Le secteur du bâtiment et travaux publics en 2021

Image En 2021, l’activité du secteur du Bâtiment et travaux publics (BTP) progresse fortement. Le chiffre d’affaires du secteur augmente de 8,5 % grâce à l’activité soutenue de la construction de bâtiments (+ 2,9 milliards de F.CFP) et des travaux de construction spécialisés. Le nombre de salariés dans la construction est en hausse pour la septième année consécutive (+ 5,1 % par rapport à l’année précédente) et s’établit à près de 5 480 emplois salariés, soit très proche du niveau record de 2009 avec 5 640 emplois.

Numéro : 1322
Dépôt légal : 13 mai 2022
Collection : Points Etudes et Bilans
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Le nombre d’entreprises du BTP augmente pour la quatrième année consécutive

TABLE 1. Taille et activité des entreprises du BTP en décembre 2021
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Source : RTE, ISPF

À fin décembre 2021, le secteur du BTP compte près de 4 300 entreprises, soit 257 entreprises de plus qu’à fin décembre 2020 (+ 6,4 %). Les entreprises du BTP représentent 13 % du nombre total des entreprises inscrites au répertoire territorial des entre prises (RTE) dans le champ ICS. Les entreprises du BTP sont à 97 % des micro-entreprises (moins de neuf salariés) et 3 895 entreprises n’ont qu’un ou deux effectifs salariés (+ 246 par rapport à fin décembre 2020).
Les entreprises des travaux de constructions spécialisés sont les plus nombreuses et représentent 79 % des entreprises du BTP. La hausse du nombre d’entreprises en travaux de construction spécialisés explique l’essentiel de la croissance des entreprises du secteur. Leur nombre a progressé de 7,7 % en un an, soit 242 entreprises supplémentaires. La construction de bâtiments compte 13 entreprises de plus et le secteur de la promotion immobilière compte une entreprise de moins.
En 2021, les moyennes [^1] et grandes [^2] entreprises, au nombre de 12, réalisent 43 % du chiffre d’affaires du secteur (- 2 points par rapport à 2020). Les micro-entreprises, au nombre de 4 083, représentent 30 % du chiffre d’affaires global, comme en 2020. Les entreprises de 10 à 49 salariés sont celles dont le chiffre d’affaires a le plus progressé (+ 2,5 milliards de F.CFP).

Les créations d’entreprises sont dynamiques

À fin décembre 2021, 358 entreprises du BTP (+ 32 %) ont été radiées du RTE et 446 ont été créées (+ 10 %). Le rythme des créations reste dynamique puisqu’il s’agit de la quatrième année consécutive de hausse. L’intégralité des créations et 89 % des radiations concernent des entreprises d’une ou deux personnes. Le poids des créations d’entreprises du BTP par rapport au champ ICS est de 12%.

Les résultats du secteur du BTP polynésien ont progressé dans un contexte de hausse des prix

FIG. 1. Évolution du chiffre d’affaires et du nombre d’entreprises du BTP
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Source : DICP, RTE, ISPF

Le chiffre d’affaires du secteur du BTP augmente de 8 % en 2021, soit 4,8 milliards de F.CFP de plus qu’en 2020 qui avait été contraint par le confinement d’avril 2020. Ce montant représente 7 % du chiffre d’affaires global réalisé au sein du champ ICS. L’index du BTP [^3] progresse en moyenne de 3,6 %, avec une inflation qui s’est fortement accélérée sur les deux derniers trimestres de l’année. La hausse du chiffre d’affaires s’explique par l’augmentation des prix et par la bonne tenue des demandes privées et publiques. À noter, une baisse des mandatements ainsi que l’absence de confinement au premier semestre 2021 à la différence de 2020. Toutes les activités du BTP sont concernées par la hausse de l’activité mais la construction de bâtiments (+ 19 %) et les travaux de construction spécialisés (+ 5 %) sont celles qui profitent de la hausse de la demande.

