Stabilité de l’emploi et diminution du nombre de demandeurs d’emploi en 2025

Image L’année 2025 marque une stabilisation de l’emploi en Polynésie française. Le taux d’emploi des 15 à 64 ans est de 57,5 %. 105 600 personnes en âge de travailler sont en emploi. Le chômage continue de reculer (- 0,8 point à 6,7 %), traduisant une moindre pression sur le marché du travail. Le nombre de personnes ne souhaitant pas un emploi à court terme progresse de 3 500 personnes pour s’établir à 59 100 personnes dont 28 700 étudiants ou retraités. L’écart d’insertion entre les hommes et les femmes s’amenuit, tandis que les jeunes et les moins diplômés demeurent les plus exposés à la précarité et à l’inactivité.

Numéro : 1505
Dépôt légal : 18 décembre 2025
Collection : Points Etudes et Bilans
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Stabilisation du taux d’emploi à 57,5 % et baisse du taux de chômage à 6,7 %

Le marché de l’emploi se stabilise en 2025, après six années d’amélioration. Le taux d’emploi, c’est-à-dire la part des individus en emploi dans la population en âge de travailler, est de 57,5 % en 2025, en stabilité par rapport à l’année précédente. Le taux d’emploi demeure inférieur à celui de la France hexagonale (68,8 % en 2024) et l’écart se stabilise à 11,3 points sur un an. Il reste aussi en deçà de celui de la Martinique (61 %) et de la Nouvelle-Calédonie (61 %), tout en étant plus élevé que dans les autres collectivités d’Outre-mer.
En 2025, le nombre de personnes occupant un emploi, qu’elles soient salariées ou non, recule de 300 pour s’établir à 105 600 personnes. Parmi elles, 4,6 % se déclarent en sous-emploi soit 4 900 personnes travaillant à temps partiel tout en souhaitant réaliser plus d’heures. Elles étaient 4 700 un an plus tôt, soit 4,4 % des personnes en emploi.
Parallèlement, 10,2 % de la population âgée de 15 à 64 ans déclare souhaiter occuper un emploi, contre 12,1 % en 2024. Cela correspond à 18 800 personnes, soit 3 300 de moins par rapport à 2024. Le nombre de chômeurs, c’est-à-dire les personnes souhaitant occuper un emploi, en recherche active et disponibles immédiatement, diminue de 1 000 personnes pour atteindre 7 600 chômeurs, soit une baisse de 12,2 %.
La population active, regroupant les personnes en emploi et celles au chômage, recule de 1,1 point sur un an pour se situer à 113 200 personnes. Elle représente 61,7 % de la population en âge de travailler et correspond au taux d’activité.
Le taux de chômage, c’est-à-dire la part des chômeurs dans la population active, s’établit à 6,7 % en Polynésie française soit une baisse de 0,8 point sur un an. La Polynésie française demeure le seul territoire français à ne pas proposer d’allocations chômage, contrairement aux autres collectivités d’Outre-mer où ces prestations sont versées en contrepartie d’une recherche active d’emploi.

TABLE 1. Principaux indicateurs d’analyse du marché de l’emploi, comparatif Polynésie française, France métropolitaine, DOMs et Nouvelle-Calédonie

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Source : ISPF - INSEE - ISEE - Enquête Emploi 2019/2025 - Champ : individus de 15 à 64 ans

