Le secteur du bâtiment et travaux publics en 2024

Image En 2024, l’activité du secteur de la construction progresse de 7,5 % par rapport à 2023 avec la hausse du chiffre d’affaires et le repli de l’inflation. Les importations rebondissent en volume et en valeur avec des prix unitaires qui se contractent sur les principaux intrants de la construction. La masse salariale continue de croître, mais le marché de l’emploi semble atteindre son plafond de verre. Les investissements des entreprises et des ménages sont inférieurs à l’année précédente.

Numéro : 1499
Dépôt légal : 14 octobre 2025
Collection : Points Etudes et Bilans
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Le nombre d’entreprises continue d’augmenter

À fin décembre 2024 le secteur de la construction totalise 4 912 entreprises, soit 143 unités de plus qu’il y a un an (+ 2,7 %). Les entreprises du secteur du Bâtiment et travaux publics (BTP) représentent 12,5 % du nombre total des entreprises inscrites au répertoire territorial des entreprises (RTE) dans le champ Industrie Commerce Service (ICS).
Les micro-entreprises représentent 97 % des entreprises de la construction et leur nombre progresse pour la septième année consécutive, toutefois le rythme ralentit (+ 158 en 2024, après + 229 en 2023). Les petites entreprises (114) reculent par rapport à l’année précédente (- 15), tandis que le nombre d’entreprises moyennes (10) et grosses (4) reste stable.
Près de 3 entreprises sur 5 sont identifiées dans les Travaux de construction spécialisés (+ 110 unités), dont 115 sont des micro-entreprises au total. La Construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (900 entreprises) comptabilise 26 entreprises de plus qu’en 2023 (+ 36 micro-entreprises et - 10 petites entreprises). La Promotion immobilière (84 entreprises) enregistre 1 moyenne entreprise de plus sur un an, et le génie civil (75 entreprises) totalise 7 nouvelles micro-entreprises et 1 moyenne entreprise de moins.

TABLE 1. Nombre d’entreprises du BTP par taille et activité en décembre 2024
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Source : RTE, ISPF

Le chiffre d’affaires rebondit

Sur l’année 2024, le chiffre d’affaires global des entreprises de la construction progresse de 7,5 % par rapport à 2023 pour totaliser 76,5 milliards de F.CFP. La hausse concerne l’ensemble des activités de la construction à l’exception de la Construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels qui reste stable à 21,4 milliards de F.CFP. Cette hausse de l’activité coïncide avec le recul de l’index général du BTP de 0,8 % en moyenne annuelle, traduisant une activité du secteur de la construction soutenue en volume.
Cette progression du chiffre d’affaires s’explique essentiellement par la croissance du chiffre d’affaires des Travaux de
construction spécialisés (+ 10,5 %) qui, stimulée par la réalisation des ouvrages liés aux Jeux olympiques, contribue pour 4,5 points au résultat total. Deuxième contributeur à la hausse du chiffre d’affaires, les entreprises de génie civil (+ 9,5 %) contribuent pour 2,5 points au résultat pour s’établir à 20,3 milliards de F.CFP.

FIG. 1. Evolution du chiffre d’affaires et de l’indice des prix de la construction annuelle
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Source : DICP, ISPF

L’index général du BTP recule de 0,8 %

En 2024, l’index général du BTP se contracte pour la première fois, en moyenne annuelle depuis 2016 (- 0,8 %). Dans le détail, si les prix progressent légèrement en moyenne annuelle dans le second oeuvre (+ 0,1 %), ils reculent dans le gros-oeuvre (- 1,8 %) et dans les travaux publics (- 0,5 %). La baisse des prix dans le génie civil (- 0,3 %) et dans les travaux spécialisés (- 2,1 %) explique ce résultat. Néanmoins, après huit années de hausse consécutive et le pic inflationniste de 2022 (+ 11,8 %), l’index du BTP s’est accru de 17 % en trois ans et de 26 % par rapport à 2016.

FIG. 2. Évolution des index du BTP depuis 10 ans
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Source : ISPF

Rebond des importations et reflux des prix unitaires

En 2024, les importations des matériaux de construction augmentent en volume (+ 3,6 %) et en valeur (+ 3,0 %) avec des prix unitaires en baisse (- 0,6 %) pour la première fois depuis 2020.
La hausse des volumes s’explique principalement par la progression des volumes importés de ciment (+ 9 % après + 1,5 % en 2023) qui contribue pour 4,0 points au résultat annuel. Les importations de bois progressent de 10,5 % et celles de bitume de 48 %, contribuant respectivement pour 1 point et 0,9 point au résultat. À l’inverse, les importations de fer se replient pour la seconde année consécutive (- 19 % après - 10,5 % en 2023) et contribuent pour - 3,1 points au résultat.

