Les exportations de produits de la mer en 2021
En 2021, profitant de l’allègement des contraintes de transport liées à la Covid-19, les exportations de produits de la pêche, hors coquilles, doublent sur un an à 1 786 millions de F.CFP et retrouvent leur niveau d’avant-crise. Les exportations de produits de la pêche représentent 19 % des recettes des exportations locales en biens, soit 4 points de plus qu’en 2020 et 1 point de plus qu’en 2019. Les coquilles exportées (corail, nacre et troca) ont rapporté 186 millions de F.CFP (- 4 millions de F.CFP) et leur niveau reste bien inférieur à celui de 2019 (- 70 %) en raison de la baisse des exportations de nacres
FIG. 1. Exportations des produits de la mer
Source : Services des Douanes, ISPF
TABLE 1. Exportations des produits de la mer (millions de F.CFP - Valeur CAF)
Source : Services des Douanes, ISPF
Les exportations de poissons du large retrouvent leur niveau de 2019
En 2021, les exportations de poissons du large rapportent 1 686 millions de F.CFP, soit plus du double qu’en 2020, et retrouvent leur niveau d’avant-crise. Cette progression concerne aussi le prix moyen au kilo ainsi que les volumes exportés.
TABLE 2. Exportations par type de poisson du large
Source : Services des Douanes, ISPF
La reprise des exportations de poissons entiers réfrigérés, qui représentent 90 % des recettes d’exportation de poissons, a per mis de retrouver ce niveau d’exportation. Les volumes de poissons congelés augmentent grâce aux filets et chairs entièrement exportés vers la France métropolitaine. Ces derniers rapportent 132 millions de F.CFP, soit 8 % des recettes. Les exportations de poissons entiers congelés, entièrement exportées vers les Samoa Américaine, reculent de 42 % en volume pour représenter moins de 5 mil lions de F.CFP de recettes annuelles.
La Polynésie française exporte principalement du thon entier réfrigéré avec 84 % du volume de poissons expédiés. Ces poissons sont essentiellement des thons obèses et des thons à nageoires jaunes réfrigérés pour 76 % du volume commandé.
TABLE 3. Exportations de poissons du large par type de conservation et préparation
Source : Services des Douanes, ISPF
Les États-Unis sont les seuls clients de la Polynésie française concernant les poissons réfrigérés. Cela concerne les poissons entiers réfrigérés (+ 862 millions de F.CFP) avec un prix moyen au kilo de 1 235 F.CFP en moyenne, mais aussi les produits proposés sous forme de filets et chairs réfrigérés dont le prix moyen au kilo augmente de 28 % (+ 348 F.CFP).
TABLE 4. Exportations de poissons vivants par pays destinataire
Source : Services des Douanes, ISPF
Hausse des exportations de poissons vivants
La filière d’exportation de poissons vivants reste marginal en Polynésie française avec des recettes à l’exportation de 51 millions de F.CFP. Une ferme dite « d’aquaculture récifale », basée sur la collecte et l’élevage de post-larves de poissons, est implantée en Polynésie française depuis 1998. Les exportations issues de cette production innovante restent très faibles. L’apparition d’un deuxième opérateur sur le marché de l’aquariophilie, en lien avec la filière bénitier, porte une grande partie du résultat. Près de 56 tonnes de poissons vivants ont été exportées en 2021, essentiellement vers les États-Unis mais aussi vers l’Asie (Hong Kong et Taïwan).
FIG. 2. Part de la production de pêche hauturière exportée (en tonnes)
Source : Services des Douanes, Direction des Ressources Marines, ISPF
Absence d’exportation de rori
Les exportations de la production lagonaire concernent les rori ou bêches-de-mer (invertébrés) et les bénitiers vivants (mollusques). Hong Kong étant l’unique pays destinataire, il n’y a pas eu d’exportations de rori en 2021. Seuls les bénitiers ont été exportés pour une valeur de 50 millions de F.CFP et un poids de 22,8 tonnes. Le prix moyen au kilo progresse à 2 175 F.CFP, comme en 2019. Sept pays importent les bénitiers, parmi lesquels les États Unis et la France métropolitaine qui achètent respectivement 61 % et 22 % des exportations polynésiennes. Les exportations de béni tiers vivants représentent 3 % de la valeur des poissons exportés en 2021 (- 2 points par rapport à 2020).
TABLE 5. Exportations de bénitiers
Source : Services des Douanes, ISPF
La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture [^1]
En 2018, 67 millions de tonnes de poissons [^2] ont fait l’objet d’un commerce international, ce qui représente près de 38 % des pois sons capturés ou élevés dans le monde. La valeur totale de 164 milliards de dollars des États-Unis enregistrée en 2018 pour les exportations de poissons représentait près de 11 % de la valeur des exportations de produits agricoles.
Les estimations disponibles pour 2019 semblent indiquer que les échanges se sont contractés d’environ 2 % en volume et en va leur par rapport à l’année précédente. L’épidémie de coronavirus a entraîné des répercussions négatives sur les échanges commerciaux.
En plus d’être de loin le principal producteur de poissons, la Chine est également, depuis 2002, le principal exportateur de poissons et d’autres produits aquatiques. Depuis 2004, la Norvège est le deuxième grand exportateur, désormais suivie du Vietnam. Alors que les marchés des pays développés (Union européenne, États Unis, Japon) dominent toujours les importations de poissons, l’importance des pays en développement en tant que consommateurs ne cesse de croître.
[^1] : Source : Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture pêche et aquaculture (FAO), 2020
[^2] : En équivalent poids vif qui correspond au poids du poisson pêché et non transformé