Le nombre de personnes appartenant au halo du chômage, c’est-à-dire celles souhaitant travailler sans remplir toutes les conditions du chômage, s’établit à 11 200 personnes, soit 2 300 de moins qu’en 2024 (- 17,1 %). Parmi eux, 9 400 se déclarent disponibles mais ne recherchent pas d’emploi, 300 recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines et 1 500 ne recherchent pas d’emploi et ne sont pas disponibles à court terme.
Enfin, le nombre de personnes ne souhaitant pas un emploi à court terme progresse fortement et atteint 59 100 personnes, soit 3 500 de plus qu’en 2024. Elles représentent 32 % de la population, en hausse de 1,9 point sur un an, dont 28 700 sont étudiantes ou retraitées.
Les trajectoires entre emploi, recherche d’emploi et inactivité évoluent de manière contrastée.
Parmi les inactifs de 2024 ne souhaitant pas d’emploi à court terme en 2024, 85 % sont restés dans la même situation un an plus tard, 5 % sont en emploi et 10 % souhaitent désormais travailler.
Du côté des personnes en emploi en 2024, 94 % le sont toujours en 2025, tandis que 3 % déclarent désormais souhaiter en retrouver un et 3 % sont devenues inactives sans souhait de reprise rapide d’activité.
Enfin, parmi les demandeurs d’emploi de 2024, 47 % le sont toujours un an plus tard. 17 % ont trouvé un emploi, et 36 % ne souhaitent plus en chercher à court terme, parfois pour un changement de situation familiale ou un découragement face au marché du travail.
Parmi les 59 100 personnes inactives âgées de 15 à 64 ans et ne souhaitant pas un emploi à court terme, 19 000 sont encore en études ou formation (32 %) et 9 700 se déclarent retraitées (17 %). Les autres se répartissent entre 20 % qui s’occupent d’un ou plusieurs enfants ou d’une personne dépendante, 10 % qui sont confrontées à des problèmes de santé, 5 % qui estiment qu’aucun emploi n’est disponible pour elles et 16 % qui se définissent comme hommes ou femmes au foyer, occupés à leur maison ou à leur terrain.
Six inactifs sur dix ne souhaitant pas occuper un emploi sur dix sont des femmes. Ces personnes sont souvent peu diplômées puisque 65 % ne possèdent aucun diplôme ou seulement un brevet ou un certificat d’études. Près de 43 % ont moins de 30 ans et 35 % ont 50 ans et plus. Moins de la moitié dispose d’un véhicule motorisé (46 %) et quatre sur dix détiennent un permis de conduire. Seules 2 % de ces personnes sont inscrites auprès d’un organisme de recherche d’emploi, contre 20 % de celles qui se déclarent à la recherche d’un emploi.
Par ailleurs, parmi les inactifs ne souhaitant pas occuper un emploi, six sur dix n’ont jamais exercé d’activités professionnelles, contre quatre sur dix parmi les demandeurs d’emploi. Chez celles ayant déjà travaillé, leur dernier emploi s’est terminé par un départ à la retraite pour 30 %, par la fin d’un contrat à durée déterminée (CDD) pour 25 % et par une démission volontaire pour 21 %, tandis que les autres évoquent des raisons de santé, un licenciement ou la disparition de l’employeur.
Les personnes inactives et ne souhaitant pas travailler à court terme se perçoivent en moins bonne santé que celles en emploi ou souhaitant travailler. Elles sont deux fois plus à mentionner une maladie ou un problème de santé chronique, 23 % contre 12 % des personnes en emploi ou en recherche d’emploi et 14 % déclarent être limitées dans leurs activités quotidiennes pour des raisons de santé, contre 6 % des autres.

FIG. 1. Schéma simplifié des concepts d’activité au sens du BIT au deuxième trimestre 2025 (évolution par rapport au deuxième trimestre 2024)

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Source : ISPF - Enquête Emploi 2024-2025, Champ : individus de 15 à 64 ans
Note de lecture : Au deuxième trimestre 2025, 105 600 personnes sont en emploi, soit 300 de moins qu’au deuxième trimestre 2024.

Le taux d’emploi des hommes est 11,9 points plus élevé que celui des femmes

En 2025, l’écart d’intégration dans le marché du travail entre les hommes et les femmes reste important. L’écart entre le taux d’emploi des hommes (63,5 %) et celui des femmes (51,6 %) est de 11,9 points contre 12,7 points un an plus tôt. A titre de comparaison, en France hexagonale, cet écart demeure plus restreint à 5 points au profit des hommes.
Le taux d’emploi masculin recule de 0,5 point, tandis que celui des femmes s’accroît de 0,3 point. Le sous-emploi augmente chez les hommes (+ 0,7 point), mais recule chez les femmes (- 0,3 point) même s’il reste plus important chez ces dernières (4,9 % contre 4,5 %). Le taux de chômage diminue pour les hommes (- 0,3 point) et les femmes (- 1,5 point). L’écart entre les deux genres se resserre à 1,6 point, contre 2,7 points en 2024. La part des femmes inactives ne souhaitant pas un emploi à court terme dans la population augmente à 38,3 % (35,3 % en 2024). Chez les hommes, cette part est nettement inférieure, à 26,2 %, soit un écart de 12,0 points avec les femmes.

TABLE 2. Indicateurs de l’emploi par sexe et âge

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Source : ISPF - Enquête Emploi 2025, Champ : individus de 15 à 64 ans

Le taux d’emploi des 15 à 29 ans recule à 34,1 % en 2025, marquant sa première baisse en quatre ans. Cette diminution est partiellement compensée par la hausse observée chez les 30 à 49 ans (+ 0,4 point) et surtout chez les 50 ans et plus (+ 1,7 point).
Le taux d’emploi des 30 à 49 ans (73,7 %) reste nettement supé rieur à celui des 15 à 29 ans avec 39,6 points d’écart et demeure également 17,3 points plus haut que celui des 50 à 64 ans. Le taux d’inactifs ne souhaitant pas un emploi à court terme s’accroît sensiblement parmi la population des 15 à 29 ans (+ 4,6 points) atteignant 48,3 %. Ce taux est de 16,5 % pour les 30 à 49 ans, et de 40,3 % pour les 50 à 64 ans.
Le taux de chômage reste le plus faible chez les 50 à 64 ans (1,5 %) et le plus élevé chez les 15 à 29 ans (18,6 %).

