Le taux d’emploi poursuit sa progression en 2023
En 2023, le nombre de personnes souhaitant un emploi s’est stabilisé et celui des personnes ne souhaitant pas travailler a diminué pour la première fois depuis 2018. La population active au sens du Bureau international du travail (BIT) progresse à 112 500 personnes âgées de 15 à 64 ans. Le taux d’emploi progresse de 1,2 point et atteint 55,8 % de la population en âge de travailler. Deux mille cent personnes supplémentaires ont un emploi et autant ont disparu du stock de personnes ne souhaitant pas travailler. Le nombre de personnes souhaitant un emploi s’est accru de 400 pour se porter à 25 900 personnes dans le halo du chômage ou considérées comme chômeurs. Le nombre de ces derniers est resté stable.
La situation du marché de l’emploi s’améliore
TABLE 1. Principaux indicateurs d’analyse du marché de l’emploi, comparatif Polynésie française, France métropolitaine, DOMs et Nouvelle-Calédonie
Source : ISPF - INSEE - ISEE - Enquête Emploi 2019/2023 Champ : individus de 15 à 64 ans
Le taux d’emploi (part des individus en emploi dans la population en âge de travailler) et le taux d’activité (part de la population active dans la population en âge de travailler) progressent de 1,2 points en 2023. Ils restent cependant en retrait de 13 points par rapport à la situation en France métropolitaine. Le taux d’emploi est plus important que dans les autres collectivités d’Outre-mer françaises, hormis en Martinique et en Nouvelle-Calédonie. Le taux de chômage (part d’individus au chômage dans la population active) diminue à 8,5 % en Polynésie française, seule collectivité à ne pas indemniser les demandeurs d’emploi, incitant peu à se déclarer comme chômeurs. En 2023, 25 900 personnes inactives souhaitent occuper un emploi, soit 14,0 % de la population.
Les personnes ne souhaitant pas travailler à court terme sont 55 700, soit une baisse de 2 400 sur un an, et représentent 32 % de la population. Ce taux, en constante progression, était de 26,8 % en 2018. En 2023, 102 900 personnes occupent un emploi soit 2 100 de plus qu’un an auparavant. Parmi elles, 6,1 % se déclarent en sous-emploi soit 6 300 personnes en emploi à temps partiel et qui souhaitent travailler plus d’heures.
Le nombre de chômeurs (9 600) demeure sous la barre des 10 000 depuis trois ans, stable par rapport à 2022.
Le taux d’activité atteint 61,0 % en 2023, dans la continuité des deux dernières années. La part du halo dans l’ensemble des individus souhaitant travailler (chômage et halo) augmente à 63,1 %. Le taux de personnes ne souhaitant pas travailler parmi les inactifs diminue à 77,4 % (- 1,1 point). De 2018 à 2023, le nombre d’inactifs a diminué de 400 (- 0,6 %). Le nombre de personnes dans le halo du chômage est en retrait de 6 800 (- 29,5 %), alors que le nombre de personnes inactives sans vouloir un travail a augmenté de 6 400, elles sont désormais 55 700.
Des trajectoires multiples
Les trajectoires entre l’inactivité, l’emploi et le chômage sont multiples. La baisse du nombre d’inactifs ne souhaitant pas travailler ne se retrouve pas directement dans la hausse de l’emploi. De 2022 à 2023, huit inactifs ne souhaitant pas travailler sur dix sont restés dans la même situation, un sur dix a trouvé un emploi et la même proportion est devenue demandeur d’emploi. Parmi les personnes en emploi, neuf sur dix sont restées en emploi, 5 % sont devenues demandeurs d’emploi et 5 % sont devenues inactives ne souhaitant plus d’emploi. Seule la moitié des demandeurs d’emploi le sont toujours un an plus tard ; un quart d’entre eux a trouvé un emploi et l’autre quart ne souhaite désormais plus travailler du fait de nouvelles conditions familiales ou par découragement.
