Le marché de l'emploi se dégrade en 2019 malgré une baisse du taux de chômage
En 2019, en Polynésie française, la population active au sens du Bureau International du Travail (BIT) est estimée à 110 000 personnes de 15 à 64 ans, comprenant 95 700 actifs en emploi et 14 300 chômeurs. Les taux d’emploi et de chômage s’établissent respectivement à 52,0 % et 12,8 %. La baisse du taux de chômage correspond au passage de chômeurs dans le halo et du halo vers l’inactivité.
TABLE 1. Principaux indicateurs d'analyse du marché de l'emploi, comparatif Polynésie française, France hexagonale, DOMs et Nouvelle-Calédonie
Source : ISPF - INSEE - ISEE - Enquête emploi 2018/2019 - Champ : individus de 15 à 64 ans
Taux d’emploi de 52 % et taux de chômage de 12,8 %
À l’image de 2018, la situation générale du marché de l’emploi est en retrait par rapport à la France hexagonale et à la Nouvelle- Calédonie avec un taux d’emploi inférieur (respectivement de 14,1 et 6,0 points) et un taux de chômage supérieur (respectivement de 4,6 et 1,8 point). Toutefois, le taux d’emploi est plus élevé que dans les départements d’Outre-mer (DOM), Martinique exceptée, et le taux de chômage plus faible. Pour apprécier les différences entre les taux de chômage, il est à noter que les allocations versées en France hexagonale et dans les DOM sont la contrepartie d’une recherche active d’emploi par les allocataires : cette incitation à participer à la population active relève mécaniquement les taux de chômage hexagonal et domien.
Le taux de chômage est en baisse de 1,7 point par rapport à 2018, passant de 14,5 % à 12,8 %. Dans le même temps, le taux d’emploi reste stable, ce qui signifie que cette baisse du chômage ne se traduit pas par une augmentation de l’emploi. Au contraire, elle est corrélative à une baisse de l’activité sur cette période, le taux d’activité baissant en effet quant à lui de 1,0 point. Parallèlement, la part du halo dans l’ensemble des individus souhaitant travailler (chômage et halo) augmente toutcommela part des personnes ne souhaitant pas travailler parmi les inactifs : on assiste à un déplacement des chômeurs vers le halo ainsi que du halo vers l’inactivité sans souhait de travailler.
Ainsi, la stabilité de l’emploi en 2019 s’accompagne d’un éloignement du marché par les individus sans emploi.
TABLE 2. Indicateurs de l'emploi par sexe et âge
Source : ISPF - Enquête emploi 2019, Champ : individus de 15 à 64 ans
Taux de chômage élevé pour les femmes et les jeunes de 15-29 ans
L’accès au marché de l’emploi pour les femmes et les plus jeunes est toujours délicat en 2019. Les taux d’emploi et d’activité des femmes s’établissent ainsi à 45,1 % et 53,8 %, soit un différentiel de 13,6 et 11,5 points respectivement avec ceux des hommes; ces écarts sont de l’ordre de 6 points en France hexagonale. Le taux de chômage des femmes est également nettement supérieur à celui des hommes, 16,0 % contre 10,1 %, quand ce différentiel est au plus de 3 points dans les DOM et inexistant en France hexagonale. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 29 ans est de 27,4 %, soit un peu plus d’un jeune sur quatre, quand celui des 30 à 49 ans est de 9,2 %. La situation dans l’emploi des jeunes est cependant moins défavorable en Polynésie que dans les DOM où le taux d’emploi est plus faible (entre 23 % et 26 % selon les départements contre 33,7 % au Fenua) et le taux de chômage plus élevé (entre 31 % et 41 %).
Comme en France hexagonale, l’activité décline à partir de 50 ans; cependant, le taux de chômage des plus âgés est particulièrement bas (3,8 %). En Polynésie, les personnes en fin de parcours professionnel se maintiennent davantage en emploi qu’en France hexagonale, où on ne note pas de différence entre les taux de chômage des 30 à 49 ans et des 50 à 64 ans.
TABLE 3. Indicateurs de l'emploi par diplôme le plus élevé
Source : ISPF - Enquête emploi 2019, Champ : individus de 15 à 64 ans
Diplôme universitaire : un facteur d’insertion sur le marché du travail
Les personnes détentrices d’un diplôme universitaire sont les plus insérées sur le marché du travail. Près de 80 % d’entre elles sont en emploi et leur taux de chômage est de 5,3 %. L’activité des individus peu ou pas diplômés est faible avec un taux d’emploi respectivement de 38,2 % et de 43,6 %. Leur activité est largement soutenue par celle de personnes en n de parcours professionnel et entrées dans l’emploi à une époque où la détention de diplôme était moins déterminante : celles-ci représentent en effet 22,8 % de l’ensemble des individus en emploi, mais 30,6 % des individus peu ou pas diplômés en emploi. Corrélativement, les personnes en fin de parcours professionnel exercent plus fréquemment leur emploi en tant que non-salariées ou dans l’informel que les plus jeunes générations.
TABLE 4. Indicateurs de l'emploi par zone géographique
Source : ISPF - Enquête emploi 2019, Champ : individus de 15 à 64 ans
Situation plus défavorable en zone rurale
C’est dans la zone rurale de Tahiti et à Moorea que la situation de l’emploi est la plus défavorable, avec un taux d’emploi de 45,9 % et un taux de chômage de 18,4 %. Dans les Îles Sous-le-Vent et aux Australes, la situation est également délicate. La part des individus en emploi y est certes supérieure et le taux de chômage plus faible, mais les chômeurs ne représentent qu’environ un quart des personnes souhaitant un emploi. La plupart de ceux qui souhaiteraient travailler ne font pas ou plus de démarches vers l’emploi salarié ou pour ouvrir une patente. À l’inverse, aux Tuamotu-Gambier, l’activité stimulée par le tourisme et la perle permet, à l’échelle de l’archipel, à près de deux personnes sur trois d’être en emploi.
FIG 1. Schéma simplifié des concepts d'activité au sens du BIT
Source : ISPF - Enquête emploi 2019, Champ : individus de 15 à 64 ans