Diminution globale de l’instabilité dans l’emploi

Le taux d’emplois fragiles, regroupant les contrats courts, les stagiaires et non-salariés contraints recule de 0,7 point pour s’établir à 11,2 % des emplois. La baisse du nombre d’emplois fragiles est compensée par l’augmentation du nombre d’emplois non fragiles contribuant ainsi à une diminution globale de l’instabilité dans l’emploi.
Le nombre d’emplois salariés en contrat à durée indéterminée (61 100, 58 % des emplois) progresse de 3,5 %, tandis que celui des non-salariés par choix (24 700, 23 %) diminue de 2,7 %. Le taux d’emplois fragiles diminue chez les femmes (- 0,6 point à 10,3 %) et chez les hommes (- 0,7 point à 11,9 %).
Chez les 15 à 29 ans en emploi, 21,2 % occupent un emploi considéré comme fragile (stable sur un an). Ce taux diminue légèrement chez les 30 à 49 ans (- 0,6 point à 10,5 %) et chez les 50 ans et plus (- 0,6 point à 6,3 %).
Le diplôme demeure un atout pour trouver un emploi
En 2025, la situation sur le marché du travail des personnes diplômées d’au moins un baccalauréat s’altère un peu, même si elles demeurent mieux insérées que celles ne possédant pas ce diplôme.
Le taux d’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur re cule à 83,9 %, en baisse de 2,7 points, tandis que le taux de chômage reste stable à 2,3 %. L’écart entre les diplômés ayant validé deux années d’études supérieures (81,8 % de taux d’emploi) et ceux titulaires d’un diplôme de cinq années ou plus (89,6 %) se réduit légèrement à 7,8 points.
Le taux d’emploi des détenteurs d’un baccalauréat uniquement diminue de 2,4 points sur un an (62,9 %), tandis que leur taux de chômage reste stable à 8,8 %.
Dans le détail, les titulaires uniquement d’un baccalauréat professionnel ont une insertion (68 % de taux d’emploi) plus élevée que ceux titulaires uniquement d’un baccalauréat technologique (59 %) ou d’un baccalauréat général (57 %).
Le taux d’emploi des détenteurs d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ou d’un brevet d’études professionnelles (BEP) progresse légèrement (+ 0,5 point à 62,2 %), se rapprochant de celui des bacheliers. Les titulaires d’un BEP sont plus en emploi (66 %) que ceux titulaires d’un CAP (58 %).
En revanche, les détenteurs d’un diplôme national du brevet (DNB) ou d’un certificat d’études primaires (CEP) restent les moins insérés sur le marché du travail. Seules 37,7 % de ces personnes occupent un emploi et leur taux de chômage reste élevé à 8,8 %. Enfin, parmi ces personnes non diplômées, une sur deux est en emploi (49,3 %) et leur taux de chômage est de 7,5 %. Ce résultat s’explique en partie par le fait que les personnes en emploi sans diplôme sont, en moyenne, plus âgées, traduisant un effet de structure.

TABLE 3. Indicateurs de l’emploi par diplôme le plus élevé

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Source : ISPF - Enquête Emploi 2025, Champ : individus de 15 à 64 ans

L’emploi se contracte plus fortement dans la zone urbaine de Tahiti et dans les Îles Sous-le-Vent

L’emploi dans la zone urbaine de Tahiti (60,7 %, Punaauia à Mahina) est en retrait de 1,5 point par rapport à 2024, alors qu’il progresse de 2,2 points dans la zone rurale de Tahiti et Moorea (51,2 %). L’écart entre la zone urbaine et la zone rurale se réduit ainsi à 10,4 points après avoir progressé les deux années précédentes. Le taux d’emploi dans les Îles Sous-le-Vent (56,6 %) recule de 2,4 points en 2025. Le taux de chômage dans la zone urbaine de Tahiti (- 0,6 point) diminue plus faiblement que dans la zone rurale, où il recule de 3,9 points pour s’établir à 7,2 %. L’écart de taux de chômage entre la zone urbaine et la zone rurale se réduit ainsi à 0,6 point. Dans les Îles Sous-le-Vent, le chômage se redresse de 4,5 points, atteignant 7,4 %.
Parmi les personnes souhaitant travailler, la part des chômeurs - ceux qui sont disponibles pour travailler et sont activement en recherche - est plus importante dans la zone urbaine de Tahiti et aux Marquises. Dans ce dernier archipel, le taux d’emploi est de 64,3 %, soit 3,9 points de plus qu’en 2022, date de la précédente interrogation de cet archipel. Le taux de chômage aux Marquises est en baisse de 1,8 point à 7,4 %.

TABLE 4. Indicateurs de l’emploi par zone géographique

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Source : ISPF - Enquête Emploi 2025, Champ : individus de 15 à 64 ans