Les comptes économiques en 2019
Le produit intérieur brut (PIB) à prix courants s’établit à 642 milliards de F.CFP en 2019 et progresse de 22 milliards par rapport à 2018, soit une hausse de 3,5 % de la richesse créée en Polynésie française. Après correction des effets-prix, le PIB à prix constants croît de 2,7 %. La dynamique de croissance reste principalement portée par la demande des ménages et par l’investissement. La croissance du PIB réel par habitant s’accélère en 2019 (+ 2,3 %), pour atteindre 2,08 millions de F.CFP aux prix de 2005, soit 96 % du PIB réel par habitant de 2007 aux prix de 2005.
FIG. 1. Évolution du PIB réel et nominal
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
FIG. 2. Contributions à l’évolution du PIB réel
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
TABLE 1. Approche du PIB par l’emploi des ressources
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
Note de lecture : La production locale et les importations constituent l’offre consommée par les quatre agents économiques. Les ménages et les administrations consomment et investissent tout comme les entreprises à la différence que celles-ci consomment des produits qui seront transformés (consommation intermédiaire). Le dernier acteur de l’économie, le « reste du monde », d’où proviennent les importations, est aussi un débouché pour les biens et services produits en Polynésie française au travers des exportations. L’analyse de ces différents agrégats est essentielle pour connaître la contribution à la croissance du PIB des différents agents économiques.
Consommation finale des ménages : la demande des ménages porte la croissance
FIG. 3. Dépenses de consommation 2019 aux prix de 2018 en milliards de F.CFP et en évolution par rapport à 2018
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
Contribuant pour 3 points à la croissance globale du PIB réel, la hausse de 4,7 % de la consommation des ménages porte la croissance en 2019, pour un total de 421 milliards de F.CFP. Le niveau de dépenses par habitant (corrigé des effets-prix) dépasse pour la première fois le point haut observé en 2007. Ce rebond de consommation des ménages s’explique exclusivement par la bonne tenue de la consommation marchande (+ 5,6 %) puisque la consommation non marchande se contracte de 1,2 %.
La demande marchande des ménages est dynamique pour les biens (+ 4,1 %), tout comme pour les services (+ 7,1 %).
Le surcroît de consommation des ménages est particulièrement marqué pour les biens d’équipement et les biens de consommation. Comme sur les dernières années, les ménages polynésiens ont accru leurs achats de produits multimédias et de mobilier en 2019. Reflet de cet engouement, la production de marges de commerce progresse significativement (+ 2,8 % pour le commerce hors produits pétroliers et automobiles). La croissance de ces marges, portée par la hausse des volumes et par l’augmentation du taux de marge, est encore plus importante pour le commerce automobile (+ 17,4 %). En 2019, la consommation de biens des ménages atteint 180,9 milliards de F.CFP.
Les dépenses des ménages en services, valorisées à 185,6 milliards de F.CFP, sont également en hausse en 2019. Bien que la tendance soit généralisée, elle est particulièrement vive pour les services de télécommunication. Cette branche d’activité a été stimulée par l’arrivée d’un nouvel opérateur favorisant la concurrence au sein de ces services et élargissant l’accès à de nouveaux utilisateurs.
Seconde composante de la consommation des ménages, la demande non marchande atteint 54,4 milliards de F.CFP en 2019. L’autoproduction agricole et l’autoconsommation de poissons, respectivement en baisse de 5,2 et 10,6 %, expliquent la contraction globale de la consommation non marchande de 1,2 % sur cet exercice.
###Consommation finale des administrations publiques : croissance des achats de biens et services
Constituée de l’ensemble des dépenses engagées par les administrations pour la production de biens et services finaux non marchands (hors formation brute de capital fixe - FBCF), la consommation publique, en hausse de 1,2 % par rapport à 2018, soutient à nouveau la croissance.
TABLE 2. Consommation finale des administrations en milliards de F.CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
Note de lecture : La plus grande partie de la production vendue (68 %) est constituée de la production de service de santé du Centre hospitalier de Polynésie française.
