Bilan de l’emploi en 2020

Image En 2020, les effectifs salariés annuels moyens déclarés à la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS) ont régressé de 2 050 emplois (- 3,1 %) depuis 2019 pour atteindre 64 050 emplois. Marquée par l’épidémie de Covid-19 et ses conséquences économiques, cette baisse des effectifs est la première depuis 2015. Sur un an, l’effectif moyen en équivalent temps plein diminue de 5,9 % par rapport à 2019. La masse salariale décroît de 4,6 % et le salaire moyen brut équivalent temps plein progresse à 334 100 F.CFP. Sur le marché du travail, les tensions diminuent et le nombre de demandeurs d’emploi augmente concomitamment avec un nombre d’offres d’emploi aidé en forte hausse. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont des profils toujours plus recherchés.

Numéro : 1287
Dépôt légal : 1 novembre 2021
Collection : Points Etudes et Bilans
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Les emplois dans l’administration et la construction sont les seuls en hausse

Le nombre moyen d’emplois salariés (hors CAE et stagiaires) a diminué de 2 050 en 2020, soit une perte de 3,1 % des effectifs. Cette baisse est liée à la hausse continue mais raisonnable des effectifs depuis 2015. L’emploi avait progressé en moyenne de 1,8 % par an (1 100 emplois par an) depuis 2015. Le nombre d’emplois salariés à la fin de l’année 2020 est proche de celui observé au milieu de l’année 2018 (66 000). Le confinement de la population de mi-mars à mi-mai 2020, ayant entraîné notamment un arrêt des liaisons aériennes et des flux touristiques, a eu pour conséquence une diminution de 9 % des effectifs entre le premier et le deuxième trimestre 2020. Les effectifs se sont ensuite repris de 5 % au deuxième trimestre, puis de 1 % au quatrième trimestre. Les dispositifs RES, DIESE et CSE mis en place par le gouvernement polynésien ont permis aux employeurs de maintenir les salariés dans les entreprises concernées par la crise économique et sociale.

TABLE 1. Emploi salarié annuel selon le secteur d'activité
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Source : CPS, ISPF

Les secteurs du tertiaire marchand (- 6,4 %), de l’industrie (- 1,9 %) et du primaire (- 20,0 %) ont considérablement impacté la baisse de l’emploi. Les évolutions d’emplois dans la construction (+ 6,9 %) et le tertiaire non marchand (+ 2,2 %) n’ont pas permis de compenser cette diminution.

Les effectifs du secteur non marchand se maintiennent...

En 2020, les effectifs du secteur non marchand augmentent de 2,2 %, soit une hausse de 400 emplois alors que les effectifs du secteur de l’enseignement, santé humaine et action sociale sonteux en diminution de 0,2 %. Les effectifs de l’administration publique sont en augmentation de 3,0 %. Le nombre de salariés des administrations d’État déclarés à la CPS[^1] croît de 4,8 % (1 980 emplois), celui des administrations du Pays est en hausse de 3,3 % (5 670) et celui des communes augmente de 2,4 % (5 030).

