Les comptes économiques définitifs de 2021
En 2021, l’activité est en nette amélioration après une année 2020 marquée par la crise sanitaire liée au Covid-19 en Polynésie française. Le produit intérieur brut (PIB) en francs constants augmente de 4,0 %, après - 10,6 % en 2020 et s’établit à 607 milliards de F.CFP. Ce rebond net demeure toutefois inachevé, à l’image de l’amélioration encore fragile de la situation sanitaire. La croissance du PIB réel par habitant s’accélère en 2021 (+ 3,9 %), pour atteindre 2,18 millions de F.CFP aux prix de 2005. Le principal moteur de la croissance en 2021 reste la consommation des ménages.
Un rebond de 4 % du PIB, un redressement partiel après la crise de 2020
En 2021, l’économie polynésienne a connu un fort rebond après la crise. Le produit intérieur brut (PIB) en volume a augmenté de 4,0 % (après - 10,6 % en 2020). Toutefois, le niveau moyen du PIB sur l’année 2021 reste environ 5,5 % en dessous du niveau moyen de 2019. Cette croissance s’accompagne d’une faible inflation en 2021, même si des premiers signes de hausse des prix apparaissent au cours du troisième trimestre, en lien avec la hausse du prix des énergies. Ainsi, en valeur (prix courants), le PIB 2021 croît de 4,6 % et s’élève à 610 milliards de F.CFP. Ces chiffres montrent que 2021 constitue une année de "rattrapage partiel" : la croissance est forte, mais le niveau d’avant crise n’est pas encore pleinement retrouvé.
Demande intérieure : consommation, investissement, dépenses publiques
Les éléments qui contribuent à la croissance économique sont exclusivement liés à la demande intérieure (+ 4,6 %) avec une consommation des ménages très dynamique (+ 3,2 %). Le secteur public a continué, par le biais de dépenses de fonctionnement, à soutenir une demande qui reste fragile. Les investissements privés ont continué de croître en 2021, profitant d’un contexte de taux de financement bas. Les exportations de biens et de services progressent et contribuent pour 0,4 point à la hausse du PIB. Néanmoins, la forte croissance des importations de biens, mais aussi de services, liée à la reprise, annule cet effet avec - 4,1 points de contribution. Le commerce extérieur contribue au total pour - 3,7 points à la croissance du PIB.
FIG. 1. Évolution du PIB réel et nominal
Source : Comptes économiques, ISPF
FIG. 2. Contributions à l’évolution du PIB réel
Source : Comptes économiques, ISPF
TABLE 1. Approche du PIB par l’emploi des ressources
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
La demande des ménages, moteur de la croissance en 2021
En 2021, la consommation des ménages rebondit de 4,6 % en francs constants, après un recul de 2,5%en 2020, contribuant pour 3,2 points à la croissance globale du PIB réel. Ce rebond est soutenu par la reprise du marché du travail et la dynamique du pouvoir d’achat. La consommation dépasse ainsi son niveau d’avant crise, atteignant 435,2 milliards de F.CFP en francs courants, portée par une forte progression des dépenses en biens (+ 8,5 %) et, dans une moindre mesure, en services (+ 2,5 %). Le revenu disponible brut (RDB) des ménages atteint 516,6 milliards de F.CFP, soit une hausse de 2,1 % par rapport à 2020 (505,8 milliards de F.CFP).
Cette progression est essentiellement tirée par la masse salariale, mais pas seulement, et augmente de 269,2 milliards de F.CFP en 2020 à 277,3 milliards de F.CFP en 2021, soit + 3,0 %, reflétant la reprise de l’emploi marchand.
FIG. 3. Dépenses de consommation 2021 aux prix de 2020 en milliards de F.CFP et en évolution par rapport à 2020
Source : Comptes économiques, ISPF
Parallèlement, l’excédent brut d’exploitation (EBE) des ménages reste stable à 112,8 milliards de F.CFP (- 0,3 %), indiquant que les revenus des indépendants et exploitants ont peu fluctué malgré la crise. Cette stabilité est soutenue par la hausse des autres revenus courants, qui progressent avec les transferts publics exceptionnels (Fonds solidarité, revenu exceptionnel de solidarité, dispositif exceptionnel de maintien de l’emploi), liés à la crise sanitaire (30,7 milliards de F.CFP en 2021 contre 28,7 milliards de F.CFP en 2020 et 19 milliards de F.CFP en 2019) à destination des ménages et des entrepreneurs individuels.
Avec un déflateur de la consommation demeurant stable et faible en 2021, la hausse nominale du revenu se traduit par une progression du pouvoir d’achat estimée à + 1,6 %, après une contraction en 2020. Cette amélioration se reflète directement dans la consommation totale des ménages, qui repart nettement à la hausse, passant de 414,2 milliards de F.CFP en 2020 à 435,2 milliards de F.CFP en 2021 (+ 5,1 %). Cette reprise traduit à la fois le retour progressif des dépenses contraintes par les restrictions sanitaires, et l’amélioration générale du climat économique.