La dépense publique en consommations intermédiaires est en hausse en 2019, après une année 2018 qui avait été marquée par une baisse de ce type de dépenses. Le dynamisme de ces achats, en biens ou en services, compense la baisse des salaires versés, liée en grande partie à un rajeunissement des effectifs de l’administration territoriale.
FIG. 4. Consommations intermédiaires de l’Administration en milliards de F.CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
La baisse de 2,8 % des dépenses de salaires et charges est la conséquence de la diminution du salaire horaire public moyen sur l’année 2019, alors que les effectifs restent constants. Les salaires moyens ont effectivement baissé du fait d’un rajeunissement significatif des personnels de la fonction publique territoriale. Les départs à la retraite de ces agents ont été plus importants en 2019 du fait de l’appel d’air créé par la réforme des retraites dont les premiers effets sur l’âge de départ ont débuté au 1er juillet 2019.
Enfin, la consommation de capital fixe [^1], dont l’évolution est directement liée aux investissements de l’Administration sur les périodes précédentes, reste un contributeur positif à la consommation finale des administrations, témoignant de la reprise des investissements publics au sortir de la crise de 2008.
Formation brute de capital fixe : la dynamique de l’investissement public
Les administrations publiques, les entreprises mais aussi les ménages (uniquement pour leurs constructions et acquisitions de logements neufs) consacrent 173,2 milliards de F.CFP à l’investissement en 2019, soit une hausse de 3,3 %. Si l’investissement de l’ensemble des agents augmente en 2019, la croissance de cette composante est tirée par la demande des administrations (+ 7,2 %) et celle des ménages (+ 6,2 %), tandis que la demande des entre prises se stabilise (+ 1,5 %) après une année 2018 record liée à l’acquisition de deux avions gros-porteurs.
FIG. 5. Formation brute de capital fixe en milliards de F.CFP, aux prix de 2005
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
Valorisés à 32,1 milliards de F.CFP, les investissements en biens immobiliers neufs par les ménages sont en forte progression (+ 6,2 %). La baisse des taux de crédits à l’habitat, qui sont en moyenne de 2,15 % sur 2019 (contre 2,35 % sur l’exercice précédent) ainsi que la consolidation de l’emploi salarié sont les moteurs de cette dynamique. Ce rebond se retrouve également dans la croissance des chiffres d’affaires du secteur de la construction de maisons individuelles et des autres travaux de finition.
Les dépenses d’investissement des entreprises, d’un montant total de 111,5 milliards de F.CFP, sont encore principalement réalisées en biens d’équipement. En 2019, comme en 2018, deux avions gros-porteurs importés par la compagnie internationale résidente constituent le tiers du total des 108,4 milliards de F.CFP de biens acquis par les entreprises au titre de l’investissement. Cependant, même en excluant les avions et les bateaux de cette composante, la hausse de 3,1 % de ces dépenses par rapport à l’exercice précédent illustre la confiance des entreprises dans les perspectives économiques de moyen terme. Parallèlement, le montant investi en immobilisations incorporelles par ces agents, pour 2,4 milliards de F.CFP, est en hausse de 21,6 %. Enfin, l’investissement en bâtiments et travaux publics (BTP) des entreprises reste limité en 2019, en l’absence de grands projets hôteliers ou de promotion immobilière, et représente un total de 666 millions de F.CFP (+ 0,1 % par rapport à 2018).
FIG. 6. Les investissements en biens, privés et publics, en milliards de F.CFP et en évolution par rapport à 2018
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
L’investissement public s’accroît pour la deuxième année consécutive, atteignant 29,5 milliards de F.CFP soit une progression de 7,2 %. Les dépenses en biens d’équipement [^2], pour un montant total de 7,4 milliards de F.CFP, tout comme les investissements en BTP, valorisés à 22,1 milliards de F.CFP, sont respectivement en hausse de 12,3 % et 5,6 %.
FIG. 7. Acquisitions publiques de biens d’équipement et investissements immatériels 2019 à prix constants en milliards de F.CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
FIG. 8. Investissements publics en BTP 2019 à prix constants en milliards de F.CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
L’augmentation des investissements en biens d’équipement est principalement portée par les établissements publics, tandis que celle des investissements en BTP provient majoritairement des communes et du Pays.