... et ceux du secteur marchand sont en retrait

L’emploi salarié dans le secteur tertiaire marchand diminue de 6,3 % en 2020. Les effectifs du commerce, soit 15 % du total des salariés polynésiens, sont en retrait de 2,0 %. Le commerce automobile subit la décroissance la plus importante de ses effectifs avec - 3,9 % en 2020. Ceux du commerce de gros régressent de 1,2 % et ceux du commerce de détail de 2,2 %. Les effectifs des hypermarchés sont stables (+ 0,2 %) et ceux des commerces d’alimentation générale sont en hausse de 4,7 %.
Dans le secteur du transport et entreposage, les effectifs diminuent de 3,8 %. Hormis les transports terrestres (+ 2,4 %), les transports aériens (- 5,3 %) et maritimes (- 6,5 %) sont impactés par la forte diminution du nombre de touristes en Polynésie française.
Les effectifs du secteur de l’hôtellerie-restauration sont en diminution de 18,3%à 6 350 emplois (- 1 400 emplois en 2020). L’emploi dans l’hôtellerie a le plus souffert (- 23,5 %) par suite de la fermeture temporaire ou définitive de nombreux établissements, les effectifs de la restauration sont moins impactés (- 8,3 %).
L’emploi dans le secteur des communications est stable (- 0,1 %). Les effectifs des activités informatiques progressent de 8,4 % et ceux des télécommunications de 0,5%tandis que l’emploi diminue de 3,8 % dans les activités d’édition.
Dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, la hausse est de 2,8 %. Les activités d’architecture progressent de 15,3 %, alors que celles de publicité et d’études de marché sont en retrait de 15,6 %. Les effectifs pour les activités de soutien aux entreprises diminuent de 4,9 %, pour la première fois après six années de croissance continue. L’emploi est particulièrement en recul dans l’intérim (- 18,4 %) et dans les agences de voyage (- 11,4 %).
Les effectifs de l’industrie diminuent de 1,9 %. Ils décroissent de 12,9 % dans les industries extractives et de 2,2 % dans les industries manufacturières. L’emploi progresse de 1,1 % dans l’industrie alimentaire mais diminue de 2,8 % dans la fabrication de boissons. Les emplois se sont maintenus dans l’industrie des produits métalliques en lien avec le bon maintien de la construction. Les effectifs du secteur de la production et distribution d’énergie sont en augmentation de 2,3 % et ceux de la production et distribution d’eau, d’assainissement et gestion des déchets en diminution de 0,3 %.
Dans la construction, la hausse est principalement soutenue par le gros oeuvre (+ 14,1 %), alors que les emplois dans les travaux publics (+ 1,5 %) et le second oeuvre ont été préservés (+ 2,9 %).
Dans le secteur primaire, l’emploi du secteur perlicole diminue de 39 %, avec 590 emplois contre 960 un an plus tôt. L’emploi dans l’agriculture, la pêche et l’aquaculture en eau douce s’est maintenu.

La baisse de l’emploi est plus marquée dans les structures de moins de 250 salariés

En 2020, la diminution de l’emploi est plus soutenue pour les petites et moyennes entreprises. L’emploi n’a diminué que de 1,6 % dans les entreprises de plus de 250 salariés alors qu’il régressait de 6,0 % dans les structures de 50 à 250 salariés. Dans les entreprisesde moins de 50 salariés, l’emploi a décru de 2,7 %.
Neuf entreprises sur dix emploient moins de 10 salariés mais elles ne totalisent que 22 % des salariés. Les entreprises employantplus de 250 personnes sont peu nombreuses (28 au total) et concentrent 31 % des emplois salariés en 2020. Les dix plus importantes structures représentent 21 % des effectifs.

La diminution d’emplois est principalement due aux entreprises pérennes

Le nombre d’établissements employeurs diminue en 2020 après deux années de hausse. Le taux de cessation d’employeurs s’accroît d’un point à 15,8 %. Le nombre de nouveaux employeurs est en baisse de 221 unités, soit un taux de création de 12,4 % au plus bas. Ces nouveaux employeurs ont créé moins d’emplois que les années précédentes. Le stock brut d’emplois créés moins ceux supprimés par les entreprises fermées est de - 100 emplois et se retrouve pour la première fois négatif depuis 2015.
Trois cents établissements employeurs de moins ont déclaré des salariés en 2020. Les employeurs présents en 2019 et en 2020 (87 % des établissements) ont débauché 1 950 personnes supplémentaires, soit une baisse de 3,0 % de leurs effectifs.

TABLE 2. Emploi salarié et établissements employeurs
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Source : CPS, ISPF

La durée moyenne du travail recule en 2020

En 2020, la durée moyenne mensuelle de travail a diminué fortement à 141,7 heures par rapport à 2019 (146,0 heures). Le volume total d’heures déclarées est en baisse de 5,9 %. Le nombre de salariés réalisant des heures supplémentaires est en régression (10,3%). Le nombre de personnes travaillant à temps partiel (38,7 %) est en hausse par rapport à 2019. Les hommes demeurent deux fois plus nombreux à effectuer des heures supplémentaires (14 % contre 6 % des femmes); les femmes sont davantage employées à temps partiel (42 % contre 36 % des hommes).

