Les exportations de produits de la mer en 2020

Image En 2020, la filière pêche n’a pas échappé à la crise liée à la Covid-19. La fermeture des frontières de la Polynésie française a entraîné des répercussions sur les exportations de produits de la pêche (hors coquilles), qui sont en baisse de 53 % et s’élèvent à 854 millions de F.CFP. C’est la première fois que les recettes sont inférieures à 1 milliard de F.CFP depuis 2011. Les produits de la pêche représentent 15 % des recettes des exportations locales, soit 3 points de moins qu’en 2019. Les coquilles exportées (corail, nacre et troca) ont rapporté 190 millions de F.CFP, soit 67 millions de F.CFP de moins que l’année précédente.

Numéro : 1282
Dépôt légal : 1 octobre 2021
Collection : Points Etudes et Bilans
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Les exportations de poissons du large : baisse des exportations de poissons réfrigérés

TABLE 1. Exportations de poissons du large par type de conservation et préparation
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Source : Services des Douanes, ISPF

En 2020, les exportations de poissons du large rapportent 782 millions de F.CFP, soit une baisse de 54 % par rapport à 2019. C’est le montant le plus faible enregistré depuis 9 ans. La valeur diminue plus rapidement que les volumes exportés (- 48 %), entraînant une baisse du prix moyen au kilo par rapport à 2019 (1 020 F.CFP, soit - 10 %).
Avec la fermeture des frontières et l’arrêt des vols, le poisson réfrigéré s’est beaucoup moins exporté. Il ne représente que 86 % du volume exporté contre 98 % en 2019. À l’inverse, les exportations de filets et de chairs de poissons congelés ont connu une hausse significative cette année avec 104 tonnes exportées de plus qu’en 2019 (+ 84 millions de F.CFP de recettes). Cette hausse ne suffit cependant pas à combler les pertes des exportations de poissons réfrigérés. La baisse des volumes exportés de poissons entiers réfrigérés contribue pour - 56 points au repli global des volumes de poissons du large exportés. La hausse des volumes de filets et de chairs de poissons congelés atténue ce recul (+ 5 points de contribution) de la croissance.

FIG 1. Exportations des produits de la pêche (millions de F.CFP - Tonnes)
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Source : Services des Douanes, ISPF

TABLE 2. Exportations des produits de la pêche (en valeur CAF - millions de F.CFP)
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Source : Services des Douanes, ISPF

En 2020, les exportations de poissons réfrigérés diminuent de 59 %. Cette baisse s’explique principalement par celle des exportations de poissons entiers réfrigérés. Les demandes américaines (- 911 millions de F.CFP) mais également françaises de ce type de poissons diminuent, impactées par la fermeture des vols, principal moyen de transport du poisson réfrigéré. Le prix moyen au kilo des poissons réfrigérés diminue de 4 % par rapport à 2019 et s’établit à 1 147 F.CFP. En 2020, 99 % des volumes de poissons entiers réfrigérés sont vendus aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, au Japon et au Chili. Les filets réfrigérés, en baisse de 80 % de volumes exportés, sont envoyés aux États-Unis pour 72 % du volume et le reste en France. Le prixmoyen au kilo recule de 4%par rapport à l’année précédente.
Les volumes de poissons congelés, eux, progressent fortement (+ 85 %) grâce à la hausse des volumes exportés de filets et de chairs congelés qui sont exportés par bateau et ainsi épargnés de la fermeture de l’espace aérien de la Polynésie française. L’intégralité de ces exportations est à destination de la France (93 millions de F.CFP). Enfin, les poissons entiers congelés (- 26 % de volumes exportés) s’exportent principalement vers les Samoa Américaines (94 % du volume) et la France. Le prix moyen au kilo des poissons congelés augmente de 94 % à 600 F.CFP. Il est tiré à la hausse grâce aux volumes importants exportés de filets et de chairs congelés, dont le prix moyen au kilo est de 807 F.CFP.
La Polynésie française exporte principalement du thon entier réfrigéré (73 % du volume des poissons expédiés). Le thon obèse et le thon à nageoires jaunes réfrigérés représentent 60 % du volume
commandé et sont les poissons les plus rémunérateurs avec un prix moyen au kilo de respectivement 1 416 F.CFP (- 45 F.CFP) et 1 413 F.CFP (+ 24 F.CFP).

