Les exportations de produits perliers, toujours impactées par la pandémie de Covid-19 en 2021
La perliculture est la deuxième ressource propre de la Polynésie française, après le tourisme et devant les produits issus de la pêche. La surface d’exploitation perlicole est quasiment identique à l’année précédente, tandis que le nombre de producteurs autorisés diminue pour la troisième année consécutive. Déjà en crise avant la pandémie de Covid-19, le prix au gramme de la perle se maintient en 2021 à un niveau historiquement bas à 267 F.FCP (+ 20 F.FCP par rapport à 2020). Les recettes à l’export retrouvent leur valeur de 2019 pour s’établir à 4,9 milliards (- 3 %) avec un volume exporté de perles de culture brutes qui n’a jamais été aussi élevé (16,8 tonnes).
Une surface d’exploitation identique à 2020
La surface totale exploitée pour la perliculture fin 2021 est quasi ment la même qu’en 2020 (- 0,3 %) et s’établit à 8 136 hectares pour 624 producteurs autorisés (- 3,7 %), soit une moyenne de 13 hectares par producteur. Les surfaces accordées à des fins d’exploitation perlicole sont calculées sur la base des autorisations d’occupation du domaine public maritime [^1].
Ainsi, la répartition géographique des surfaces exploitées est identique à l’année précédente. L’archipel des Tuamotu représente 72 % de la surface exploitée totale et s'établit à 5 851 hectares. L’archipel des Gambier représente 24 % de la surface exploitée totale, soit 1 951 hectares. Les Îles Sous-le-Vent abritent 4 % de la surface exploitée, soit 344 hectares). La surface exploitée progresse uniquement aux Gambier (+ 0,1 %) et recule aux Tuamotu (- 0,2 %) et aux Îles Sous-le-Vent (- 2,9 %).
La surface totale autorisée se répartit sur 28 îles : 23 îles des Tuamotu, Mangareva aux Gambier, 3 îles des Îles Sous-le-Vent et Tahiti. Le nombre de producteurs de produits perliers baisse pour la quatrième année consécutive. Il passe de 349 à 340, soit une baisse de 3 % par rapport à 2020.
Le nombre de producteurs d’huîtres perlières s’établit à 533, soit une baisse de 4,1 % (- 23) par rapport à l’année précédente. Le nombre d’autorisations de stations de collectage recule et s’établit à 8 037 (- 1,7 %).
Depuis la loi de Pays n° 2017-16, les producteurs de produits perliers ont l’obligation de présenter leurs productions à la cellule de contrôle qualité de la DRM pour enregistrement. Ce sont 8 558 771 perles qui ont fait l’objet d’un contrôle après production, pour un poids de 13,6 tonnes en 2021. Un tiers de ces perles contrôlées provient des Gambier. Avec Arutua (20 %) et Apataki (18 %), ces trois îles regroupent quasiment les trois quarts de la production de 2021.
Le nombre d’autorisations de travail accordées à des greffeurs étrangers en 2021 est de 133, soit 12 de moins qu’en 2020.
FIG. 1. Nombre d’autorisation accordées aux étrangers (métier greffeur de perles)
Source : SEFI
FIG. 2. Productions et exportations de perles de culture brutes (Indice base 100 en 2011)
Source : Direction des ressources marines, Direction régionale des douanes, ISPF
Les négociants et les ventes aux enchères
Le nombre de négociants en 2021 est de 20, soit un de moins qu’en 2020, puisqu’une nouvelle carte a été octroyée et deux cartes résiliées.
Aucune vente aux enchères n’a été organisée sur le territoire en 2021.
Les exportations : la hausse d’un tiers des volumes tire les recettes des produits perliers vers le haut
En 2021, les recettes des exportations de produits perliers ont été multipliées par deux sur un an pour atteindre 4,9 milliards de F.CFP, soit quasiment autant qu’en 2019 (5 milliards de F.CFP). Elles représentent 52 % de la valeur des exportations locales en 2021, contre 43 % en 2020 et 49 % en 2019. Ce résultat s’explique à la fois par l’effondrement du prix au gramme de la perle qui s’établit en 2021 à 267 F. CFP, soit 20 F.CFP de plus que le niveau le plus faible jamais enregistré durant la pandémie de Covid-19, et par le volume historique des exportations des produits perliers (17 tonnes).