Le taux d’épargne des ménages, qui avait atteint un pic en 2020, recule à 16 % après avoir dépassé les 18 % en 2020. Le maintien d’un taux d’épargne soutenu reflète à la fois la prudence des ménages et les effets persistants des contraintes sanitaires. L’investissement des ménages se redresse, passant de 36,5 milliards de F.CFP en 2020 à 40,5 milliards de F.CFP en 2021, soit + 11,1 % à prix courants. Cette dynamique d’investissement complète la reprise de la consommation et du revenu, soulignant un redressement global de l’activité des ménages après deux années de crise. Les dispositifs d’aides versées par le Pays ont contribué à soutenir le revenu disponible, la consommation et l’épargne des ménages.
Enfin, la demande non marchande des ménages recule de 1,5 % par rapport à 2020, pour atteindre 57,5 milliards de F.CFP. Cette baisse est principalement due à la contraction de 20,9 % de l’autoconsommation de poissons, expliquant le recul global de la consommation non marchande des ménages sur l’exercice.
La consommation finale des administrations publiques progresse
La consommation des administrations publiques qui correspond à l’ensemble des dépenses engagées par les administrations pour la production de biens et services finaux non-marchands (hors formation brute de capital fixe - FBCF), progresse en 2021 (+ 3,6 % en volume) poursuivant la dynamique amorcée en 2020 (+ 5,6 %) dans le contexte de gestion de la crise sanitaire.
TABLE 2. Consommation finale des administrations en milliards de F.CFP
Source : Comptes économiques, ISPF
Note de lecture : La plus grande partie de la production vendue est constituée de la production de service de santé du Centre hospitalier de Polynésie française.
Si le poste Salaires et charges représente le premier poste des dépenses en 2021 de l’Administration, la hausse sur ce poste (+ 0,7 % en volume) ne contribue que pour 0,6 point à l’évolution de la consommation marchande. C’est donc principalement la hausse des achats, en biens ou en services (+ 11,9 %), qui explique la croissance de la consommation publique. Ces achats additionnels ont été principalement opérés pour répondre aux besoins liés aux mesures de prévention et de prise en charge sanitaire. Enfin,
la consommation de capital fixe, directement liée aux investissements réalisés antérieurement par l’Administration, demeure un contributeur positif à la consommation finale publique et progresse de 1,7 % par rapport à 2020 pour atteindre 28,2 milliards de F.CFP en 2021. Elle témoigne de la poursuite et, dans certains secteurs, de l’accélération des programmes d’investissement public engagés pour soutenir la reprise économique post-Covid, moderniser les infrastructures et accompagner les secteurs prioritaires, notamment la santé, l’éducation et les services sociaux.
L’investissement se redresse
Les administrations publiques, les entreprises, mais aussi les ménages (uniquement pour leurs constructions et acquisitions de logements neufs) consacrent 140,3 milliards de F.CFP à l’investissement en 2021, en hausse de 12,9 % en volume par rapport à 2020. Malgré tout, le niveau global reste encore inférieur de 19,5 % à celui de 2019 à prix constants.
En 2021, ce sont les investissements privés (+ 21,2 % contre - 32,9 % en 2020) qui portent la croissance totale des investissements tandis que ceux opérés par l’Administration se réduisent de 7,8 %, contre + 19 % en 2020. Principalement orienté en acquisition de biens d’équipement, ce rebond d’activité se retrouve dans les investissements en produits d’équipements (+ 17,5 %) mais aussi dans la construction qui voit sa demande progresser de 6,8 % en 2021.
FIG. 4. Formation brute de capital fixe par secteur, en milliards de F.CFP à prix constants
Source : Comptes économiques, ISPF
FIG. 5. Formation brute de capital fixe, en milliards de F.CFP aux prix de 2005
Source : Comptes économiques, ISPF
Les échanges extérieurs freinent la reprise économique en 2021
En 2021, les importations polynésiennes augmentent de 11,4 % en volume. Cette hausse s’explique par la reprise des importations dans le contexte de reprise post-Covid, qui ont permis de relancer l’investissement, l’approvisionnement des entreprises et la dynamique de production. Ce rebond des importations contribue ainsi pour - 4,1 points à la croissance du PIB. Malgré un rebond important (+ 30,5 %) des exportations de biens (17,4 milliards de F.CFP), la baisse des exportations de services (-4,2 % pour 40,3 milliards de F.CFP) toujours pénalisée par les contraintes de transport liées aux restrictions de déplacements de 2020 (- 10,8 % d’exportation) et l’absence de réel rebond touristique (+ 13 % dans l’hôtellerie après la baisse 60 % en 2020) freine le rebond global. Ainsi, les exportations en volume augmentent de 4,2 % en 2021 pour contribuer pour 0,4 point à l’évolution du PIB.
TABLE 3. Biens et services exportés en milliards de F.CFP et en évolution
Source : Comptes économiques, ISPF