TABLE 3. Exportations par type de poisson du large en 2020
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Source : Services des Douanes, ISPF

FIG 2. Part de la production de pêche hauturière exportée (en tonnes)
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Source : Services des Douanes, ISPF

Les exportations de poissons vivants : en recul en 2020

La filière d’exportation de poissons vivants est implantée en Polynésie française depuis 1998. Après une chute des cours liée à la crise économique de 2008, les exportations de poissons vivantsont stagné entre 2009 et 2013 pour une valeur comprise entre 7 à 10 millions de F.CFP. Après des recettes à l’export records en 2019, la valeur des exportations de poissons vivants est divisée par deux et atteint 28 millions de F.CFP (23 779 poissons exportés). Le volume exporté diminue de 25 % à 41 tonnes. Ce recul s’explique par la baisse des exportations à destination de Hong Kong, qui contribue pour - 20 points au recul des volumes exportés. La France et Taiwan ont également réduit leurs importations de poissons vivants. À l’inverse, les exportations en volume vers les États-Unis, plus gros importateur, ont progressé (+ 12 %) mais les recettes sont en baisse (- 28 %) traduisant un repli du prix moyen au kilo de 35 % à 579 F.CFP. Le prix moyen au kilo recule de 34 % à 682 F.CFP, tiré à la baisse par la diminution des prix pour les États-Unis. L’Allemagne et Singapour font face à une hausse des prix importantes avec respectivement + 2 714 F.CFP et + 1 700 F.CFP.

FIG 3. Exportations de poissons vivants
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Source : Services des Douanes, ISPF

Les exportations de mollusques et invertébrés : pas d'exportations de rori en 2020

Les exportations de la production lagonaire concernent les rori ou bêches de mer (invertébrés) et les bénitiers vivants (mollusques).
En 2020, il n’y a pas eu d’exportations de rori (contre 25 millions de F.CFP en 2019). Habituellement, Hong-Kong est l’unique pays destinataire de ce produit.
Les exportations de bénitiers vivants baissent de 10 % par rapport à 2019 et s’établissent à 42 millions de F.CFP pour un poids de 20 tonnes (- 28 %), soit 22 281 bénitiers exportés. Les volumes fléchissent plus rapidement que les recettes, entraînant une hausse du prix moyen au kilo à 2 105 F.CFP (+ 24 %). Le bénitier vivant estconsidéré comme un produit à fort potentiel sur le marché mondial de l’aquariophilie, et la Polynésie française dispose d’atouts non négligeables pour la production d’un produit de qualité aquarium. Six pays importent les bénitiers, 56 % des volumes sont exportés aux États-Unis et 27 % en France. Les États-Unis ont réduit de 33 % leurs exportations par rapport à 2019 (- 5,5 tonnes, soit - 8,3 millions de F.CFP) et la France de 25 % (- 1,8 tonne). Les exportations de bénitiers vivants représentent 5 % de la valeur des poissons exportés en 2020 (+ 2 points par rapport à 2019). Le prix moyen au kilo augmente fortement pour Taiwan (+ 7 890 F.CFP à 9 195 F.CFP) dont les importations diminuent mais les recettes augmentent. Plusieurs autres pays ont vu la valeur de leurs importations progresser alors que leurs volumes commandés diminuent (France, Pays Bas et Singapour), entraînant une hausse du prix moyen au kilo.

TABLE 4. Exportations de bénitiers en 2020
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Source : Services des Douanes, ISPF

La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture[^1]

En 2018, 67 millions de tonnes de poissons (équivalent poids vif) ont fait l’objet d’un commerce international, ce qui représente près de 38 % des poissons capturés ou élevés dans le monde. La valeur totale de 164 milliards de dollars américains enregistrée en 2018 pour les exportations de poissons représentait près de 11 % de la valeur des exportations de produits agricoles.
Les estimations disponibles pour 2019 semblent indiquer que les échanges se sont contractés d’environ 2 % en volume et en valeur par rapport à l’année précédente. L’épidémie de coronavirus a
déjà entraîné des répercussions négatives sur les échanges commerciaux.
En plus d’être de loin le principal producteur de poissons, la Chine est également, depuis 2002, le principal exportateur de poissons et d’autres produits aquatiques. Depuis 2004, la Norvège est le
deuxième grand exportateur, désormais suivie du Vietnam. Alors que les marchés des pays développés dominent toujours les importations de poissons avec l’Union européenne suivie des États- Unis d’Amérique et du Japon, l’importance des pays en développement en tant que consommateurs ne cesse de croître.