Le secteur du bâtiment et travaux publics en 2025
En 2025, l’activité du secteur de la construction continue de croître avec une hausse du chiffre d’affaires de 2,1 % sur un an, tirée par le redressement des investissements des entreprises et des ménages. Si les prix de la construction progressent légèrement, les prix à l’importation des matériaux de construction diminuent. Hors ciment, le volume des importations se redresse dénotant le dynamisme de quelques domaines de la construction. Le marché de l’emploi s’accélère avec la hausse des effectifs à temps complet.
Le nombre d’entreprises reste stable
À fin décembre 2025, le secteur de la construction regroupe 4 926 entreprises, soit 14 entreprises de plus qu’en 2024 (+ 0,3 %). Elles représentent 12,0 % du total des entreprises inscrites au répertoire territorial des entreprises (RTE) dans le champ Industrie, Commerce, Services (ICS). Dans le détail, les entreprises sont moins nombreuses dans la construction de bâtiment et dans le génie civil. Elles augmentent dans les travaux de construction spécialisée qui représentent 8 entreprises actives sur 10 dans la construction, et sont stables dans la promotion immobilière. Les entreprises qui embauchent moins de 10 salariés représentent 97,2 % du total des entreprises dans la construction et elles sont 12 de plus en 2025.
TABLE 1. Nombre d’entreprises du BTP par taille et activité en décembre 2025
Source : RTE, ISPF
Le chiffre d’affaires de la construction progresse
Sur l’année 2025, le chiffre d’affaires des entreprises de la construction augmente de 2,1 % pour s’établir à 78,6 milliards de F.CFP, soit 7 % du chiffre d’affaires total des entreprises polynésiennes. Il progresse ainsi pour la cinquième année consécutive, profitant d’un rebond de la demande privée et publique en bâtiment. La progression de 10,0 % dans la construction de bâtiment porte l’essentiel de la croissance de 2025 en y contribuant pour 2,9 points. Parmi ces entreprises, celles œuvrant dans la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (+ 6,3 %), ainsi que celles spécialisées dans la construction de maisons individuelles (+ 5,6 %) et dans la construction d’autres bâtiments (+ 8,6 %) ont profité de ce regain de croissance de la demande. La promotion immobilière, elle, multiplie par deux son résultat pour s’établir à 1,8 milliard de F.CFP, et contribue pour 1,2 point au chiffre d’affaires global. À l’inverse, le chiffre d’affaires des entreprises du génie civil baisse de 4,7 % pour s’établir à 19,3 milliards de F.CFP. La baisse des commandes pour les entreprises spécialisées dans la construction d’ouvrages maritimes et fluviaux (- 17,7 %) explique le résultat de ce secteur. Le chiffre d’affaires des entreprises de travaux de construction spécialisés progresse (+ 0,9 %), mais moins vite que les prix dans la construction en contribuant pour 0,4 point au chiffre d’affaires global.
FIG. 1. Évolution du chiffre d’affaires et de l’indice des prix de la construction annuelle
Source : DICP, ISPF
Les prix dans la construction en hausse
L’index général du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) annuel moyen progresse de 1,3 % en 2025, après la baisse de l’année précédente
(- 0,8%). Cette hausse des prix concerne à la fois l’index général du Bâtiment (+ 0,8 %) et celui des Travaux Publics (+ 2,0 %). La hausse des prix dans le bâtiment est tirée par les prix dans le gros œuvre (+ 1,4 %). L’index général du second œuvre reste stable depuis deux ans (+ 0,0 %, après + 0,1 %). Dans les travaux publics, le rebond concerne les prix du génie civil (+ 2,2 %) et, dans une moindre mesure, ceux des travaux spécialisés (+ 0,2 %).
TABLE 2. Contribution en moyenne annuelle des postes de dépenses à l’index général du BTP en 2025
Source : ISPF
Par postes de dépenses, la hausse des prix des matériaux de construction (+ 1,4 %) contribue le plus à l’évolution de l’index général. Les salaires et charges (+ 1,6 %) et les services (+ 1,3 %) arrivent en deuxième et troisième position, et contribuent respectivement pour 0,5 et 0,2 point à la hausse de l’index général. Les prix de l’énergie sont restés stables au cours de l’année (- 0,1 %).
