Perliculture - L'année 2017 renoue avec la croissance

Image Après deux années de baisse consécutive, les exportations de produits perliers repartent à la hausse. La surface de production exploitée est plus conséquente et le nombre de producteurs augmente. Les exportations de perles de culture brutes progressent de 40,5 % en volume et de 26,3 % en valeur. Le nombre de perles exportées est de 8,9 millions pour des recettes de 8,3 milliards de F.CFP. Au recensement de 2017, quelques 1300 personnes déclarent travailler dans la perliculture, deuxième ressource propre de la Polynésie française après le tourisme et devant les produits issus de la pêche.

Numéro : 1202
Dépôt légal : 1 juillet 2020
Collection : Points Etudes et Bilans
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La production : une surface d'exploitation en hausse

La surface totale exploitée pour la perliculture fin 2017 progresse de 6,4 % par rapport à 2016 : elle s'établit à 8 251 hectares pour 638
producteurs autorisés, soit une moyenne de 13 hectares par producteur. Cette hausse s'explique principalement par l'essor de l'activité
perlière dans l'archipel des Gambier mais également par l'ajout de grandes concessions aux Iles Sous-le-Vent. Les surfaces accordées à des
fins d'exploitation perlicole sont calculées sur la base des autorisations d'occupation du domaine public maritime[^1].

FIG 1. Répartition des fermes perlières de Polynésie française en 2017
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Source : Direction des ressources marines, ISPF

La répartition géographique des surfaces exploitées reste globalement la même que les années précédentes. L'archipel des Tuamotu représente 74 % de la surface exploitée, en baisse de 3 points par rapport à 2016 en raison de la prolifération d'algues vertes qui touche le lagon sur les
îles de Takaroa et Raroia. L'archipel regroupe 475 producteurs titulaires de cartes. La surface exploitée progresse légèrement de 1,5 %
et s'établit à 6 083 hectares.

La surface exploitée aux Gambier progresse de 3 points à 24 %, soit 1 983 hectares, avec l'arrivée de nombreux nouveaux producteurs et
l'agrandissement des fermes. Ainsi, les îles Gambier comptent dorénavant 141 producteurs titulaires de cartes. Les Îles Sous-le-Vent abritent 2 %
de la surface exploitée (185 hectares), en légère augmentation à Tahaa et en baisse à Raiatea.

Quatre îles représentent à elles-seules 57 % des surfaces autorisées et du nombre de fermes : Mangareva, Arutua, Marutea Sud et Ahe. Les
concessions autorisées restantes sont réparties sur 24 autres îles.

FIG 2. Nombre d'autorisations de travail accordées aux étrangers- métier greffeur de perles
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Source : SEFI, ISPF

Le nombre de producteurs de produits perliers augmente en 2017. Il est passé de 356 à 382 (+ 26), soit une hausse de 7,3 % par rapport à 2016.
Cette progression s'explique par l'essor des Gambier amorcé en 2016.

Le nombre de producteurs d'huîtres perlières s'établit à 560, soit une hausse de 10,2 % (+ 52) par rapport à l'année précédente. Le nombre de
stations de collectage augmente également afin de fournir les nouvelles fermes, il s'établit à 8 720 (+ 7 %). Les îles concernées sont
principalement Takapoto pour fournir les atolls des Tuamotu alentours en huîtres perlières et les Gambier pour sa propre production.

Le nombre d'autorisations de travail accordées à des greffeurs étrangers progresse de 16 % (+ 31 à 222).

FIG 3. Production et exportations de perles de cultures brutes (Indice base 100, année 2008)
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Source : Direction des ressources marines, Direction des Douanes, ISPF

Depuis juillet 2017 (Loi de Pays n°2017-16), les producteurs de produits perliers ont l'obligation de présenter leurs productions à la cellule de
contrôle qualité de la DRM pour enregistrement. Près de 3 048 100 perles ont fait l'objet d'un contrôle après production, pour un poids de 4,6
tonnes en 2017.