TABLE 2. Les importations de la construction en 2024

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Source : Direction des douanes, ISPF

La baisse des prix unitaires concerne les principaux intrants du BTP comme le ciment (- 6 %), le bois (- 13 %), le bitume (- 5 %) ou le fer (- 3,4 %). À l’inverse, les prix unitaires sont supérieurs pour les produits d’équipement et accessoires (+ 4 %), le matériel électrique (+ 10 %) et métallique (+ 2 %).

Le secteur de la construction embauche toujours

Pour la dixième année consécutive, le nombre de salariés déclarés à la Caisse de prévoyance sociale (CPS) (5 850) et ceux évoluant en équivalent temps plein (ETP) (5 225) dans la construction progresse, mais le rythme de croissance annuelle ralentit pour les emplois (+ 1,0 % après + 2,2 % en 2023) et le nombre de nouveaux salariés en ETP (+ 1,7 % après + 2,1 % en 2023). Les effectifs salariés et en ETP de la construction représentent respectivement 7,9 % et 8,1 % des effectifs totaux en Polynésie française en 2024.
Porté par les travaux liés aux Jeux olympiques, le nombre de salariés progresse dans les travaux de construction spécialisés (+ 0,4 % en 2024) mais aussi dans la Construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (+ 1,5 %). Ces deux branches d’activités contribuent respectivement pour 0,2 point et 0,5 point au résultat. Le nombre de salariés se contracte dans le génie civil (- 3,0 %), mais est plus que multiplié par deux dans la promotion immobilière contribuant pour 1 point au résultat.
Néanmoins, la hausse de l’emploi repose uniquement sur les salariés évoluant en heures supplémentaires (+ 6,6 %), signe d’une hausse d’activité ponctuelle et d’un manque de visibilité à long terme car les salariés à temps complet (- 1,4 %) et à temps partiel (- 0,5 %) se contractent. C’est le premier recul des salariés à temps complet depuis 2016.

FIG. 3. Répartition des salariés par tranche horaire
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Source : CPS, ISPF

Hausse de l’emploi féminin dans la construction et vieillissement des salariés

En 2024, le nombre de femmes travaillant dans le secteur de la construction continue d’augmenter pour représenter 7,5 % des salariés avec une croissance des effectifs plus dynamique que les hommes (+ 1,9 % contre + 0,9 %). La moyenne d’âge des salariés du secteur de la construction dépasse pour la première fois 39 ans (+ 0,4 an à 39,2 ans). Elle progresse de quasiment un an dans le génie civil (41,7 ans) et recule d’un an et demi dans la promotion immobilière (40,6 ans). Les effectifs sont légèrement plus jeunes dans la Construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (39,3 ans) et dans les Travaux de construction spécialisés (38,6 ans).

Le salaire moyen continue de progresser

Pour la deuxième année consécutive, le salaire horaire progresse plus vite que le nombre d’heures travaillées (+ 3,1 % contre + 1,7 %) pour s’établir à 1 591 F.CFP contre 2 118 F.CFP (+ 2,2 %) tous secteurs d’activité confondus. Le salaire moyen dans la construction se situe à 240 400 F.CFP (+ 3,9 %), avec une hausse plus prononcée pour les salariés évoluant à temps partiel (+ 4,6 %) par rapport à ceux évoluant à temps complet (+ 3,4 %) et en heures supplémentaires (+ 3,7 %). Les salaires sont plus élevés dans le génie civil (307 600 F.CFP) et la plus forte hausse relative s’observe dans la Construction spécialisée (+ 4,6 %) pour s’établir à 243 200 F.CFP. Au global, la masse salariale progresse de 5 % pour représenter 16,9 milliards de F.CFP.

Le montant des crédits immobiliers des entreprises et des particuliers se contracte

En 2024, le coût moyen des crédits immobiliers atteint son plus haut niveau depuis dix ans pour s’établir à 3,69 % pour les particuliers et 3,99 % pour les entreprises.
Ainsi, la production annuelle de crédits à l’habitat aux ménages se contracte pour la troisième année consécutive (- 20 %) pour atteindre 29,4 milliards de F.CFP, soit le plus faible montant enregistré depuis sept ans. La hausse des prix de l’immobilier, des coûts de crédit ainsi que l’absence de dispositif public de soutien à l’investissement restreignent les ménages dans leur capacité d’investissement. Le montant des encours des ménages continue de progresser, mais le rythme annuel moyen est plus que divisé par deux (+ 1,9 % après + 5,7 % en 2023).
Après avoir été fortement soutenu pendant deux ans (+ 60 % en 2022 et 2023), le montant des crédits en équipement des entreprises se contracte de 35 % et celui de leurs crédits immobiliers de 37 % (contre + 10% en 2023). Si le solde d’opinion des entreprises reste positif sur l’activité passée (0,36) et sur le trimestre à venir (0,04), il se contracte pour les prévisions d’investissement à un an comme en 2023.