée au solde naturel pendant une année, est en baisse depuis de nombreuses années, passant de 1,5 % en 2002 à 0,6 % en 2023. Ceci s’explique en premier lieu par une diminution de la natalité, puis par le vieillissement de la population (augmentation de la mortalité).
Le solde migratoire estimé entre les recensements de la population de 2017 et 2022 est déficitaire d’environ 1 350 individus par an.

Un vieillissement rapide de la population

FIG. 2. Pyramide des âges en 2023 et 2003
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Source : RP - État civil

Au cours des deux dernières décennies, la population de Polynésie française a augmenté de 31 000 habitants. Elle était de 248 000 habitants en 2003, contre 279 000 en 2023. Indépendamment de l’accroissement de la population, la structure se modifie avec une baisse significative de la part des plus jeunes au profit des plus âgés. La population de plus de 65 ans croît plus rapidement que la population générale (+ 4,1 % par an, contre + 0,1 % par an entre 2022 et 2023). Cette modification structurelle de la pyramide des âges a un impact global sur la société et la demande en établissements pour jeunes et plus âgés (école, structure de soins, structure médico-sociale d’accompagnement des personnes âgées, etc.).
La population de Polynésie française reste plus jeune que la moyenne hexagonale. En effet, 11 % de la population a 65 ans ou plus en Polynésie française, contre 22 % en France hexagonale.

Un rapport de dépendance en hausse

Le rapport de dépendance global est composé de la population des jeunes (moins de 15 ans) et des personnes âgées (de 65 ans et plus), rapportée à la population en âge de travailler (15 à 64 ans). Avec la baisse du nombre de jeunes, le rapport de dépendance des jeunes diminue depuis les années 80. À l’inverse, avec l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre de personnes âgées, le rapport de dépendance des séniors augmente. Le rapport de dépendance global augmente donc depuis 2012, du fait d’une hausse rapide du nombre de personnes âgées, et s'accélère depuis 2018. En 2023, pour 100 personnes de 15 à 64 ans, il y a en moyenne 30,2 jeunes de moins de 15 ans, il y en avait 14,0 de plus en 2003. Le rapport de dépendance des personnes de 65 ans et plus est de 14,9 en 2023, il était deux fois moins important en 2003 (7,2 personnes âgées de 65 ans et plus, pour 100 personnes de 15 à 64 ans). Au global, il y a ainsi 45,0 personnes de moins de 15 ans ou de 65 ans et plus, pour 100 personnes de 15 à 64 ans. Après une baisse importante du rapport de dépendance global depuis les années 80 liée à la diminution du nombre de jeunes, il est légèrement en hausse depuis 2018 avec l’augmentation du nombre de personnes de 65 ans et plus.

FIG. 3. Évolution du rapport de dépendance global, jeunes et personnes
âgées
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Source : RP - État civil

Des naissances en baisse

En 2023, 3 552 enfants sont nés de mères résidentes en Polynésie française, dont 3 515 bébés nés en vie, soit un taux de natalité de 12,6 naissances pour 1 000 habitants. Les naissances sont de moins en moins nombreuses depuis plusieurs décennies et se replie en 2023 à 1 point historiquement bas. Les naissances sont en 2023 inférieures de 16 % à leur niveau de 2013 et de 22 % par rapport à 2003. Cette baisse importante du nombre de naissances ’observe également en France hexagonale ainsi que dans de nombreux
pays du monde.

1,8 enfant par femme en 2023

En 2023, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,8 enfant par femme. Après avoir été supérieur à l’ICF de France hexagonale jusqu’en 2012 puis inférieur, l’ICF de Polynésie française est comparable en 2023. L’ICF polynésien baisse depuis plusieurs décennies, notamment entre les années 80 et la fin des années 90. Cette baisse s’est poursuivie plus modérément jusqu’en 2021. En effet, l’ICF était de 2,2 enfants par femme en 2002, de 1,9 en 2013 et de 1,8 depuis 2017. Pour mémoire, dans l’hypothèse d’un solde migratoire nul et d’un taux de mortalité stable, un ICF de 2,1 enfants par femme assure le renouvellement des générations et permet ainsi de maintenir la population à un niveau stable. L’ICF mondial est également en baisse, il était de 3,3 en 1990, de 2,8 en 2000 et n’était plus que de 2,3 en 2021.

FIG. 4. Évolution du taux de fécondité pour 1 000 femmes par groupe d’âge
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Source : RP - État civil