FIG 4. Exportations de produits perliers
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Source : Services des Douanes, ISPF

Le nombre de négociants est stable en 2017

Le nombre de négociants en 2017 est de 25 négociants, le même qu'en 2016, puisque quatre nouvelles demandes ont été octroyées et quatre
cartes annulées.

Les ventes aux enchères internationales (VAE) organisées en Polynésie française se déroulent aux mêmes périodes tous les ans : mars, juillet
et novembre. En 2017, 1,9 million de perles ont été présentées lors de ces ventes. Les enchères se font au premier prix, sous pli fermé.

Point sur l'environnement de l'activité perlière {#point-sur-lenvironnement-de-lactivité-perlière}
L'action publique
En juillet 2017, une nouvelle loi du pays n°2017-16 est promulguée, réglementant les activités professionnelles liées à la production et
à la commercialisation des produits perliers et nacriers en Polynésie française. Cette loi a pour buts :
- de restructurer la filière perlicole pour une production mieux organisée et une offre maîtrisée ;
- mettre en œuvre des outils de suivi et de régulation de la production pour une bonne gestion des lagons dans une démarche de
développement durable ;
- diversifier les produits perliers de Polynésie française et certifier l'origine de la perle de culture de Tahiti pour une
meilleure stratégie de commercialisation ;
- Un nouveau mode de gouvernance pour placer les professionnels au cœur du pilotage de la filière ;

- Un partenariat affirmé entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés pour une plus grande transparence et une gestion
plus efficace de la filière.

Ainsi, le Forum de la Perliculture (novembre 2017), initié par la Direction des Ressources Marines (DRM), destiné aux professionnels de
la profession, locaux et étrangers, a pour objectif de présenter la stratégie perlicole, initiée par le gouvernement, et d'informer sur
la mise en œuvre de la loi de Pays du 18 juillet 2017. Cet événement constitue également une occasion, d'examiner, d'exprimer et échanger,
sur toutes les facettes, les problématiques de la perliculture, et de rendre des décisions partagées sur le sujet.

La formation : diagnostic en cours pour une redéfinition de l'offre

Le Centre des Métiers de la Nacre et de la Perliculture (CMNP) a validé le bilan des formations professionnelles « perliculteur » et «
spécialisation et perfectionnement à la greffe » 2016/2017 dispensées à Rangiroa, pour les quatorze stagiaires des 25ème et 26ème
promotions. Sept stagiaires poursuivront leur formation de greffeur pour la rentrée prochaine prévue à compter du 18 septembre 2017.

Le gouvernement souhaite rénover l'offre de formation. Un diagnostic du dispositif actuel est en cours, afin de définir l'offre de
formation qui pourrait être proposée courant 2018 : recensement des besoins des professionnels, moyens mis en place, dispositifs
d'insertion professionnelle, ...

La promotion

Le groupement "Tahitian Pearl Association of French Polynesia (TPAFP)", créé en 2014, est composé des principales organisations professionnelles de la filière perlicole. Il a pour mission la promotion de la perle au niveau international et local, mais aussi le suivi de la production et de la commercialisation de la perle.

Le ministre du Développement des ressources primaires et TPAFP ont signé une convention pour une subvention de 100 millions de F.CFP,
soit le double par rapport aux trois dernières années, destinée à la promotion de la perle de culture de Tahiti pour l'année 2017.

Le soutien du pays est doublé afin d'apporter davantage de visibilité à ce produit phare de la Polynésie française sur les marchés chinois,
japonais et nord-américain, en partenariat avec les associations relais locales (Tahiti Pearl Association of Hong Kong et Tahiti Pearl
Japan).

TPAFP engage, en 2017, un partenariat avec le groupement"Cultured Pearl Association of America (CPAA)" pour développer une application
de formation nommée « Pearl as One » destinée aux professionnels intéressés par la perle de culture de Tahiti. Elle permettra
d'améliorer les ventes.

Par ailleurs, TPAFP prévoit également de développer ses outils de communication et notamment sa page Facebook ainsi que son site
internet et prépare également un évènement phare en 2018 pour rassembler l'ensemble des professionnels. De plus, TPAFP soutient la
Tahiti Pearl Regatta pour une communication renforcée sur la perle durant l'événement, ainsi que l'édition de la revue « Tahiti-Luxury & Dreams » destinée à une clientèle touristique haut de gamme.

