Commerce extérieur en 2018 - le déficit commercial se creuse

La balance commerciale de la Polynésie française continue de se détériorer en 2018, résultat d’une augmentation de 31 % de la valeur des importations civiles et d’une baisse de 5 % de la valeur des exportations locales.

Numéro : 1225
Dépôt légal : 1 novembre 2020
Collection : Points Etudes et Bilans
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Le déficit de la balance commerciale est accentué par l'achat de plusieurs avions

En 2018, le solde de la balance commerciale réelle est déficitaire de 215 milliards de F.CFP. Le déficit, accentué par l'achat de plusieurs avions, augmente de 34 % par rapport à 2017. Le taux de couverture réel s'établit à 5,4 %, la Polynésie française demeure très dépendante des marchés extérieurs.

FIG 1. Taux de couverture
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Source : Service des Douanes - ISPF

Hors importations exceptionnelles, les importations civiles progressent de 9 %

Entre 2018 et 2017, la valeur des importations civiles progresse de 31 % pour atteindre 227 milliards de F.CFP. Hors importations d'avions et de remorqueurs, la valeur des importations civiles augmente de 9 %, progression tirée pour moitié par les importations à destination des entreprises ; les importations à destination des ménages et les produits énergétiques participent de façon équivalente à cette hausse.

TAB 1. Évolution des importations civiles entre 2014 et 2018 (millions de F.CFP)
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Source : Service des Douanes - ISPF

La demande des entreprises progresse

En 2018, les entreprises ont dépensé 117 milliards de F.CFP de produits importés (+ 66 % par rapport à 2017). Hors importations d'avions et de remorqueurs, la progression est de 10 %.

Les importations de biens d'équipement ont plus que doublé en valeur entre 2017 et 2018. Les achats d'avions, remorqueurs et bateaux pousseurs, d'un montant de 44,3 milliards de F.CFP en 2018 et de 4,6 milliards de F.CFP en 2017, influencent cette forte hausse. Hors importations de ces biens d'exception, l'augmentation est de 13 %.

Comparées à 2017, les importations de biens intermédiaires, qui représentent les matières premières utilisées par les entreprises, augmentent de 8 % en valeur et de 12 % en volume.

Les valeurs des importations des « Fils, câbles et autres conducteurs isolés pour l'électricité, câbles de fibres optiques » et celles de « Fonte, fer et acier et leurs ouvrages » en hausse de 70 %, qui augmentent respectivement de 70 % et 19 %, participent pour plus de la moitié à la progression globale des biens intermédiaires.

Les importations de ciments hydrauliques progressent de 19 % en valeur et 32 % en volume.

Les importations à destination des ménages aussi

Les importations de biens à destination des ménages progressent de 5 % en valeur et 2 % en volume, principalement en lien avec les commandes de produits automobiles, en hausse de 15 % et de biens de consommation, en hausse de 6 %.

Les voitures de tourisme, en particulier, progressent de 21 % en valeur et leur nombre s'établit à 7 200. Elles proviennent principalement de Corée du Sud, Thaïlande et France.

La hausse des biens de consommation est principalement due aux achats de produits pharmaceutiques et de meubles. En 2018, 9,2 milliards de F.CFP de produits pharmaceutiques sont importés, soit 33 % des importations de biens de consommation. La France et l'Allemagne sont les deux premiers fournisseurs de produits pharmaceutiques avec, respectivement, 45 % et 12 % de part de marché.

Les importations de produits des industries agroalimentaires progressent de 2 % en valeur et sont stables en volume. Cette hausse provient essentiellement des commandes de « Viandes désossées de bovins, congelées ». En 2018, l'Uruguay reste le leader pour ces produits, suivi de la Nouvelle-Zélande.

Les importations de produits agricoles, sylvicoles et piscicoles diminuent de 4 % en valeur du fait de la baisse des importations de légumes, plantes, racines et tubercules alimentaires.