Les volumes d’intrants de la construction importés augmentent fortement

Sur l’année 2021, les importations de matériaux de construction progressent de 20 % en volume et de 21 % en valeur (+ 7,3 mil liards de F.CFP). Les intrants de la construction (ciment, bois et fer) contribuent à l’essentiel de la croissance en volume des importations de matériaux de construction. La forte hausse des volumes d’importations de ciment (+ 30 %) contribue à elle seule pour 13 points. Les volumes de ciment, de bois et de fer importés n’ont jamais atteint un niveau aussi élevé depuis 2008. Cette augmentation importante des volumes importés peut s’expliquer par des stockages plus importants alors que les problèmes d’approvisionnement à l’international restent récurrents. En valeur, les importations de fer, de machines-outils et de bois contribuent respective ment pour 5 points, 4 points et 3 points à la croissance globale. La hausse de la valeur des importations de fer et de bois s’explique par une hausse des prix.
Le prix du bois importé est celui qui a connu la plus forte progression entre 2020 et 2021 (+ 15 %). Les prix de l’aluminium sont en constante hausse depuis quatre ans et le prix du fer reste plus important qu’en 2016.

FIG. 2. Évolution des prix à l’importation - Indice base 100 : 2016
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Source : Fenix-Sofix, Service des Douanes, ISPF

L’emploi dans le secteur du BTP poursuit sa progression

En 2021, 5 477 salariés déclarés à la CPS travaillent dans le BTP, soit 267 de plus qu’en 2020 (+ 5 %). Ils augmentent de façon continue depuis 2015 avec 1 400 emplois créés dans le secteur depuis cette date. Les salariés du BTP représentent 9 % des salariés du champ ICS. Les effectifs en équivalent temps plein [^4] (ETP) augmentent plus rapidement (+ 8 %), traduisant une stabilité du recours au temps partiel dans le secteur et une hausse des emplois en temps plein et plus (169 heures et plus de 169 heures par mois). Toutes les activités de la construction embauchent mais la progression est plus marquée pour la construction de bâtiment (+ 144 ETP) et les travaux de construction spécialisés (+ 138 ETP).
Les emplois dans la construction sont occupés essentiellement par des hommes avec 93 % des postes salariés du secteur. 58 % des salariés du secteur sont âgés de moins de 40 ans, contre 50 % pour les autres secteurs.

TABLE 2. Répartition des ETP par secteur d’activité du BTP
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Source : CPS, ISPF

La hausse des pleins-temps et des plus de 169 heures traduit le dynamisme du secteur

Après un bond de 18,3 % du recours au temps partiel dans la construction en 2020 (+ 385), celui-ci reste stable en 2021. Cette forte progression du temps partiel en 2020 est due en partie au confinement et à la baisse d’activité qui a duré le mois suivant. Les différents dispositifs de soutien au salaire peuvent aussi expliquer cela. À l’inverse, en 2021, le dynamisme de l’emploi concerne les salariés à temps plein (+ 146) et ceux travaillant plus de 169 heures (+ 111). Les salariés travaillant moins de 169 heures représentent, cependant, encore près de la moitié des salariés du secteur (46 %).

TABLE 3. Répartition des salariés par tranches horaires
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Source : CPS, ISPF

La masse salariale progresse malgré la baisse de la rémunération horaire

La masse salariale augmente de 8 % en 2021, soit 1 milliard de F.CFP de plus qu’en 2020. Elle s’établit à 14,2 milliards de F.CFP, soit le montant le plus élevé jamais enregistré. Le nombre de salariés en ETP le plus important (5 560 ETP) date de 2007 avec une masse salariale de 13,4 milliards de F.CFP, traduisant la hausse des salaires moyens du secteur : + 23 % entre 2007 et 2021. La progression de la masse salariale en 2021 s’explique exclusivement par la progression du nombre d’heures travaillées (+ 8 %) car le salaire moyen reste stable sur le secteur. Le salaire moyen (246 114 F.CFP par mois) de 2021 est inférieur à celui de la période 2015 – 2019 (250 000 F.CFP par mois en moyenne).

Le nombre de permis de construire délivrés augmente

En 2021, sur les 3 498 demandes de permis de construire déposés (+ 23 % en un an), la Direction de la Construction et de l’Aménagement en Polynésie française en a accordé 88 %. Le nombre de permis de construire délivrés progresse (+ 655) traduisant la bonne dynamique des investissements dans la construction. La surface en m² progresse plus faiblement. Le nombre de certificats de conformité reste stable sur un an. Les Îles Du Vent, qui regroupent 75 % de la population de la Polynésie française [^5], représentent 70 % des certificats de conformité délivrés pour 86 877 m² et 57 % des permis de construire délivrés. Les Îles Sous-le-Vent, qui regroupent 13 % de la population, comptabilisent 517 permis de construire (+ 12 %) et 170 certificats de conformité délivrés (+ 18 %). La plus forte progression de délivrance des permis de construire concerne l’archipel des Tuamotu-Gambier (+ 61 %, soit + 165 per mis de construire). Aux Marquises, la dynamique est également positive en termes de permis de construire (+ 73) et de certificats de conformité (+ 10) délivrés.
Le nombre de permis de construire déposés en 2020 avait été plus faible que les années précédentes, cette baisse peut être liée au confinement et aux restrictions de déplacement qui ont pu freiner les personnes à déposer leur permis. La surface moyenne par permis délivrés diminue à 133 m² et, à l’inverse, celle des certificats de conformité reste élevée à 130 m².

