Bilan démographique 2025 - Une population stable et vieillissante
Au 31 décembre 2025, la population de la Polynésie française s’établit à 279 500 habitants, un niveau stable par rapport à 2024. Le recul de la natalité se poursuit avec 3 170 naissances déclarées et l’indice conjoncturel de fécondité atteint 1,6 enfant par femme, son niveau le plus bas jamais observé au fenua. Dans le même temps, 1 840 décès ont été enregistrés, un nombre stable par rapport à l’année précédente. L’espérance de vie à la naissance continue de progresser pour s’établir à 79,6 ans pour les femmes et 74,7 ans pour les hommes. La croissance démographique s’interrompt, car le solde naturel en baisse ne compense plus le déficit migratoire.
Une stagnation de la population entre 2024 et 2025
La population de la Polynésie française est estimée à 279 500 habitants au 31 décembre 2025, soit un effectif inchangé par rapport à l’année précédente. Cette stabilité démographique s’inscrit dans une tendance de ralentissement observée depuis plusieurs années. La baisse de la natalité, le vieillissement de la population et le déficit migratoire persistant expliquent cette évolution.
En 2025, 3 170 enfants sont nés vivants de mères résidentes en Polynésie française (- 3,1 % sur un an) et 1 840 personnes sont décédées (- 0,3 % sur un an). L’excédent naturel des naissances sur les décès de 1 330 personnes ne suffit plus à compenser le déficit migratoire, mettant fin à la croissance de la population.
FIG. 1. Evolution du solde naturel et de ses composantes
Source : Etat civil
Le taux d’accroissement naturel, qui correspond à la croissance de la population liée au solde naturel sur une année, s’est progressivement réduit, passant ainsi d’une croissance de + 1,3 % en 2005 à + 0,5 % en 2025. Ceci s’explique principalement par une diminution de la natalité, puis par le vieillissement de la population.
Le solde migratoire résulte des mouvements de population entre la Polynésie française et l’extérieur. Il est estimé en prolongeant les tendances observées entre les recensements de la population de 2017 et de 2022. Sur cette période, il était déficitaire d’environ 1 350 individus par an.
En 2025, la croissance démographique est en ralentissement en France hexagonale, où elle atteint + 0,25 %. Cependant, contrairement à la Polynésie française, cette progression est soutenue par un excédent migratoire, alors que le solde naturel y est devenu déficitaire.
Un vieillissement de la population qui s’accélère
Indépendamment de l’accroissement naturel qui s’est réduit, la structure de la population se modifie avec une baisse significative de la part des plus jeunes au profit des plus âgés. La population de 65 ans et plus croît rapidement, alors que la population de 15 à 64 ans stagne et celle de moins de 15 ans diminue (respectivement + 5,1 %, - 0,1%et - 2,3%entre 2024 et 2025). Depuis 2017, le nombre de personnes de moins de 65 ans baisse, elles étaient 254 400 fin 2017 et elles ne sont plus que 248 000 en 2025.
La population de Polynésie française reste moins âgée que la moyenne française. En effet, en 2025, 11 % de la population a 65 ans ou plus en Polynésie française, contre 22 % en France (Hexagone + DOM).
Cette évolution structurelle de la pyramide des âges a un impact global sur la société et la demande en établissements pour jeunes et plus âgés (école, structure de soins, structure médico-sociale d’accompagnement des personnes âgées, etc.).
FIG. 2. Pyramide des âges au 31 décembre 2025 et 2005
Source : RP - Etat civil
Une baisse du nombre de personnes en âge de travailler, au profit des plus âgés
Le rapport de dépendance global mesure le nombre de personnes potentiellement à charge (les jeunes de moins de 15 ans et les personnes âgées de 65 ans et plus) pour 100 personnes en âge de travailler (15 à 64 ans).
Depuis les années 1980, le rapport de dépendance des jeunes diminue sous l’effet de la baisse du nombre d'enfants, tandis que celui des personnes âgées augmente avec le vieillissement de la population.
Depuis 2012, la progression du nombre de seniors est plus forte que la diminution du nombre de jeunes, alors que les personnes en âge de travailler sont en légère baisse. Ces évolutions entraînent une hausse du rapport de dépendance global, qui s’accélère depuis 2018.