Les dépenses énergétiques augmentent

Par rapport à 2017, la valeur des importations de produits énergétiques, constitués essentiellement de produits pétroliers, progresse de 20 %, atteignant 21,7 milliards de F. CFP en 2018. Le volume des importations de produits énergétiques commandés augmente de 4 %, traduisant un prix unitaire qui croît de 15 % suivant l'évolution du cours du pétrole (baril de Brent). La Corée du Sud confirme sa place de premier fournisseur de produits énergétiques avec une progression de 6 % des importations qui représentent 55 % du volume total des produits énergétiques importés. Singapour est le deuxième fournisseur avec 40 % du volume total.

Les États Unis : premier fournisseur de biens grâce à l'achat d'avions

Les États Unis sont en tête des fournisseurs de la Polynésie française grâce à l'achat d'avions pour un montant de 44,3 milliards de F.CFP. Hors avions, les État Unis ont exporté 19 milliards de F.CFP de marchandises en 2018, soit une hausse de 5 % par rapport à 2017. Les produits agroalimentaires totalisent le tiers de ce montant, notamment avec les morceaux et abats de volailles congelés. Viennent ensuite les biens d'équipement (28 %) et les biens intermédiaires (17 %) dont le quart est constitué de bois et panneaux en bois.

Deuxième fournisseur, la France a expédié vers la Polynésie française 46 milliards de F.CFP de produits, soit, hors avion[^1], une progression de 5 % par rapport à 2017. Les premiers produits importés de métropole en valeur sont les biens intermédiaires suivis de près par l'agroalimentaire. Viennent ensuite les biens de consommation et les biens d'équipement. Les importations de produits automobiles ne représentent que 6 % de la valeur des importations provenant de la métropole mais la France fait partie des trois premiers importateurs de voitures de tourisme de Polynésie française. Les matières et ouvrages en plastique ainsi que les machines, appareils et matériels électriques et leurs parties représentent 41 % des biens intermédiaires importés de métropole. Le lait, produits laitiers, boissons, liquides alcooliques et vinaigres, préparations à base de céréales, farine et pâtisseries constituent la moitié des produits agroalimentaires importés de l'hexagone. La moitié des biens de consommation sont des produits pharmaceutiques. Les machines, appareils et engins mécaniques ou parties de ces machines ou appareils représentent 36 % des biens d'équipement importés de France.

La Chine est le troisième partenaire commercial de la Polynésie française avec 21 milliards de F.CFP de marchandises importées, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2017. Un tiers de la facture des produits chinois est composé de biens de consommation, notamment des machines, appareils et matériels électriques, des jeux et jouets, articles pour le divertissement et le sport, des meubles et des vêtements. Les biens d'équipement représentent 31 % de la facture. Parmi ceux-ci, 23 % sont des ordinateurs et matériels informatiques et 14 % sont des téléphones mobiles. Cependant, les achats d'ordinateurs portables ont diminué de 6 % en valeur et les téléphones mobiles de 19 %. La Chine demeure toutefois leader en fournissant 84 % des ordinateurs portables et 49 % des téléphones mobiles. Enfin, 28 % de la valeur des importations venant de Chine sont des biens intermédiaires.

FIG 2. Les 5 premiers fournisseurs de la Polynésie française en 2017 et 2018 (valeur CAF en millions de F.CFP)
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Source : Service des Douanes - ISPF

La valeur des importations en provenance de Corée du Sud augmente de 19 %. Cette croissance est due essentiellement à la progression des importations de produits énergétiques et, dans une moindre mesure, de produits automobiles. Les produits énergétiques croissent de 23 % en valeur et 6 % en volume et les voitures de tourisme augmentent de 8 % en valeur et leur nombre passe de 1 079 à 1 166.

Les importations de Nouvelle-Zélande baissent de 3 % en valeur. Les produits agroalimentaires, principalement de la viande bovine, du lait et des produits laitiers, constituent plus de la moitié des importations en valeur. Les biens intermédiaires tels que le ciment portland, le bois, produits laminés plats, en fer ou en aciers non alliés, et d'aluminium et ouvrages en aluminium sont le deuxième poste avec 30 % du montant importé. La valeur des importations provenant de Singapour, croît de 9 % et atteint 9 milliards de F.CFP qui correspondent, pour l'essentiel, aux produits énergétiques dont les achats augmentent de 16 % en valeur pour un volume stable.

