Les exportations de produits de la mer en 2022
En 2022, la hausse des prix à l’échelle mondiale se retrouve dans les exportations des produits de la mer, hors coquilles, qui progressent en valeur de 36 % et s’élèvent à 2 414 millions de F.CFP, soit 16 % de la recette totale des exportations de produits locaux polynésiens et le plus haut montant observé en valeur. Les coquilles exportées (corail, nacre et troca) ont rapporté 265 millions de F.CFP, soit 75 millions de F.CFP de plus par rapport à 2021.
FIG. 1. Exportations des produits de la mer
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
TABLE 1. Exportations des produits de la mer (en valeur CAF)
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
Les volumes exportés et le prix au kilo augmentent fortement
En 2022, les exportations de poissons du large rapportent 2 292 millions de F.CFP, soit 610 millions de F.CFP de plus que le résultat de l’année précédente.
TABLE 2. Exportations par type de poisson du large
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
Ce résultat s’explique par la hausse des volumes exportés qui at teignent leur meilleur niveau depuis 2015 avec 1 617 tonnes (+ 12 % sur un an et + 8 % par rapport à 2019), et par un prix moyen au kilo qui dépasse pour la première fois les 1 400 F.CFP (+ 21 % sur un an et + 25 % par rapport à 2019).
TABLE 3. Exportations de poissons du large par type de conservation et préparation
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
Les volumes de poissons entiers réfrigérés (90 % des volumes de poissons exportés) progressent de 18 % en 2022 pour s’établir à 1 453 tonnes. Conjuguée à la hausse des prix à l’exportation, la valeur des exportations des poissons entiers réfrigérés progresse de 41 % en 2022 pour plus de 2 milliards de F.CFP de recette. Pour ce produit, les exportations sont presque exclusivement tournées vers les États-Unis (99 % des exportations de poissons entiers réfrigérés).
Les exportations de filets et chairs congelés (5 % des exportations de poissons) dont le seul client est la France hexagonale se contractent de 5 % en valeur et de 9 % en volume.
Hausse des exportations de poissons vivants en valeur et en volume
FIG. 2. Part de la production de pêche hauturière exportée (en tonnes)
Source : Direction régionale des douanes, Direction des ressources marines, ISPF
La filière d’exportation de poissons vivants progresse de 72 % en valeur pour représenter 4 % des recettes liées aux exportations de poissons.
TABLE 4. Exportations de poissons vivants en 2022 par pays destinataire
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
Les exportations de mollusques, invertébrés et crustacés diminuent
Les exportations de la filière lagonaire qui reposent uniquement sur les exportations de bénitiers [^1] se contractent de 29 % en valeur et de 31 % en volume par rapport à 2021. La hausse des prix observée en 2021 (+ 3 %) se poursuit sensiblement cette année (+ 3 %) et permet à la filière de compenser la baisse des volumes exportés. Les prix au kilo s’élèvent ainsi en moyenne à 2 240 F.CFP (contre 1 690 F.CFP en 2019). Les États-Unis et la France hexagonale sont les principaux clients de cette filière mais achètent moins depuis 2019. À l’inverse, les exportations à destination des marchés d’Asie (Taiwan, Hong Kong et Singapour) progressent pour représenter 10 % des recettes globales de la filière, soit 1 million de F.CFP de plus que l’an dernier.
TABLE 5. Exportations de bénitiers en 2022
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture [^2]
En 2020, les exportations en volume du commerce de la pêche et de l’aquaculture dans le monde s’élèvent à 59,8 millions de tonnes [^3], pour une valeur totale des 150,5 milliards de dollars US. Les exportations mondiales de thonidés, de bonites et de merlins constituent 9,7 % de la valeur totale des exportations de produits aquatiques. La valeur des échanges de produits alimentaires d’origine aquatique représente 11 % du total du commerce agricole (hors produits forestiers) et 1 % du total des échanges de marchandises. Cette valeur est comparable à celle des échanges de viande d’origine terrestre. La pandémie de Covid-19 a engendré une baisse des exportations mondiales estimée à 7 % en valeur et à 10 % en volume. À l’échelle des pays, la première place des importations en valeur des produits aquatiques revient aux États-Unis d’Amérique (15 %), suivis par la Chine (10 %), le Japon (9 %), l’Espagne (5 %) et la France (4 %). En volume, la première place revient à la Chine (très loin devant les États-Unis d’Amérique) qui importe pour sa consommation intérieure et aussi pour la transformation avant réexportation. La part des pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires progresse.
D’après l’indice des prix du poisson de la FAO, les prix moyens du poisson sur le marché international ont augmenté de 7,2 % en 2021 après avoir baissé de 7,2 % en 2020. L’estimation réalisée pour les deux premiers mois de 2022 indique que les prix ont augmenté de 19 % comparé à la même période en 2021.
[^1]. Depuis 2019, la Polynésie française n’exporte plus d’holothuries (rori) dont Hong-Kong était le seul pays destinataire pour 25 millions de F.CFP en 2019.
[^2]. Source : Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture pêche et aquaculture (FAO), 2020
[^3]. Poids vif