FIG. 3. Évolution du rapport de dépendance global, jeunes et personnes Agées
Source : RP - Etat civil
En 2025, il y a en moyenne 28,8 jeunes de moins de 15 ans pour 100 personnes de 15 à 64 ans, contre 41,3 en 2005. À l’inverse, le rapport de dépendance des personnes de 65 ans et plus est de 16,4 en 2025, soit plus du double de son niveau de 2005. Au total, le rapport de dépendance est donc de 45,2 personnes de moins de 15 ans ou de 65 ans et plus, pour 100 personnes de 15 à 64 ans.
Le nombre de naissances continue de diminuer
En 2025, 3 220 enfants sont nés de mères résidentes en Polynésie française, dont 3 170 bébés nés en vie, soit un taux de natalité de 11,3 naissances pour 1 000 habitants. Les naissances sont de moins en moins nombreuses depuis plusieurs décennies et atteignent des niveaux historiquement bas. Cette baisse importante du nombre de naissances vivantes s’observe également en France hexagonale ainsi que dans de nombreux pays du monde.
1,6 enfant par femme en 2025
En 2025, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit à 1,6 enfant par femme en Polynésie française, son niveau le plus faible jamais observé. La fécondité polynésienne est en recul depuis plusieurs décennies, avec une baisse particulièrement marquée entre la fin des années 1980 et la fin des années 1990. Cette tendance se poursuit depuis, mais à un rythme plus modéré. Au cours des trois dernières décennies, l’ICF a reculé de 21 % entre 1995 et 2005, de 16 % entre 2005 et de 2015 de 12 % entre 2015 et 2025. Il est ainsi passé de 2,2 enfants par femme en 2005 à 1,6 en 2025.
Dans l’hypothèse d’un solde migratoire nul et d’une mortalité stable, un indice de 2,1 enfants par femme serait nécessaire pour assurer le renouvellement des générations et permettre de maintenir la population à un niveau constant. Le seuil de renouvellement des générations n’est plus assuré depuis 2011.
Supérieur à celui de la France hexagonale jusqu’au début des années 2010, l’ICF de la Polynésie française est maintenant comparable. Cette baisse de la fécondité s’inscrit dans une tendance mondiale, l’ICF mondial était estimé à 2,2 en 2024, 2,8 en 2000 et 3,3 en 1990. En Union européenne, l’ICF était de 1,3 en 2024 (Source : Eurostat).
FIG. 4. Évolution du taux de fécondité pour 100 femmes par groupe d’âge
Source : RP - Etat civil
L’âge moyen à l’accouchement se stabilise
La baisse du nombre de naissances s’explique en partie par la diminution du nombre de femmes en âge de procréer depuis 2016. Elles étaient 69 570 entre 15 et 49 ans en 2025, contre 72 880 en 2016, soit une baisse de 4,5 %. Elle s’explique également par le recul de la fécondité, autrement dit le nombre de naissances par femme en âge de procréer. En 2025, le taux de fécondité est de 45 enfants pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans. Il était de 47 ‰ en 2024 et de 64 ‰ en 2005. La baisse de la fécondité est la plus forte pour les classes d’âge les plus fécondes, avec une baisse supérieure à 20% pour les femmes de 20 à 34 ans.
Les taux de fécondité des femmes de 35 ans et plus sont plus stables, voire en augmentation dans certaines classes d’âge. Ces évolutions de la fécondité aux différents âges sont liées à l’augmentation continue de l’âge moyen des mères à la naissance depuis plusieurs décennies. En 2025, les mères ont en moyenne 29,2 ans lors de la naissance d’un enfant. Leur âge est stable entre 29,1 ans et 29,3 ans depuis 2022, mais est de 2,0 ans supérieur par rapport à vingt ans auparavant.
En 2025, le nombre de naissances de mères mineures correspond à 2,7 % des naissances en vie soit 87 enfants. La part des naissances de mères mineures se situe entre 2,2 % et 2,8 % des naissances en vie depuis 2022. Lors des deux dernières décennies, cette part a diminué puisqu’elle était de 4,1 % en 2002.