Les exportations locales en baisse

En 2018, la valeur des exportations locales décroît de 5 % par rapport à 2017 pour s'établir à 12 milliards de F.CFP. Cette baisse est principalement due à la diminution des exportations de produits perliers qui représentent 62 % de la valeur des exportations locales. Le poisson est le second produit le plus exporté et constitue 12 % de la valeur des exportations locales.

TAB 2. Évolution des exportations locales entre 2014 et 2018 (millions de F.CFP)
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Source : Service des Douanes - ISPF

Les ventes de produits perliers diminuent

La valeur des exportations de produits perliers baisse de 8 % entre 2017 et 2018 en lien avec une diminution des recettes des perles de culture brutes de 8 % et du volume de 15 %.

Cette année, 12 tonnes de perles de culture brutes ont été exportées. Les volumes de perles de cultures brutes exportés vers Hong Kong diminuent de 17 % et de 14 % vers le Japon. Ces deux pays se partagent la quasi-totalité du marché des perles de culture brutes exportées avec respectivement 63 % et 31 % du volume. Les États-Unis, troisième importateur de perles de culture brutes, diminuent leurs commandes de 5 % en volume.

Des ventes aux enchères internationales sont organisées localement chaque année. Le prix moyen au gramme de la perle de culture brute exportée augmente de 8 % en 2018 et s'établit à 600 F.CFP contre 551 F.CFP en 2017.

FIG 3. Évolution des exportations de produits perliers de 2012 à 2018 en valeur (millions de F.CFP) et en volume (tonnes)
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Source : Service des Douanes - ISPF

La valeur des exportations des produits de la pêche progresse

Les produits de la pêche exportés en 2018, essentiellement du thon, atteignent une valeur de 1,5 milliard de F.CFP pour un volume de 1 353 tonnes, soit respectivement une hausse de 12 % et 23 % par rapport à 2017. Le prix au kilogramme baisse de 8 % et atteint 1 116 F.CFP en 2018. L'augmentation en valeur est principalement due à la progression des exportations de poissons frais ou réfrigérés. Leur prix au kilogramme est de 1 124 F.CFP, soit une diminution de 10 % par rapport à 2017.

Les États-Unis sont les principaux importateurs de poissons polynésiens (94 % des produits de la pêche exportés en valeur) avec 1 247 tonnes importées pour une valeur de 1,4 milliard de F.CFP. Le marché américain croît de 16 % en valeur et 28 % en volume par rapport à 2017, il est essentiellement constitué du thon frais ou réfrigéré.

FIG 4.
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Source : Service des Douanes - ISPF

Tous les autres produits locaux augmentent en volume à l'exception du monoï

Les exportations d'huile de coprah s'élèvent à 584 millions de F.CFP, en diminution de 26 % par rapport à 2017, pour un volume de 6 039 tonnes, en progression de 15 %. Le prix au kilogramme est de 97 F.CFP, en diminution de 35 % qui explique la baisse en valeur. Les acheteurs d'huile de coprah sont exclusivement français.

Les exportations de noni augmentent par rapport à 2017 et atteignent 677 millions de F.CFP en valeur (+ 15 %) et 2 297 tonnes en volume (+ 12 %). Le volume est commandé pour 82 % sous forme de purée dont le prix moyen au kilogramme est de 275 F.CFP. La purée de noni est exportée vers cinq pays : les États Unis qui achètent 40 % du volume suivis de laChine (36 %), du Japon (17 %), de l'Allemagne (5 %) et de la France (1 %). Le jus de noni est exporté vers une dizaine de pays dont les États-Unis en tête avec 30 % du volume de jus.