Généralement rattachée à la composante FBCF pour l’analyse de la croissance, la variation des stocks contribue négativement à la croissance (- 0,2 point). Bien que les stocks augmentent pour les biens intermédiaires, dans un contexte d’activité soutenue dans le BTP, et pour les biens d’équipement notamment pour les véhicules, la variation des stocks pèse négativement sur le PIB du fait du dé stockage des biens de consommation et des produits à base de tabac.
Exportations de biens et de services : le tourisme international comme moteur
La demande extérieure, en biens (32,8 milliards de F.CFP) comme en services (101,7 milliards de F.CFP) progresse pour contribuer positivement à la croissance (+ 0,7 point). La hausse des exportations de biens contribue le plus à la tendance, bien que les exportations des produits locaux soient majoritairement en baisse, que ce soient les exportations de produits de la perliculture (- 13 %) ou celles de produits agricoles (- 3,6 %). La croissance des exportations de biens s’explique principalement par la réexportation de deux « Airbus » en fin de carrière et par la bonne tenue des exportations de poissons (+ 5,1 %).
Si la contribution des exportations de services à la croissance du PIB (+ 0,1 %) reste faible, les exportations de services de restauration et d’hôtellerie en lien avec la hausse de fréquentation touristique (+ 9,4 %) ont été dynamiques. C’est la baisse des exportations de services de transport par des entreprises résidentes dans un contexte de concurrence accrue dans le transport aérien international qui pénalise cette reprise.
TABLE 3. Biens et services exportés en milliards de F.CFP et en évolution
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
Les ressources de l’économie polynésienne
La production polynésienne croît en volume pour la sixième année consécutive. La production des entreprises et de l’Administration en biens et en services atteint pour la première fois les 1 000 milliards de F.CFP, soit 33 milliards de plus qu’en 2018. Cette forte croissance et le renouvellement de la flotte aérienne de l’entreprise locale expliquent la hausse des importations de biens et de services cette année.
TABLE 4. Les ressources de l’économie polynésienne à prix constants en millions de F.CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
La production locale et les importations constituent les ressources de l’économie polynésienne. Les agents économiques utilisent ces ressources pour l’ensemble de leurs activités [^3]. La méthodologie d’élaboration des comptes économiques décompose la production de la Polynésie française en 20 branches d’activité [^4] principales et 73 produits ou services, au niveau le plus fin. Les va leurs et les évolutions de production marchande et non marchande de ces branches constituent le premier tableau annexe. La valeur et l’évolution par produit/service des importations sont détaillées dans le second tableau annexe.
TABLE 5. Valeurs et évolutions de production marchande et non marchande à prix constants en millions de F. CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
TABLE 6. Productions 2019 par branches d’activité en milliards de F.CFP
Source : ISPF - Comptes économiques définitifs
[^1]. La consommation de capital fixe représente la dépréciation subie par le capital fixe au cours de la période considérée par suite d'usure normale et d'obsolescence prévisible, y compris une provision pour pertes d'actifs fixes à la suite de dommages accidentels assurables.
[^2]. Les acquisitions d’immobilisations incorporelles ont été comptabilisées avec les acquisitions de biens d’équipement. Elles représentent moins de 2 % de l’investissement total et cette agrégation a pour but de faciliter la lecture
[^3]. La production est valorisée aux prix « du producteur » (i.e. : hors taxes), les importations aux prix « CAF » (Coût Assurance Fret). Pour mettre ces ressources en regard de leur utilisation par les agents économiques, il convient ensuite de les valoriser aux prix « utilisateurs » (i.e. : taxes comprises) en additionnant le montant des taxes et subventions à la production et aux importations.
La production correspond à la somme des chiffres d’affaires réalisés en Polynésie française par les entités économiques produisant des biens et des services, augmentée de la production de marges de commerce et de la production non marchande du secteur Administrations.
[^4]. Une branche (ou branche d'activité) regroupe des unités de production homogènes, c'est-à-dire qui fabriquent des produits (ou rendent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d'activité économique considérée