Une mortalité à la hausse
Au cours de l’année 2025, 1 840 résidents sont décédés en Polynésie française. Le nombre annuel de décès se stabilise entre 2024 et 2025, après une hausse observée au cours des années précédentes, marquée par un pic exceptionnel en 2021 lors de la pandémie de Covid-19. Cette hausse s’expliquait principalement par le vieillissement de la population et l’arrivée de générations nombreuses à des âges où la mortalité est plus élevée.
FIG. 5. Évolution des taux de mortalité générale et prématurée pour 100 000 habitants lissés sur 5 ans
Source : RP - Etat civil
Sur la période 2022-2025, le taux de mortalité est de 643,5 décès pour 100 000 habitants, contre 451,4 pour 100 000 habitants sur la période 1999-2003, où il avait atteint son niveau le plus bas.
La mortalité prématurée, définie comme les décès survenant avant 65 ans, suit une évolution similaire, avec un taux de 253,6 sur la période 2022-2025, après avoir atteint un minimum de 217,3 décès pour 100 000 habitants de moins de 65 ans sur la période 2008-2012. Les indicateurs confirment une hausse durable de la mortalité, tant générale que prématurée, au cours des dernières décennies.
Une mortalité infantile plus stable
En moyenne sur la période 2021-2025, 15,4 enfants nés en vie sont décédés chaque année avant leur premier anniversaire, soit un taux de mortalité infantile de 4,4 décès d’enfants de moins de 1 an pour 1 000 naissances vivantes. Après une légère augmentation jusqu’en 2015-2019, le taux se stabilise depuis 2019-2023 autour de 4 à 5 décès pour 1 000 naissances en vie. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus longue, marquée par une forte diminution de la mortalité infantile entre la fin des années 1980 et le début des années 2010 : le taux est ainsi passé de 18,9 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1985-1989 à 5,4 en 2007-2011.
Avec un taux de 4,4 ‰, la mortalité infantile polynésienne est désormais proche de celle observée en France (Hexagone + DOM) de 4,0‰.
L'espérance de vie continue de progresser en 2025
En 2025, l’espérance de vie à la naissance est de 79,6 ans pour les femmes et de 74,7 ans pour les hommes. L’espérance de vie de 2025 correspond au nombre moyen d’années que pourrait s’attendre à vivre la population si elle était soumise toute sa vie aux conditions de mortalité de 2025. En 2021, l’espérance de vie avait fortement diminué du fait de la pandémie et de l’augmentation de la mortalité (- 2,5 ans pour les femmes et - 3,0 ans pour les hommes). Depuis 2022, après avoir retrouvé des niveaux d’avant-pandémie, l’espérance de vie continue d’augmenter.
TABLE 1. Évolution de l’espérance de vie par âge et sexe
Source : RP - Etat civil
Malgré les fluctuations de l’espérance de vie, l’écart entre celle des femmes et des hommes reste relativement stable dans le temps. Compris entre 4 et 5 ans depuis de nombreuses années, cet écart est de 4,9 années en faveur des femmes en 2025. En 2025, en France, l’espérance de vie à la naissance des femmes est estimée à 85,9 ans et celle des hommes à 80,3 ans, soit respectivement 6,3 ans et 5,6 ans de plus qu’en Polynésie française.
Des mariages toujours plus tardifs
En 2025, 1 180 mariages ont été célébrés en Polynésie française dont 1 157 entre personnes de sexes différents et 23 entre personnes de même sexe. Le nombre de mariages est relativement stable entre 2024 et 2025, alors que la tendance était plutôt à la baisse avant la crise sanitaire. Les mariages sont toujours de plus en plus tardifs chez les hommes, comme chez les femmes. En 2025, l’âge moyen au premier mariage est de 37,0 ans pour les femmes et 39,5 ans pour les hommes. Depuis 20 ans, il a augmenté de 6,1 ans chez les femmes et de 5,7 ans chez les hommes. Les femmes continuent donc de se marier plus tôt que les hommes.
Contrairement à la stabilité du taux de nuptialité polynésien, ce dernier est en hausse de 1,4 % en France.
TABLE 2. Chiffre clés
Source : RP - Etat civil et INSEE