FIG. 1. Schéma simplifié des concepts d’activité au sens du BIT au deuxième trimestre 2023 (évolution par rapport au deuxième trimestre 2022)
Source : ISPF - Enquête Emploi 2023, Champ : individus de 15 à 64 ans
Note de lecture : Au deuxième trimestre 2023, 102 900 personnes sont en emploi, soit 2 100 de plus qu’au deuxième trimestre 2022.
Parmi les 55 700 personnes inactives et ne souhaitant pas travailler à court terme, 31 % sont encore en étude ou formation (17 200) et 19 % se considèrent à la retraite (11 500). Les autres sont 17 % à déclarer s’occuper d’enfant(s) ou d’une personne dé pendante, 11 % à connaître des problèmes de santé, 7 % à penser qu’il n’y a pas de travail disponible pour eux et 15 % à être considérés comme homme ou femme au foyer en s’occupant de leur maison ou terrain et déclarant ne pas avoir besoin de travailler (al locations ou autres revenus).
Parmi ces personnes inactives et ne souhaitant pas travailler à court terme, 57 % sont des femmes, 7 % sont nées en dehors de Polynésie française et 41 % sont moins diplômées (contre 27 % des personnes en emploi). Quatre sur dix ont moins de 30 ans et la même part a 50 ans et plus. La moitié d’entre elles disposent d’un véhicule motorisé et quatre sur dix sont titulaires d’un permis de conduire. Plus d’une sur deux n’a jamais travaillé (56 %), alors qu’elles sont 38 % parmi les demandeurs d’emploi. Parmi celles ayant travaillé, leur dernier emploi s’est terminé par un départ à la retraite pour un tiers d’entre elles, un quart par la fin d’un contrat à durée déterminée (CDD), 16 % par une démission volontaire et le reste pour des raisons de santé, par licenciement ou disparition de l’employeur.
Les personnes inactives et ne souhaitant pas travailler se considèrent en moins bonne santé que celles au chômage ou dans son halo, et encore moins que celles en emploi. Elles sont deux fois plus à évoquer une maladie ou un problème de santé chronique que celles en emploi (22 % contre 11 %). Elles sont 16 % à mentionner être limitées dans leurs activités quotidiennes à cause de leur santé, contre 6 % des personnes en emploi ou en recherchant un.
Les taux d’emploi des femmes et des plus de 50 ans augmentent plus fortement
L’écart d’insertion entre les hommes et les femmes a continué de se réduire pour la troisième année consécutive en 2023. L’écart entre le taux d’emploi des hommes et celui des femmes n’est plus que de 11,7 points (61,6 % contre 49,9 %). En France métropolitaine, cet écart n’est que de 5,6 points au profit des hommes.
Le taux d’emploi des hommes progresse de 0,6 point, alors que celui des femmes s’accroît de 1,6 point. Les femmes en emploi demeurent plus souvent en sous-emploi que les hommes (7,0 % contre 5,4 %). Le taux de chômage des hommes reste moins élevé que celui des femmes (7,6 % contre 9,6 %), alors qu’il est plus faible pour les femmes que les hommes en France métropolitaine (6,7 % contre 7,2 % en 2022). Le taux de chômage des femmes diminue de nouveau de 1,1 point, alors qu’il croît de 0,5 point pour les hommes. La part des femmes inactives et ne souhaitant pas travailler dans la population décroît à 35,1 %. La part des hommes est 9,8 points moins élevée que celle des femmes (25,4 %).
Le taux d’emploi des 15 à 29 ans progresse, pour la deuxième année consécutive, de 0,9 point à 36,2 % en 2023. Celui des 50 ans et plus s’accroît de 3,2 points (52,7 %), alors qu’il est stable chez les 30 à 49 ans (70,8 %). Le taux d’inactifs de 15 à 29 ans ne souhaitant pas travailler diminue d’un point et atteint 43,0 %. Ce taux est de 14,7 % pour les 30 à 49 ans, mais de 41,5 % pour les 50 à 64 ans. Le taux de chômage demeure faible chez ces derniers (3,3 %) et est le plus élevé chez les 15 à 29 ans (19,1 %).