Les exportations : hausse des volumes et des recettes des produits perliers

Après une baisse en 2016, les exportations de produits perliers ont rapporté 8,3 milliards de F.CFP à la Polynésie française, soit une progression de 25,4 % par rapport à l'année précédente (+ 1,7 milliards de F.CFP). Elles représentent désormais 64 % de la valeur des exportations locales (+ 4 points par rapport à 2016). La hausse importante des volumes commandés par les pays importateurs explique ce résultat (+ 39,7 %).

FIG 5. Exportations de perles de culture brutes (Indice base 100, année 2008)
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Source : Services des Douanes, ISPF

Les exportations de produits perliers sont classées en trois catégories. Les perles de culture brutes représentent 97 % de la valeur des produits
perliers exportés en 2018. Les ouvrages en perles représentent 2 % de cette valeur et les keishi, mabe et autres perles de culture brutes
teintées 1 %.

Les exportations de perles de culture brutes augmentent de 26,3 % en valeur par rapport à 2016 à 8,1 milliards de F.CFP, soit un montant au
dessus de la moyenne de ces cinq dernières années (7,4 milliards de F.CFP).. Après deux années consécutives de baisse, ces recettes représentent désormais 62,6 % de la valeur totale des exportations locales (+ 4,8 points sur un an).

Ces recettes correspondent à 8,9 millions de perles (+ 46,2 %), pesant un total de 14,7 tonnes (+ 40,5 %), soit un poids moyen par perle de
1,65 gramme, soit une baisse de 3,9 % par rapport à 2016.

FIG 6. Prix et poids de la perle à l'export (Indice base 100, année 2008)
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Source : Services des Douanes, ISPF

Le prix unitaire de la perle de culture brute est en baisse car les volumes ont progressé plus fortement que la valeur. Le prix au gramme
diminue ainsi de 10 % à 551 F.CFP et le prix par perle de 13,6 % à 909 F.CFP.

FIG 7. Importations de nuclei et exportations de perles de culture brutes en volume (Indice base 100, année 2008)
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Source : Services des Douanes, ISPF

Les exportations d'ouvrages en perles ont rapporté 146 millions de F.CFP en 2017(+ 57,9 %). Elles se situent bien au dessus de la moyenne de ces cinq dernières années (109 millions de F.CFP). Cette hausse s'explique par l'important rebond des commandes en provenance des Etats-Unis (+ 68 millions de F.CFP), premier importateur d'ouvrages en perles. Les exportations à destination de la France progresse de 26,2 % (+ 6
millions de F.CFP) et l'Allemagne importe pour 1,9 millions de F.CFP, premier achat depuis cinq ans. En revanche, les exportations baissent
fortement de 73,5 % pour Hong-Kong et de 39,8 % pour les pays de l'Océanie.

La Polynésie française exporte aussi les coquilles de nacre qui ont rapporté 207 millions de F.CFP (+ 46,8 %).

Les principaux pays importateurs de perles noires de Polynésie française sont Hong Kong et le Japon, qui se partagent respectivement 58 % et 37 % des exportations en valeur. Les achats de Hong Kong ont augmenté de 36 % à 4,7 milliards de F.CFP avec un prix moyen par perle de 850 F.CFP, ceux du Japon progressent de 14 % à 3 milliards de F.CFP avec un prix moyen
de 1 022 F.CFP.

Les exportations à destination des Etats-Unis d'un montant de 113 millions de F.CFP croissent augmentent de 24,1 % en 2017, tout comme celles à destination de la Chine, Taiwan et le Vietnam. A l'inverse, les pays d'Océanie diminuent leurs importations de 35 %, soit 37 millions de
F.CFP en moins et ce, pour la deuxième année consécutive).

Les importations de nucléi, tous constitués en nacre, progressent de 17 % en 2017 à 18,2 tonnes. Ils sont essentiellement importés du Japon et
de Chine, respectivement 58 % et 35 % des volumes importés. Les nucléis en corail n'ont pas été importés cette année.