TABLE 4. Evolution des permis de construire et certificats de conformité délivrés
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Source : Direction de la Construction et de l’Aménagement en Polynésie française, ISPF

En 2021, les demandes de permis de construire pour un fare OPH ont progressé (+ 22 %) et 4 % de ces demandes ont abouti à la délivrance d’un permis de construire. 45 % des demandes de permis de construire pour un fare OPH concernent les Tuamotu Gambier et les Îles Sous-Le-Vent. Sur les 1 141 certificats de conformité accordés, 36 % concernent des fare OPH.

Des prévisions d’investissement positives en 2021

Depuis le troisième trimestre 2020, le solde [^6] de prévisions d’investissement à un an des entreprises du BTP est positif. Ce solde reste positif tout au long de l’année révélant des prévisions de dynamisme d’activité du secteur dans le futur, malgré une baisse au cours du troisième trimestre qui peut être liée au confinement imposé en Polynésie française durant les mois d’août et septembre.

FIG. 3. Prévisions d’investissement à 1 an des entreprises du BTP
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Source : IEOM, ISPF

Les ménages et les entreprises poursuivent leurs investissements

Après des investissements immobiliers soutenus de la part des ménages en 2020, la production de crédits à l’habitat progresse de 3 % en 2021 et s’établit à 40 milliards de F.CFP. Ce montant est cependant inférieur à celui de 2019, année d’embellie économique encourageant les ménages à investir. L’encours des crédits à l’habitat des ménages augmente ainsi de 3 % sur un an à fin décembre 2021. Les ménages profitent également de la pour suite de la baisse des taux moyens des crédits immobiliers atteignant 1,82 % au quatrième trimestre 2021 en Polynésie française, contre 1,9 % un an auparavant et 2,07 % au quatrième trimestre 2019. L’élargissement, sans condition de revenus et sans nécessité de financer l’opération par un prêt, de l’aide à l’investissement des ménages (AIM) pour l’année 2021 participe au maintien de la demande des ménages. L’épargne accumulée par les ménages au cours de l’année 2020 peut aussi soutenir les travaux de construction ou de rénovation.
Bien qu’essentiellement orientés vers les équipements, les investissements des entreprises en bâtiment restent soutenus puisque l’encours des crédits immobiliers des entreprises poursuit sa progression (+ 24 % en 2021, contre + 23 % en 2020).

Les dépenses publiques dans le secteur de la construction sont en baisse

Le soutien du Pays à l’économie se traduit par une commande publique qui reste soutenue pour le secteur de la construction. Ainsi, en 2021, le Pays mandate 16 milliards de F.CFP dans la construction, soit 74 % des mandatements injectés dans l’économie marchande. Les mandatements directs et indirects dans le secteur de la construction diminuent de 14 % (- 2,7 milliards de F.CFP sur un an).

TABLE 5. Tableau de bord du BTP
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Sources : ISPF, Douanes, DBF, IEOM

TABLE 6. Chiffres clés des entreprises du BTP en 2021
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Source : RTE, CPS, DICP, ISPF

[^1]. Les moyennes entreprises comptent entre 50 et 200 emplois salariés
[^2]. Les grandes entreprises comptent plus de 200 emplois salariés
[^3]. Les emplois en équivalent temps plein correspondent à la somme des heures travaillées dans l’activité considérée divisée par la durée mensuelle maximale légale (169 heures)
[^5]. Recensement de la population 2017, ISPF - INSEE
[^6]. Un solde négatif (positif) signifie que la majorité des chefs d’entreprises interrogés, pour le secteur considéré, constatent une dégradation (amélioration) par rapport au trimestre précédent (SO passés) ou anticipent une dégradation (amélioration) par rapport au trimestre en cours (SO prévus).