Les exportations de produits de la mer en 2023
En 2023, la valeur des exportations de produits de la mer, hors coquilles, recule de 5 % sur un an et s’élève à 2,3 milliards de F.CFP. Ce montant représente 10 % des recettes totales des exportations de produits locaux. En outre, les coquilles exportées (corail, nacre et troca) ont rapporté 166 millions de F.CFP, soit 100 millions de F.CFP de moins qu’en 2022.
FIG. 1. Exportations de produits de la mer
Source : Direction des douanes, ISPF
TABLE 1. Exportations de produits de la mer (en valeur CAF)
Source : Direction des douanes, ISPF
Les volumes exportés de poissons du large continuent d’augmenter, mais le prix unitaire se contracte
Composées en grande partie d’exportations de produits de la pêche hauturière (78 bateaux en activité en 2023), les exportations de poissons du large restent supérieures à 2 milliards de F.CFP pour la deuxième année consécutive, bien qu’en recul de 7 % en valeur. Ce résultat traduit une baisse du prix moyen au kilogramme (- 11 %) après la forte hausse des prix en 2022 (+ 22 %). Le prix moyen au kilogramme s’établit à 1 264 F.CFP, soit 7 % de plus que la moyenne des sept dernières années (1 183 F.CFP). Les volumes exportés continuent de progresser (+ 4,5 % par rapport à 2022) comme chaque année depuis 2016 (hors 2020).
Le thon obèse et le thon jaune réfrigérés au cœur des exportations
À l’image de la flottille de pêche essentiellement tournée vers la pêche « fraiche », les poissons entiers réfrigérés constituent l’essentiel des exportations de produits de la pêche hauturière. Pour la seconde année consécutive, le thon obèse domine pour les espèces avec un tiers des exportations totales de poissons du large. Il est suivi du thon jaune (30 %) qui était l’espèce majoritairement exportée les années précédentes. Pour ces deux espèces, les volumes se contractent de 7 % par rapport à 2022. À l’inverse, les exportations en volume de thons blancs et des autres poissons augmentent respectivement de 20 % et 34 %. Au global, le volume des exportations de poissons entiers réfrigérés (85,5 % du volume des poissons du large) est en retrait de 0,6 %. Avec des prix qui se contractent de 11 % sur un an, les exportations se réduisent en valeur de 12 % sur un an.
TABLE 2. Exportations par type de poisson du large et par type de conservation
Source : Direction des douanes, ISPF
À ces exportations de poissons entiers viennent s’adosser les exportations de produits transformés (filets et chairs) qui représentent 14 % des volumes et 11 % de la valeur exportée de poissons du large. Dans le détail, si les exportations en valeur de filets et de chairs congelés sont légèrement supérieures à l’année précédente (+ 3 %) avec un prix au kilogramme (+ 5 %) qui compense la baisse en volume (- 2 %), les exportations en valeur de filets et chairs réfrigérés sont 3,5 supérieures à 2022 avec un volume global qui représente 5 % des exportations de poissons du large, contre 0,9 % il y a un an. Il faut remonter à 2014 pour observer un tel volume. Ce regain est porté quasi intégralement par les États-Unis (90 % des achats) avec un prix au kilogramme qui s’établit à 2 073 F.CFP. (- 36 % sur un an).
FIG. 2. Part de la production de pêche hauturière exportée (en tonnes)
Source : Direction des douanes, Direction des ressources marines, ISPF
Les exportations de mollusques, invertébrés et crustacés diminuent
Constituées à 97 % de bénitiers vivants, les exportations de mollusques, invertébrés et crustacés se contractent de 15 % en valeur pour totaliser 30 millions de F.CFP et 15 tonnes en 2023. Les produits de cette filière, qui sont principalement tournés vers l’exportation, dont deux tiers aux États-Unis. Ces produits représentent ainsi 1 % des volumes et de la valeur totale des produits de la mer exportés au cours de l’année, soit 7 millions de F.CFP de moins qu’en 2022 et quasiment moitié moins qu’en 2019. Ce résultat s’explique par la baisse du prix au kilogramme des bénitiers vivants (- 16 %), auquel s’ajoute la baisse de 6 % des volumes exportés pour enregistrer son plus faible résultat depuis 2010 (31 tonnes en 2014).
TABLE 3. Exportations de mollusques, invertébrés et crustacés
Source : Direction des douanes, ISPF
Plus de la moitié de la production mondiale de produits de la mer pour la consommation humaine est d’origine aquacole. En 2022, la production halieutique et aquacole mondiale a atteint un niveau record de 223,2 millions de tonnes, dont 185,4 millions de tonnes d’animaux aquatiques et 37,8 millions de tonnes d’algues. Plus de 230 pays et territoires ont vendu ou acheté des produits aquatiques pour un montant record de 195 milliards de dollars US (+ 19 % par rapport à 2019). Près de 90 % de la production totale d’animaux aquatiques sont destinés à la consommation humaine, ce qui représente 20,7 kilogrammes par habitant en 2022. Les produits les plus échangés en 2022 étaient les poissons (65 % de la valeur totale), les crustacés (23 %) ainsi que les mollusques et autres invertébrés aquatiques (11 %). La Chine demeure le premier pays producteur du secteur de la pêche de capture (14 %), suivie de l’Indonésie (8 %) et de l'Inde (6 %).
Pour la première fois, la production aquacole (+ 8 % par rapport à 2020) est supérieure à la pêche de capture pour constituer 51 % de la production totale d’animaux aquatiques, et 57 % de la production destinée à la consommation humaine. La valeur totale de la production aquacole s’établit à 312,8 milliards de dollars US, soit 59 % de la production halieutique et aquacole mondiale. En volume, l’Asie est en tête avec 91 % de la production aquacole totale.
Source : La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2024, FAO