Les exportations de produits perliers sont classées en trois catégories. Les perles de culture brutes représentent 98,5 % de la valeur des produits perliers exportés en 2021. Les ouvrages en perles représentent 0,5 % de cette valeur et les keishi, mabe et autres perles de culture brutes teintées 1 %.
Les exportations de perles de culture brutes doublent en valeur par rapport à 2020 (+ 2,4 milliards de F.CFP) et s'établissent à 4,8 milliards de F.CFP. Ces recettes retrouvent quasiment le niveau de 2019 (4,9 milliards de F.CFP) qui était néanmoins en retrait pour la troisième année consécutive. En 2021, elles représentent désormais 52 % de la valeur totale des exportations locales (+ 11 points sur un an).
Le prix au gramme de la perle de culture brute augmente de 20 F.CFP sur un an pour s’établir à 288 F.CFP, soit 40 % de moins qu’en 2019.
FIG. 3. Exportations de produits perliers
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
FIG. 4. Exportations de produits perliers et exportations locales
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
Les exportations d’ouvrages en perles sont inférieures de 61 % par rapport à 2020 et rapportent 23 millions de F.CFP en 2021, soit - 53 % par rapport à 2019. Ce résultat s’explique par la baisse des volumes exportés vers les principaux importateurs, notamment Hong Kong dont les achats se sont concentrés sur les perles de culture brutes.
La Polynésie française exporte aussi des coquilles de nacre issues des activités perlicoles. En 2021, les exportations de nacres ont rapporté 176 millions de F.CFP (- 3 % sur un an). La Chine est le plus gros importateur de nacres puisqu’elle capte 66 % des volumes exportés.
Les principaux pays importateurs de perles noires de Polynésie française sont Hong Kong et le Japon, ils se partagent la quasi totalité des exportations avec respectivement 64 % et 27 % en valeur. Les achats de Hong Kong s’élèvent à 2,6 milliards, contre 1,6 milliard de F.CFP en 2020 avec un prix au gramme qui se contracte de 23 % pour s’établir 249 F.CFP (444 F.CFP en 2019). Les volumes exportés sont multipliés par 3 pour atteindre 10,7 tonnes, soit le plus haut volume jamais commandé par Hong Kong (6,9 tonnes en 2019). Avec 4,6 tonnes, les volumes exportés vers le Japon sont également quasiment multipliés par deux sur un an, ils dépassent de 66 % les volumes de 2019 (2,8 tonnes). Il faut remonter à 2015 pour observer de tels volumes exportés vers le Japon. Les recettes dépassent de 17 % le résultat de 2019 pour s’établir à 1,8 milliard (0,9 milliard en 2020) avec un prix moyen au gramme à 389 F.CFP (400 F.CFP en 2020), soit 29 % de moins qu’en 2019. Les volumes exportés vers les États-Unis s’élèvent à 0,6 tonne après avoir fortement augmenté en 2020 (2,6 tonnes). Le Viêt-Nam tire profit du faible coût au gramme pour se positionner au quatrième rang des importateurs avec 0,5 tonne, devant la France hexagonale (0,3 tonne).
Les importations de nucléus augmentent de 4 % en 2021 à 8,7 tonnes pour une valeur de 96 millions de F.CFP (+ 30 millions). Les nucléus importés sont constitués pour 100 % en nacre. Ils sont essentiellement importés du Japon (78 %) et de Chine (19 %).
FIG. 5. Exportations de perles de culture brutes (Indice base 100 en 2011)
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
FIG. 6. Prix au gramme de la perle à l’export
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
FIG. 7. Importations de nucléus et exportations de perles de culture brutes (Indice base 100 en 2011)
Source : Direction régionale des douanes, ISPF
[^1.] La surface totale de toutes les exploitations ne doit pas dépasser les 10 000 hectares fixés par le gouvernement en 2010.