Les dépenses des touristes internationaux en 2018

Image En 2018, 216 000 touristes étrangers ont visité la Polynésie française et consommé trois millions de nuitées touristiques. Ils ont dépensé 64,9 milliards de F.CFP (contre 50 milliards en 2015) au cours de leur séjour, soit cinq fois la valeur des exportations de produits locaux (12,3 milliards de F.CFP). Ces dépenses correspondent au chiffre d’affaires réalisé par les entreprises polynésiennes : il comprend les dépenses effectuées localement par les non résidents en hébergement, restauration, commerces, transports locaux, etc.

Numéro : 1189
Dépôt légal : 30 novembre 2019
Collection : Points Etudes et Bilans
250 ko
69 ko

Les recettes du tourisme en Polynésie française : 65 milliards de F.CFP[^1]

Le secteur du tourisme est la branche la plus importante du commerce extérieur polynésien. Il représente 82 % des exportations de biens et
services du pays. La balance entre les dépenses des touristes étrangers en Polynésie française et celles des résidents à l'étranger dégage un solde positif de 47 milliards F.CFP. Les entreprises caractéristiques du tourisme (transport, hôtellerie, bar restauration...), au nombre de 3 300, déclarent un chiffre d'affaires total de 149 milliards de F.CFP et emploient 11 500 salariés[^2].

FIG 1. Recettes touristiques et exportations de biens et services
graphe1.svg
Source : Douanes, Enquêtes Dépenses Touristiques 2018 ISPF

Quatre touristes sur cinq sont originaires d'Europe et d'Amérique du Nord et réalisent 80 % des dépenses

En 2018, la fréquentation touristique de la Polynésie française (hors tourisme domestique et excursionnistes[^3]) s'élève à 216 000 touristes.

TABLE 1. Principaux indicateurs
tab1.svg
Source : Enquêtes Dépenses Touristiques 2018 ISPF

Le marché nord-américain est le plus rémunérateur, ses dépenses sont évaluées à 27,3 milliards de F.CFP soit une progression de 33 % relativement à 2015. Les effectifs touristiques ont en effet augmenté de 15 % et la dépense moyenne individuelle[^4] par séjour passe à 327 000 F.CFP contre 283 000 F.CFP en 2015. La hausse de la dépense moyenne résulte d'une augmentation de la dépense journalière à 29 000 F.CFP contre 26 500 en 2015 et de l'allongement de la durée moyenne de séjour (11,2 jours en 2018 contre 10,7 jours en 2015).

Deuxième marché en termes de devises, le marché européen (y compris France) représente 24 milliards de F.CFP dépensés en Polynésie française. Ce montant progresse de 33 % depuis 2015, avec la croissance conjuguée des effectifs touristiques (+ 29 %) et des dépenses par séjour (300 000 F.CFP en 2018 contre 290 000 F.CFP en 2015).

Les touristes originaires du Pacifique représentent 13 % des touristes internationaux et 10 % des dépenses touristiques totales, soit 4,5 milliards de F.CFP. Ce sont principalement des Australiens, des Néo-zélandais et des Calédoniens. La fréquentation de la clientèle asiatique, pour moitié composée de Japonais et pour un quart de Chinois, a baissé de 10 % depuis 2015. Malgré tout, le montant des dépenses touristiques reste stable grâce à une dépense moyenne par séjour en hausse alimentée en grande partie par un allongement de la durée moyenne de séjour (9,2 jours en 2018 contre 7,7 jours en 2015).

Les touristes choisissant un forfait expliquent 63 % de la recette touristique

L'éloignement de la Polynésie française par rapport à ses principaux marchés touristiques ainsi que ses spécificités géographiques marquées (76 îles et atolls habités sur une surface grande comme l'Europe) complexifie la préparation du séjour. Ainsi près de 56 % des touristes, toutes provenances confondues, ont acheté leur séjour en Polynésie française dans le cadre d'un forfait, en faisant appel aux prestations d'un professionnel. La dépense totale pour les voyages en forfait est de 40,6 milliards de F.CFP, soit une dépense moyenne de 336 000 F.CFP pour une durée moyenne de séjour de 10,6 jours.

Les croisiéristes génèrent un quart des recettes

La diversité des îles, et les infrastructures d'accueil font de la Polynésie française une destination privilégiée pour la croisière[^5]. Ce type de tourisme engendre 14,9 milliards de F.CFP de recettes en 2018 dont 45 % sont dépensées à terre. Un touriste sur cinq est un croisiériste. Les croisiéristes sont Nord-américains à 59 % et pour un quart, Européens et Français.