Forte baisse des importations de ciment
La baisse en volume s’explique principalement par la diminution des importations de ciment (- 15,5 %) qui représentent 41,4 % du volume global. Le ciment contribue pour - 7,4 points à la baisse en volume des importations à destination de la construction. Hors ciment, les importations progressent de 8,0%en volume portées par les hausses des volumes de fer (+ 9,2 %), bois (+ 4,5 %), éléments fabriqués en ciment (+ 20,3 %) et bitume (+ 42,5 %). Les importations en machinerie et outillage (- 8,2 %) et de matériel électrique (- 13,8 %) diminuent en volume pour la première fois depuis respectivement 2020 et 2019. En représentant 44,4 % de la valeur globale des importations à destination de la construction, les machineries et outillages ainsi que les matériels électriques contribuent respectivement pour - 2,3 points et - 4,0 points à la valeur des intrants de la construction. Le minéral (ciment, etc.) qui représente 5,5 % de la valeur globale, y contribue pour - 0,3 point. Les importations de produits pétroliers progressent de 10,6 % en valeur et de 22,2 % en volume. Les prix unitaires se replient pour s’établir à - 9,5 % contre - 0,7 % pour le prix unitaire global des intrants de la construction. Dans le détail, le ciment (- 0,3 %), le fer (- 8,5 %), les éléments fabriqués en ciment (- 3,9 %) et le bitume (- 5,1 %) continuent de se contracter. À l’inverse, le bois (+ 1,4 %) et les revêtements de sol (+ 3,3 %) repartent en hausse après avoir reculé en 2024 (- 12,9 % pour le bois et - 8,6 % pour les revêtements de sol).
TABLE 3. Les importations de la construction en 2025
Source : Direction des douanes, ISPF
Le rythme des embauches s’accélère
Le nombre de salariés de la construction déclarés à la Caisse de prévoyance sociale (CPS) progresse de 2,6 % en 2025, portant les effectifs à 6 000 personnes. La hausse des heures travaillées est un peu plus rapide (+ 3,5 %), dénotant une hausse du temps de travail moyen pour les salariés du secteur. Les salariés de la construction représentent 7,9 % des effectifs totaux en Polynésie française en 2025. La hausse plus rapide des heures travaillées se retrouve dans la progression des emplois à temps complet (+ 3,7 %). Parmi ces effectifs, ceux effectuant 169 heures sont en net rebond (+ 8,3 %) et concernent l’ensemble des branches de la construction, notamment celle liée au bâtiment comme la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (+ 12,3 %). Ceux effectuant des heures supplémentaires (44,4 % des salariés à temps complet), se replient pour la première fois depuis 2020 (- 1,5 %). Les salariés à temps partiel (+ 3,1 %) ont aussi profité des besoins des entreprises pour représenter 31,1 % des effectifs totaux de la construction.
L’emploi féminin reste dynamique
En 2025, le nombre de femmes embauchées dans le secteur de la construction continue d’être plus dynamique que celui des hommes (+ 3,3 %, contre + 2,6 %). Elles représentent 7,5 % des effectifs salariés totaux, dont plus de la moitié occupe un poste à temps complet (moins d’un tiers pour les hommes). L’âge moyen des salariés de la construction est identique chez les femmes et les hommes (39,6 ans), soit respectivement 0,6 an et 0,4 an de plus que l’année précédente. Si le salaire moyen dans la construction est inférieur à la moyenne en Polynésie française (248 250 F.CFP, contre 318 900 F.CFP), la rémunération progresse plus rapidement cette année (+ 3,3 %, contre + 1,7 %). Pour les femmes, le salaire mensuel moyen est en hausse de 3,8 % contre 3,2 % pour les hommes, pour représenter respectivement 308 000 F.CFP et 243 000 F.CFP.
Les investissements des entreprises et des particuliers augmentent
Les investissements des entreprises (+ 33,4 %) et des ménages (+ 18,9 %) retrouvent la croissance en 2025, après respectivement un et trois ans en retrait pour représenter 8,5 et 36 milliards de F.CFP. Ce résultat s’explique en partie par le recul du coût du crédit en baisse pour la première fois depuis 2022. En moyenne annuelle, il s’établit à 3,26 % (- 0,73 point) pour les entreprises et à 3,14 % (- 0,6 point) pour les ménages. Si l’indice du climat des affaires (ICA) tous secteurs se contracte en moyenne annuelle (- 2,2 %), les prévisions d’investissement à un an des entreprises du BTP retrouvent un solde positif.
FIG. 2. Évolution des coûts du crédit annuel moyen
Source : IEOM