Moins d’emploi fragiles
Le taux des emplois considérés comme fragiles (contrats courts, stagiaires, non-salariés contraints) parmi l’ensemble des emplois se contracte de 1,5 point à 13,5 %. Taux le plus bas depuis cinq ans, il s’illustre par la baisse du nombre de stagiaires et contrats précaires (- 13,0 %) et de contrats de moins de trois mois (- 7,0 %). Ce taux d’emplois fragiles s’est plus atténué pour les femmes que pour les hommes (12,7 % contre 14,2 %). Parmi les plus jeunes (15 à 29 ans) ayant un emploi, 24 % en occupent un considéré comme fragile (- 7,7 points sur un an). Ce taux est stable chez les 30 à 49 ans (12,5 %) et les 50 ans et plus (7,7 %).
TABLE 2. Indicateurs de l’emploi par sexe et âge
Source : ISPF - Enquête Emploi 2023, Champ : individus de 15 à 64 ans
Le diplôme, toujours un atout pour s’insérer dans l’emploi
En 2023, le taux d’emploi des personnes non diplômées progresse de 2,1 points à 46,8 %. Leur taux de chômage est en recul à 9,9 %. Les titulaires d’un diplôme national du brevet (DNB) ou d’un certificat d’études primaires (CEP) sont moins insérés que ceux sans diplôme avec 38,7 % de taux d’emploi. De même, le taux de chômage des non diplômés est inférieur à ceux titulaires d’un DNB ou CEP (10,7 %).
Les plus jeunes (15 à 29 ans) sont plus diplômés que les plus âgés. Un quart est sans diplôme contre 43 % des 50 ans et plus, et un autre quart est titulaire d’un DNB ou CEP contre 20 % des 50 ans et plus.
TABLE 3. Indicateurs de l’emploi par diplôme le plus élevé
Source : ISPF - Enquête Emploi 2023, Champ : individus de 15 à 64 ans
La situation des diplômés d’un baccalauréat s’améliore, leur taux d’emploi progresse de 2,3 points et celui des diplômés de l’enseignement supérieur de 0,8 point. Les détenteurs d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ou d’un brevet d’études professionnelles (BEP) ont toujours une insertion proche de celle des bacheliers, avec une capacité plus élevée à trouver un emploi que les moins ou non diplômés. En cinq ans, le taux d’emploi des titulaires d’un baccalauréat est passé de 57,2 % à 63 % et celui des diplômés de l’enseignement supérieur de 78,9 % à 83,6 %. Le taux de chômage de ces derniers, au plus bas depuis cinq ans : 3,7 %, contre 9,1 % pour les diplômés d’un baccalauréat.
L’emploi au plus haut en zone urbaine
L’écart entre le taux d’emploi dans la zone urbaine de Tahiti (60,7 %) et celui dans la zone rurale et Moorea (47,9 %) ne cesse de s’accroître. De 8,1 points en 2020, il est désormais de 12,7 points. Le taux de chômage diminue dans la zone rurale (- 0,4 point à 7,6 %), alors qu’il s’accroît dans la zone urbaine (+ 0,8 point à 12,5 %) sur un an.
Le taux d’emploi dans les Îles Sous-le-Vent (57,2 %) n’a jamais été aussi élevé. La reprise touristique dans ces îles a permis au taux d’emploi de bondir de 6,6 points depuis 2022. Le taux de chômage y est stable (4,6 %) et demeure bas. Aux Tuamotu-Gambier, le taux d’emploi atteint 57,8 %.
TABLE 4. Indicateurs de l’emploi par zone géographique
Source : ISPF - Enquête Emploi 2023, Champ : individus de 15 à 64 ans