FIG 2. Dépenses moyennes détaillées selon le type de touriste
graphe2.svg
Source : Enquêtes Dépenses Touristiques 2018 ISPF

Le tourisme terrestre génère 50 milliards de F.CFP de recettes touristiques en Polynésie française. Il séduit 80 % des visiteurs : 11 % sont des touristes non marchands, tous les autres sont hébergés dans des structures payantes (pensions, hôtels et location de maisons). Ils sont principalement Nord-américains (33 % du marché), Français (26 %) et Européens (14 %).

Les croisiéristes dépensent en moyenne 18 % de plus par séjour que les touristes terrestres (342 000 F.CFP contre 290 000 F.CFP). En effet quand les croisiéristes dépensent 240 000 F.CFP par séjour dans l'hébergement (dont 52 000 F.CFP dans l'hôtellerie), la clientèle terrestre dépense 153 000 F.CFP. Les dépenses hors hébergement (transport, commerce, excursions...) sont de 102 000 F.CFP pour les croisiéristes et 137 000 F.CFP pour les touristes terrestres.

La dépense en hébergement est le premier poste de dépenses des touristes

Les dépenses en hôtellerie et autres structures d'hébergement terrestres restent le premier poste de dépenses des touristes internationaux. Elles représentent 44 % des dépenses totales des touristes, soit 29 milliards de F.CFP.

Les dépenses en croisière arrivent en deuxième position avec un montan de 8 milliards de F.CFP. Ce montant correspond à la seule dépense liée à la croisière (hébergement et restauration) et ne prend pas en compte les dépenses à terre.

Les dépenses dans les commerces représentent 8 milliards de F.CFP. La vente de perles représente 28 % de ces dépenses et le commerce alimentaire, 29 %. Les dépenses en transports domestiques (aériens, maritimes et terrestres) s'élèvent à 7,8 milliards de F.CFP : 69 % sont pour le transport aérien domestique, 28 % pour les transferts, locations de voiture, taxi et bus, et le reste pour le transport maritime.

Les dépenses dans les bars, cafés, restaurants (d'hôtel ou non) arrivent en cinquième position des postes de dépenses touristiques avec un montant de 7,3 milliards de F.CFP dont 46 % sont captés par les hôteliers et leurs restaurants. Les touristes ont dépensé 4,8 milliards pour des excursions, des activités de loisir ou de la plongée.

FIG 3. Répartition des dépenses touristiques par rubrique et marché en 2018
graphe3.svg
Source : Enquêtes Dépenses Touristiques 2018 ISPF

Les budgets vacances diffèrent selon les marchés

Tous pays de résidence confondus, la dépense moyenne par jour est de 21 500 F.CFP (+ 7,5 % depuis 2015). La durée moyenne du séjour augmente d'une demi-journée pour atteindre 14 jours (12 jours hors France). Ce résultat masque toutefois des comportements fortement disparates selon les pays. Ainsi, la clientèle asiatique est la plus dépensière, avec 30 000 F.CFP par jour et par personne. Elle est suivie par les Nord-américains avec un montant journalier de 29 000 F.CFP. Les Français de métropole sont parmi les moins dépensiers avec 14 000 F.CFP en
moyenne par jour.

Cette dépense moyenne par personne et par jour apparaît, bien souvent, inversement proportionnelle à la durée du séjour.

Ainsi, malgré le niveau élevé de leurs dépenses journalières, les Japonais ne sont pas les plus dépensiers car ils restent moins longtemps (9,2 jours en moyenne). A contrario, chez les Français, la durée moyenne de séjour record (20,4 jours) compense la faible dépense journalière et leur permet de se positionner juste en dessous de la moyenne des dépenses avec 290 000 F.CFP par séjour.

FIG 4. Dépenses par jour et par séjour par grand marché touristique
graphe4.svg
Source : Enquêtes Dépenses Touristiques 2018 ISPF

Les comportements de consommation diffèrent aussi selon les marchés

Parmi l'ensemble de nos visiteurs, les touristes originaires d'Amérique du Nord et les Européens (hors France) consacrent le plus gros montant à l'hébergement (hôtel, pensions, bateaux). Ils dépensent respectivement 204 000 F.CFP et 184 000 F.CFP pendant leur séjour en hôtellerie et croisière. Cela représente plus de la moitié de leur budget hors coût d'approche, soit respectivement 62 % et 58 % du total de leurs dépenses en Polynésie française.