Le volume des exportations de vanille croît de 14 % avec un prix au kilogramme toujours très élevé de 53 130 F.CFP (- 6 % par rapport à 2017). La valeur des exportations s'élève à 666 millions de F.CFP, soit une évolution positive de 8 % par rapport à 2017. Plus de la moitié de la vanille est expédiée en France, 13 % en Allemagne et 10 % aux États-Unis. Les exportations vers la France augmentent de 8 % en valeur et de 11 % en volume.

Les exportations de monoï sont stables en valeur et en volume. Avec un prix moyen au kilogramme de 1 169 F.CFP, les ventes atteignent un montant de 369 millions de F.CFP. Le volume des exportations est composé de 33 % de produits finis et de 67 % de matières en vrac. Le monoï est principalement exporté vers la France (71 %) puis vers le Chili (19 %). La France commande 91 % de monoï en vrac et le Chili, exclusivement du monoï conditionné.

Les exportations de nacre augmentent pour atteindre 210 millions de F.CFP (+ 2 %) pour un volume de 1 700 tonnes (+ 8 %). La nacre est essentiellement exportée vers la Chine et le Vietnam qui commandent respectivement 65 % et 22 % du volume de nacre exporté. Le volume vers la Chine croît de 23 % et celui vers le Vietnam baisse de 14 % entre 2017 et 2018.

L'Asie, toujours premier client de la Polynésie française

En 2018, le continent asiatique importe 65 % de la valeur totale des produits locaux, pour un montant de 8 milliards de F.CFP ou 3 300 tonnes de marchandises, soit 16 % du volume total des exportations locales. Les exportations diminuent de 6 % en valeur et 3 % en volume. Elles consistent essentiellement en perles de culture brutes (91 % de la valeur des exportations vers l'Asie). Hong Kong et le Japon sont les principaux acheteurs asiatiques (92 % de la valeur des exportations vers l'Asie). Hong Kong importe pour 4,4 milliards de F.CFP, soit une baisse de 8 % par rapport à 2017. Le Japon achète pour 2,9 milliards de F.CFP, soit également une diminution de 8 % et bien que les commandes chinoises progressent de 33 % par rapport à 2017 pour atteindre un montant de 435 millions de F.CFP, elles correspondent seulement à 5 % du total des exportations vers l'Asie.

FIG 5. Les 5 premiers clients de la Polynésie française en 2017 et 2018 (millions de F.CFP)
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Source : Service des Douanes - ISPF

Les États-Unis, avec 2 milliards de F.CFP, captent 16 % de la valeur des exportations locales en progression de 2 % en valeur et de 12 % en volume. Les exportations de poissons frais ou réfrigérés représentent 68 % de la valeur globale, la purée de noni, 10 % et les produits perliers, 7 %. Les exportations vers l'Europe s'élèvent à 1,8 milliard de F.CFP soit 15 % de la valeur des exportations locales (- 5 % par rapport à 2017). Les exportations vers la France métropolitaine représentent 87 % de la valeur de la zone européenne. Elles sont constituées pour l'essentiel d'huile de coprah (37 %), de vanille (23 %), de monoï (12 %) et de produits perliers (10 %). La valeur des exportations d'huile de coprah baisse de 26 % et celle de la vanille croît de 8 % par rapport à 2017.

La zone océanienne diminue ses achats de 10 % en valeur pour atteindre 304 millions de F.CFP. La Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie comptabilisent respectivement 35 % et 30 % de la valeur des exportations de la zone.

Les achats de la Nouvelle-Zélande baissent de 5 % en valeur. Les exportations de perles de culture brutes, les déchets et débris de fonte, de fer ou d'acier, les déchets et débris d'aluminium participent principalement à cette évolution. A contrario, la valeur des exportations de papiers ou cartons à recycler vers la Nouvelle-Zélande croît pour atteindre 23 millions de F.CFP (+ 16 %) et 5 400 tonnes (+ 12 %).

La Nouvelle-Calédonie importe des perles de culture brutes pour un montant de 46 millions de F.CFP, soit la moitié de ses achats à la Polynésie française (- 20 % par rapport à 2017).

[^1]: En 2018, aucun avion n'a été importé de France contrairement à
2017 (3,6 milliards de F.C.F.P)