L’augmentation de l’âge moyen à la maternité se poursuit

Le nombre de femmes en âge de procréer diminue depuis 2015, après une augmentation importante sur les trois décennies précédentes. Cependant, la baisse du nombre de naissances s’explique également par celle de la fécondité, autrement dit le nombre de naissances par femme en âge de procréer. En 2023, le taux de fécondité est effectivement de 50 enfants pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans, alors qu’il était de 52 en 2021 et de 67 en 2003. Auparavant, les femmes les plus fécondes avaient entre 20 et 34 ans. Elles sont désormais les classes d’âge les plus concernées par la baisse de la fécondité (jusqu’à - 32 % en 20 ans pour les femmes de 20 à 24 ans). Les taux de fécondité des femmes de 35 ans et plus sont plus stables ou en augmentation dans certaines classes d’âge. En effet, le taux de fécondité des femmes de 35 à 39 ans était de 55 enfants pour 1 000 femmes en 2003, contre 54 en 2023. De même, le taux de fécondité des femmes de 40 à 44 ans était de 18 en 2003, contre 23 en 2023.
Ces taux de fécondité sont liés à l’augmentation régulière de l’âge moyen des mères à la naissance depuis plusieurs décennies. Il atteint 29,2 ans en 2023, soit 2,0 ans de plus qu’en 2003.
Depuis 20 ans, la part de naissances de mères de moins de 18 ans a diminué passant de 4,1 % en 2002 à 1,7 % en 2021. Cependant, les naissances de mères mineures ont augmenté en 2023 par rapport à 2021 et 2022 : 98 enfants sont nés de mères de moins de 18 ans, soit 2,8 % des naissances vivantes, alors qu’il y en avait 90 en 2022 (soit 2,5 %) et 64 en 2021 (soit 1,7 %).

Hausse du nombre de décès

Au cours de l’année 2023, 1 776 résidents de Polynésie française sont décédés. Le nombre de décès annuels est en hausse. Du fait du vieillissement de la population avec l’arrivée nombreuse de personnes à des âges de forte mortalité, le nombre de décès a tendance à augmenter ces dernières années, en dehors de la pandémie de Covid-19.

FIG. 5. Évolution des taux de mortalité générale et prématurée pour 100 000 habitants lissés sur 5 ans
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Source : RP - État civil

Sur la période 2019-2023, le taux de mortalité est de 654,1 décès pour 100 000 habitants. Au plus bas, sur la période 1999-2003, il était de 451,4. La mortalité prématurée, c’est-à-dire avant 65 ans, est toujours légèrement en hausse depuis la période 2008-2012. Elle passe de 217,3 décès de personnes de moins de 65 ans pour 100 000 habitants du même âge à 262,3 sur la période 2019-2023. Les tendances à la hausse de la mortalité se poursuivent également en dehors de 2021 qui a un nombre de décès historiquement
haut.

La mortalité infantile de nouveau en baisse

En moyenne sur la période 2019-2023, 17,4 enfants nés en vie sont décédés chaque année avant leur premier anniversaire, soit un taux de mortalité infantile de 4,8 décès d’enfants de moins de 1 an pour 1 000 naissances vivantes. Le taux de mortalité infantile a baissé drastiquement depuis la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2010. Il passe de 18,9 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1985-1989 à 5,4 sur la période 2007-2011. Après une légère augmentation jusqu’en 2015-2019, le taux de mortalité est de nouveau en baisse.

Une espérance de vie légèrement supérieure à 2020

En 2023, l’espérance de vie à la naissance est de 78,9 ans pour les femmes et de 74,5 ans pour les hommes. L’espérance de vie de 2023 correspond au nombre moyen d’années que pourrait s’attendre à vivre la population si elle était soumise toute sa vie aux conditions de mortalité de 2023. En 2021, l’espérance de vie avait fortement diminué du fait de la pandémie et de l’augmentation de la mortalité (- 2,5 ans pour les femmes et - 3,0 ans pour des hommes). Du fait de sa forte hausse en 2022 et de sa stabilisation en 2023, l’espérance de vie à la naissance est maintenant légèrement supérieure à celle avant la pandémie.
Malgré les fluctuations de l’espérance de vie, l’écart entre celle des femmes et des hommes reste relativement stable dans le temps. L’écart est de 4,4 années en faveur des femmes en 2023, contre 4,1 en 2022 et 4,9 en 2021.

TABLE 1. Évolution de l’espérance de vie par âge et sexe
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Source : RP - État civil

En France hexagonale, l’espérance de vie à la naissance est de 85,7 ans pour les femmes et de 80,0 ans pour les hommes en 2023, soit respectivement 6,8 ans et 5,5 ans de plus qu’en Polynésie française.

Des mariages plus tardifs et moins nombreux

En 2023, 1 119 mariages ont été célébrés en Polynésie française dont 1 094 entre personnes de sexes différents et 25 entre personnes de même sexe. L’année 2020 a été marquée par une baisse historique du nombre de mariages. Le rebond observé en 2021 et 2022 s’estompe en 2023. En effet, l’année 2023 est marquée par un nombre de mariages particulièrement bas et confirme la tendance générale du nombre de mariages à la baisse. Après une augmentation du nombre de mariages jusqu’en 2012 avec 59 mariages pour 10 000 habitants, il diminue progressivement pour atteindre 42 mariages pour 10 000 habitants en 2019, puis 45 en 2022 et seulement 40 en 2023.
Si le mariage est moins fréquent qu’auparavant, il est aussi plus tardif. En 2023, l’âge moyen au premier mariage est de 35,8 ans pour les femmes et de 39,0 ans pour les hommes. Depuis 20 ans, il a augmenté de 4,8 ans chez les femmes comme chez les hommes. Les femmes continuent donc de se marier plus tôt que les hommes.
Parmi les mariés, 91%d’entre eux étaient célibataires, 8 % étaient divorcés et 1 % étaient veufs.

TABLE 2. Chiffre clés en 2023
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Source : RP - État civil et INSEE