Contexte
Le contexte éducatif en Polynésie Française diffère de celui de la France métropolitaine : les difficultés scolaires qu’y rencontrent les élèves y sont plus élevées, comme en attestent de nombreux indicateurs. Le plus extrême d’entre eux concerne le décrochage scolaire, plus important sur ce territoire d’Outre-mer qu’en Métropole. Or, les études sur le décrochage scolaire évoquent un processus multifactoriel dépendant largement des interactions entre les agents scolaires, les élèves eux-mêmes et leur entourage proche. En effet, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène : exclusion, abandon, échec à l’examen, impossibilité de suivre l’orientation voulue, problèmes de niveau scolaire (se traduisant par de mauvaises notes), sentiment que le travail demandé est trop difficile, difficultés relationnelles au sein des établissements (enseignants, élèves), rejet de la norme scolaire, problèmes personnels, etc.
En Polynésie Française, globalement, la moitié des élèves serait en difficulté scolaire au niveau du primaire et de l’entrée au collège, comme le relèvent des travaux scientifiques menés dans différents établissements et à partir de plusieurs données (résultats aux évaluations à l’entrée en 6ème notamment).
Face à ce constat, les services polynésiens ont accompli un important travail de repérage des « décrocheurs » scolaires et de lutte contre le phénomène du décrochage depuis 2015, avec des résultats positifs : baisse des chiffres concernant la déscolarisation et le décrochage scolaire sur les trois dernières années, ouverture d’une antenne de la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire à la rentrée 2018.
Pour autant, ces résultats globaux masquent d’importantes disparités selon les établissements et à l’intérieur des établissements, qui sont tout à la fois socioéconomiques, socio-ethniques et géographiques et pour lesquels un éclairage scientifique doit être apporté aux pouvoirs publics.
C’est dans ce cadre que la DGEE a souhaité collaborer avec l’Ined et l’ISPF en vue de réaliser une enquête sur l’éducation, notamment sur les parcours scolaires en Polynésie Française, interrogeant tout à la fois les rapports aux institutions éducatives, l’évolution de la scolarité et les trajectoires sociorésidentielles des familles de jeunes collégiens de 3ème.
Objectifs
L’enquête se donne pour objectif de se focaliser sur la classe de 3e, classe charnière avant le passage éventuel au lycée et finalisée par le premier examen national du BEPC.
Le choix du collège se justifie par le niveau scolaire des répondants mais également par la présence de huit établissements dans les archipels éloignés. En effet, la mobilité comme l’organisation familiale autour de la scolarité passée, présente et envisagée sera au cœur des interrogations ainsi que les trajectoires familiales qui s’inscrivent sur l’ensemble du territoire. Les hypothèses relatives aux difficultés scolaires sont mobilisées ainsi que celles relatives aux « parcours de réussite ».
Les élèves seront ainsi interrogés sur leurs parcours jusqu’en classe de 3e (niveau, difficultés, déplacements géographiques, inscription familiale) et sur une importante projection à court terme, autrement dit l’éventuel passage au lycée en septembre 2020. Des questions sur les transports, les lieux de vie et l’entourage, articulées aux origines socio-économiques identifiables par les élèves seraient également posées, dans la logique du projet d’ensemble avec ses thématiques (famille à distance, mobilités, accès aux services).
L’ensemble des établissements (publics et privés) est visé ainsi que les sections spécialisées. L’enquête sera ainsi administrée dans les 34 collèges de la Polynésie Française ainsi que dans les sections spécialisées de niveau collège (CJA, Segpa, MFR).
Modalités d'exécution
Afin d’étudier les trajectoires scolaires des élèves et les mobilités qu’implique parfois le passage au lycée, cette enquête a pour cible l’ensemble des élèves scolarisés en classe de 3ème sur toute l’étendue du territoire polynésien. Il s’agira de recueillir des informations sur le collégien, sa famille, son cadre de vie, les événements marquant de sa vie, sa scolarité antérieure et actuelle, et son avenir.
L’enquête est envisagée sous la forme d’un questionnaire auto-administré d’une durée estimée de 20 à 40 minutes. Le questionnaire est destiné à être complété par les élèves eux-mêmes, accompagnés par un enseignant ou un personnel de l’établissement.
La passation interviendra dans la semaine du 22 au 26 avril 2019 en classe, au cours d’une heure banalisée, choisie par le chef d’établissement. Une fois complétés, les questionnaires seront retournés par la Poste à l’ISPF à raison d’une enveloppe par classe, au plus tard le 30 avril 2019. Les questionnaires retardataires, c’est-à-dire qui n’auraient pas été complétés au cours de l’heure banalisée, ne seront pas pris en compte.
L’enquête a été précédée d’une phase de test du questionnaire (qualité, acceptation par les personnes enquêtées, modalité de passation, …) aux frais de l’Ined, dans une classe de 3ème générale du Collège du Taaone à Papeete le 14 février 2019.
Le fichier brut de collecte
Le fichier brut de collecte est le fichier regroupant l’ensemble des réponses aux questionnaires collectées auprès des personnes enquêtées par la DGEE et saisies par l’ISPF. Il rassemble l’intégralité des informations collectées lors de l’Enquête, de par la structure du questionnaire, le fichier sera anonymisé. Ce fichier sera constitué par l’ISPF au plus tard 3 mois après la collecte. C’est à partir de ce fichier de données brutes que sera élaboré le fichier de production et de recherche.
Le fichier de production et de recherche
La constitution du fichier de production et de recherche sera réalisée par l’Ined à partir du fichier brut totalement anonymisé. Ce fichier sera rendu définitif dans un délai de 10 mois après la transmission par l’ISPF du fichier brut de collecte. Ce fichier sera transmis aux Parties au plus tard 10 mois après la réception du fichier brut de l’ISPF par l’Ined. Le contenu du fichier de production et de recherche devra être aussi complet que possible sans pour autant rompre l’anonymat.
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