Feti’i e Fenua : Caractéristiques des logements des résidents polynésiens de 40 à 59 ans
L’enquête Feti’i e Fenua réalisée en 2019 et 2020 propose un éclairage inédit sur la dispersion spatiale des familles des résidents polynésiens, les relations entretenues entre leurs membres ainsi que sur leur mobilité au sein de la Polynésie française et au-delà. Mise en œuvre par l’Ined et l’ISPF, cette enquête a été soutenue par l’État et le Pays, désireux de disposer de connaissances sur le territoire polynésien. Elle permet également de connaître le type de logement des résidents polynésiens de 40 à 59 ans ainsi que leurs caractéristiques, tout en décrivant les logements familiaux à proximité et les autres biens possédés.
La résidence principale des résidents polynésiens de 40 à 59 ans
Des maisons individuelles majoritaires
Les résidents polynésiens de 40 à 59 ans habitent principale ment dans des maisons individuelles (95 %), dont 20 % dans un fare ATR, MTR, FEI ou OPH et 75 % dans un autre type de maison individuelle). Aux Tuamotu-Gambier, les fare ATR, MTR, FEI ou OPH sont plus rares et les personnes de 40 à 59 ans y résident deux fois moins souvent (10 %) en moyenne qu’en Polynésie française. À l'inverse, c’est plus fréquemment le cas aux Îles Sous-le-Vent qu’ailleurs (29 %).
Occuper un autre type de logement reste plus anecdotique à l'échelle de la Polynésie française. Les immeubles collectifs ne représentent que 4 % des logements des résidents polynésiens de 40 à 59 ans, cependant ils sont concentrés aux Îles Du Vent où 5 % des résidents y demeurent contre 1 % dans les Îles Sous-le-Vent et moins de 1 % dans les trois autres subdivisions.
Des propriétaires plus nombreux dans les subdivisions hors des Îles Du Vent
FIG. 1. Statut d’occupation des logements des résidents de 40 à 59 ans
Source : Enquête Feti’i e fenua (ISPF-Ined 2020)
Les résidents polynésiens de 40 à 59 ans sont majoritairement propriétaires de leur logement (67 %), dont 51 % sans indivision et 16 % en indivision avec leur famille ou celle de leur conjoint.
Des différences importantes sont observées entre les subdivisions. Les propriétaires sont effectivement moins nombreux aux Îles Du Vent (54 %) et plus nombreux aux Australe (85 %). Le taux de propriétaires en indivision est beaucoup plus faible aux Îles Sous-le-Vent (15 %) que dans les autres subdivisions, et c'est aux Australes que la propriété en indivision est la plus fréquente (36 %). Pour les autres subdivisions, la part de propriétaires en indivision parmi les résidents de 40 à 59 ans se situe entre 20 et 23 %.
En ce qui concerne les locataires, ils se trouvent principalement aux Îles Du Vent où ils représentent près d'un quart des résidents.
Une part non négligeable (13 %) des résidents de 40 à 59 ans a déclaré être logée gratuitement, dont 84 % par leur famille ou celle de leur conjoint.
Parmi les résidents polynésiens de 40 à 59 ans vivant dans un fare ATR, MTR, FEI ou OPH, 62 % déclarent en être propriétaires dont 51 % sans indivision, 24 % être en location et 14 % être hébergés gratuitement. Aux Îles Du Vent, être locataire dans l’habitat social est plus fréquent. En effet, alors que dans les autres subdivisions ils représentent entre 5 % et 9 % des résidents, ils sont 30 % à Tahiti et Moorea.
Propriétaires sans indivision du logement, mais pas toujours du terrain
Pour 51 % des résidents de 40 à 59 ans propriétaires sans indivision de leur logement, le terrain leur appartient également en bien propre dans 62 % des cas. Cependant, dans 32 % des situations, il est en indivision avec un ou des membres de leur famille ou de celle de leur conjoint. Lorsque le logement est en indivision, les personnes de 40 à 59 ans ont également plus souvent déclaré que le terrain était en indivision (88 %).
Lorsqu’il s’agit d'un fare ATR, MTR, FEI ou OPH, le logement est plus fréquemment sur un terrain en indivision (51 %) que lorsqu'il s’agit d’une autre maison individuelle (46 %).
Les hommes se disent propriétaires du logement à titre individuel plus fréquemment que les femmes (51 % contre 36 %).
L’auto-construction très répandue
L'auto-construction est très courante, 38 % des personnes de 40 à 59 ans ont déclaré avoir construit leur logement elles-mêmes ou avec le soutien de leur conjoint ou d’un membre de la famille. En dehors des Îles Du Vent, l’auto-construction est présente à 78 % aux Tuamotu-Gambier, à 67 % aux Australes, à 56 % aux Marquises et à 50 % aux Îles Sous-Le-Vent. L'auto-construction concerne la moitié des résidents logeant en maison individuelle hors fare ATR, PTR, FEI ou OPH. Elle est par définition beaucoup plus rare dans les fare ATR, MTR, FEI ou OPH. Néanmoins des aménagements sont visibles sur ces constructions et justifient sans doute une part des déclarations d'auto-construction (2,5 %).
L'aménagement des logements est donc fréquent, 29 % des résidents de 40 à 59 ans ont déclaré avoir (eux-mêmes ou un membre de leur famille) fait des rénovations ou transformations de leur logement depuis qu'ils l’occupent. Ces modifications sont plus répandues aux Tuamotu-Gambier (33 %) et aux Îles Sous-le-Vent (32 %), et beaucoup plus rares aux Marquises (13 %).