Pour l'ensemble des touristes, le poste « hébergement » représente 57 % du budget local pour 171 000 F.CFP dépensés en moyenne en 2018. La clientèle asiatique dépense en moyenne 152 000 F.CFP en hébergement, ce qui représente 55 % de son budget moyen.

Les touristes originaires de métropole sont ceux qui consacrent la plus faible part de leurs dépenses à l'hébergement (46 %). Cette particularité est liée à l'importance du tourisme affinitaire chez ces visiteurs (33 % d'entre eux déclarent venir pour visiter la famille) et 40 % des touristes métropolitains mixent séjour marchand et non marchand (14 % pour les autres clientèles). Ils ont aussi une plus forte propension à séjourner en hôtellerie familiale et en location chez l'habitant par rapport aux autres clientèles (35 % contre 12 % des nuits marchandes). Ils dépensent ainsi 135 000 F.CFP en hébergement au cours de leur séjour.

Les résidents du Pacifique Sud dépensent en moyenne 136 000 F.CFP pour se loger, au cours de leur séjour. Les clientèles australienne et néo-zélandaise qui regroupent 79 % de ces touristes dépensent en moyenne 161 000 F.CFP alors que les Calédoniens et autres voisins du Pacifique dépensent moins de la moitié : 75 000 F.CFP par séjour.

Pour les touristes séjournant en hébergement payant, les dépenses en alimentation sont souvent intégrées aux dépenses d'hébergement, dans le cadre de séjours en pension complète ou en demi-pension.

Les touristes français sont les plus dépensiers en alimentation (restauration et commerce alimentaire) avec 55 000 F.CFP en moyenne par séjour pour moins de 40 000 F.CFP pour les autres pays .

Les Français consacrent une part conséquente de leur budget aux transports locaux (terrestres, maritimes et aériens). En effet, pour cette catégorie de dépenses, ils se situent au premier rang (46 000 F.CFP.) devant les autres Européens (43 000 F.CFP). Ce résultat est directement lié à la propension à visiter plusieurs îles polynésiennes pour les non croisiéristes.

Les îles visitées

En 2018, compte tenu de l'implantation de l'aéroport international, Tahiti est toujours l'île la plus visitée (82 % des touristes). Facilement accessible, Moorea reçoit la visite de 66 % des touristes dont 77 % sont des touristes terrestres. La clientèle asiatique s'y rend moins fréquemment, 45 % seulement ; leur durée de séjour moyenne plus courte leur laisse moins de temps pour multiplier les destinations et ils privilégient Bora Bora. En revanche, la clientèle métropolitaine inscrit la visite de Moorea comme prioritaire lors de son séjour puisque 78 % des Français l'ont visitée.

L'île de Bora Bora accueille 59 % des touristes. Elle est surtout appréciée des Nord-américains et des Européens (hors France) dont plus des deux tiers y ont séjourné alors que seul 40 % des clients originaires du Pacifique y ont passé au moins une nuit. Raiatea, Huahine et Tahaa continuent de bénéficier de leur statut d'escale pour les bateaux de croisière et attirent un peu plus de 20 % des touristes, dont plus de 50 % de croisiéristes. Les touristes visitant les Îles Sous-Le-Vent sont majoritairement Nord-américains avec 44 % des touristes de Raiatea et de Huahine.

Les îles Tuamotu-Gambier attirent 20 % des touristes avec 38 % de Français et 29 % de Nord-américains. Les Marquises, sous l'impulsion des bateaux de croisière qui rassemblent plus de la moitié des touristes de l'archipel, captent 6 % du total des touristes dont 34 % de Français et Nord-américains. L'archipel des Australes capte seulement 1 % des touristes dont la moitié sont des métropolitains.

TABLE 2. Touristes et croisiéristes par île
tab3.svg
Source : Enquêtes Dépenses Touristiques 2018 ISPF

[^1]: Sont exclues les dépenses réalisées hors territoire comme les billets d'avion internationaux et les marges des tours opérateurs

[^2]: Source : Tableau de bord annuel 2018 ; ISPF

[^3]: visiteur dont le séjour ne comporte aucune nuitée dans le pays visité (y compris les passagers et membres d'équipage des navires
en transit, de croisière ou de plaisance, logés à bord)

[^4]: Il n'est question dans cette étude que de la dépense moyenne par touriste

[^5]: Ce type de tourisme se pratique avec des paquebots de croisière (WindStar, Paul Gauguin), des bateaux de croisière (Aranui, ...) et
des voiliers