Des caractéristiques de logement très liées au type de fare
TABLE 1. Caractéristiques des logements des résidents de 40 à 59 ans par subdivision

Source : Enquête Feti’i e fenua (ISPF-Ined 2020)
Les fare ATR, MTR, FEI ou OPH des résidents de 40 à 59 ans sont le plus souvent équipés de toit anticyclonique (80 %) et de pilotis (76 %), ils en sont une des caractéristiques. Par conséquent, ce sont aux Îles Sous-le-Vent et aux Îles Du Vent où les résidents de 40 à 59 ans ont le plus souvent déclaré vivre dans ce type de fare. À l’inverse, les habitants aux Tuamotu-Gambier bénéficient donc moins souvent que dans les autres subdivisions de toit anticyclonique ou de pilotis.
Les garages sont plus répandus dans les autres maisons individuelles (63 %) que dans les maisons ATR, MTR, FEI ou OPH (45 %). On les retrouve plus souvent aux Îles Du Vent (62 %) qu’aux Tuamotu-Gambier (35 %). À l’inverse, les bâtiments professionnels adjacents au logement de résidents de 40 à 59 ans sont beaucoup moins courants en général (4 %) qu’aux Tuamotu-Gambier (7 %) et aux Australes (6 %).
Les autres types de logements
Des membres de la famille vivent fréquemment à proximité immédiate
À proximité de l'habitation, vivent souvent d'autres membres de la famille puisque 39 % des résidents de 40 à 59 ans ont déclaré un autre fare sur le même terrain occupé par un membre de la famille. Il est plus fréquent de déclarer une ou plusieurs autres constructions sur le même terrain aux Îles Sous-le-Vent (56 %), mais moins aux Australes (24 %).
FIG. 2. Part des résidents de 40 à 59 ans dont le fare jouxte d’autres logements occupés par la famille sur le terrain
Source : Enquête Feti’i e fenua (ISPF-Ined 2020)
Pour ceux qui déclarent des membres de la famille vivant à proximité, il s'agit le plus souvent d'une ou de deux habitations (32 %), 6 % en ont déclaré trois ou quatre et 1 % cinq ou plus. Aux Îles Sous-le-Vent, où les fare à proximité de membres de la famille sont plus fréquents, ils sont également plus nombreux car 46 % des résidents de 40 à 59 ans en ont déclaré un ou deux, 8 % en ont déclaré trois ou quatre et 2 % en ont déclaré cinq ou plus.
Les collatéraux sont les membres de la famille que l’on retrouve le plus fréquemment dans les fare à proximité des résidents de 40 à 59 ans. En effet, 22 % d’entre eux ont au moins un membre de la fratrie dans un fare qui jouxte le sien. Les oncles et tantes sont également souvent à proximité (14 %), viennent ensuite les cousins et cousines (7 %) et les parents (7 %). Les générations du dessous (neveux, nièces et enfants) sont moins souvent citées (respective ment 2 % et 2 %). En effet, les enfants des personnes de 40 à 59 ans résident encore le plus souvent sous le même toit ou ailleurs (dans une autre commune, une autre île ou hors de Polynésie française).
La multiplicité des logements sur un même terrain est plus fréquente chez les résidents de 40 à 59 ans ayant déclaré un terrain en indivision (59 %).
D’autres terrains souvent en indivision
Les résidents de 40 à 59 ans sont 45 % à déclarer être propriétaires, seuls ou en indivision, d'un ou plusieurs biens en dehors de leur lieu d'habitation actuelle (1,7 bien en moyenne). Ces biens sont répartis dans toutes les subdivisions de Polynésie française (96 %), en Métropole (3 %), en Outre-mer (0,5 %) ou encore à l'étranger (0,5 %). Ils sont le plus souvent hérités (90 %) et en indivision (81 %).
Lorsque les biens déclarés sont localisés en Polynésie française, ils se situent le plus souvent dans la subdivision de résidence des personnes de 40 à 59 ans (62 % des autres biens déclarés). Cependant, du fait des migrations, les biens des habitants aux Îles Du Vent sont implantés plus fréquemment qu'ailleurs dans une autre subdivision.
Ces autres biens sont dans la moitié des situations des terrains non cultivés, pour 37 % des habitations occupées, 10 % des terrains cultivés et pour 4 % des habitations non occupées. Des spécificités sont observées par subdivision, les terrains sont plus fréquemment cultivés aux Marquises (30 %) et aux Australes (25 %). Aux Îles Du Vent, il s’agit pour 44 % de terrains avec une habitation occupée et, aux Tuamotu-Gambier, pour 59 % de terrains non cultivés.
Pour 99 % des biens en indivision, ils ont été hérités. Ces biens sont hérités dans 45 % des cas du côté du père, dans 42 % de la mère et seulement dans 13 % des deux parents. Les biens hérités sont un peu moins fréquents aux Îles Du Vent (89 % des biens). À l'inverse, ils représentent la quasi-totalité des biens aux Australes (99,8 %).
FIG. 3. Type de biens possédés par les résidents de 40 à 59 ans par subdivision des biens
Source : Enquête Feti’i e fenua (ISPF-Ined 2020 )
Lecture : 59 % des biens aux Tuamotu-Gambier possédés par un résident de 40 à 59 ans sont des terrains non cultivés