Le salaire moyen est en progrès

TABLE 3. Salaire moyen équivalent temps plein selon le secteur d'activité
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Source : CPS, ISPF

En 2020, le salaire brut moyen pour 141,7 heures travaillées est de 280 200 F.CFP, en baisse de 1,5 % sur un an. Il correspond à un salaire net de 238 300 F.CFP au 31 décembre 2020.
Le nombre d’emplois en équivalent temps plein régresse de 5,9% et s’établit à 53 710 postes. Le salaire brut moyen en équivalent temps plein croît de 1,4 % et se situe à 334 100 F.CFP.
Le salaire moyen du secteur primaire est stable à 214 500 F.CFP. Dans la construction, il est en baisse de 0,9 %, alors qu’il progresse de 1,0 % dans l’industrie. Il est stable dans le commerce et progresse de 7,0%dans l’hôtellerie-restauration. Dans l’administration publique, il diminue de 0,5 %. Il est cependant en hausse de 1,6 % dans l’enseignement, santé humaine et action sociale.
En 2020, le SMIG horaire polynésien s’est maintenu à 904,82 F.CFP soit 152 914 F.CFP brut depuis la dernière augmentation d’octobre 2014 pour 169 heures de travail et 131 953 F.CFP net. L’évolution du salaire moyen est plus importante que celle de l’indice des prix à la consommation qui est stable (- 0,1 %).
En 2020, la médiane des salaires perçus diminue de 0,2 %. La moitié des salariés perçoit moins de 213 100 F.CFP brut contre 213 600 F.CFP en 2019. Un quart des salariés gagne moins de 152 900 F.CFP et un autre quart plus de 349 600 F.CFP.
La rémunération moyenne des femmes est de 334 400 F.CFP (en équivalent temps plein), contre 333 900 F.CFP pour les hommes. Pour la première fois, la rémunération moyenne des femmes est égale à celle des hommes alors que l’écart entre hommes et femmes était de 2,3 % en 2019. L’écart entre hommes et femmes a encore régressé dans le privé (+ 4,6 % en 2019) et celui dans le secteur public s’est accru au profit des femmes (5,8 %).
Le nombre de salariés percevant moins de 100 000 F.CFP brut par mois est en augmentation; ils représentent 15 % des effectifs (9 600). Les salariés dont la rémunération est comprise entre 100 000 et 300 000 F.CFP ont été les plus impactés; leur nombre diminuent de 6,1 % (34 500). Le nombre de salariés gagnant plus de 600 000 F.CFP par mois est celui qui diminue le moins (- 2,1 %); ils sont en moyenne 4 960 et représentent 7,7 % des effectifs.

La masse salariale en baisse hormis dans le tertiaire non marchand

TABLE 4. Masse salariale annuelle selon le secteur d'activité
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Source : CPS, ISPF

En 2020, la masse salariale décroît de 4,6 % après la hausse de 2,4 % en 2019. Sur cinq ans, elle progresse tout de même de 5,6 %, soit une hausse annuelle moyenne de 1,1 %.
La masse salariale de l’industrie diminue de 3,6 % et celle du secteur primaire de 27,3 %, alors que la masse salariale de la construction est en hausse de 3,2 %. La diminution de la masse salariale dans le secteur tertiaire marchand (- 9,2 %) est généralisée et particulièrement marquée dans les secteurs liés au tourisme : transport et entreposage (- 12,5 %) et hébergement et restauration (- 26,5 %).
La masse salariale des entreprises de moins de 250 salariés s’est réduite de 5,9 % alors que celle de 250 salariés et plus a régressé de 2,5 %. La masse salariale correspondant aux salaires de moins de 400 000 F.CFP est en baisse de 5,2 %; elle décroît de 3,9 % pour les salaires supérieurs à 400 000 F.CFP.
Dans l’administration publique, elle s’accroît de 2,4 %. La masse salariale des administrations de l’État progresse de 2,4 %, celle du Pays de 3,5 % et celle des communes de 1,6 %.
La masse salariale a diminué de 4,6 %, alors que le salaire moyen équivalent temps plein a progressé de 1,4 %. Cet écart s’explique par une baisse moins marquée des effectifs annuels de - 3,1 %, mais plus importante de l’horaire moyen de - 5,9 %.

Un marché du travail en tension

TABLE 5. Demandes d'emplois
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Source : SEFI, ISPF

En 2020, le nombre de demandeurs d’emploi différents est en hausse de 12,4 % (31 100) et le stock moyen de demandes d’emploi à chaque fin de mois (DEFM) est en forte baisse (10 500). Au 31 décembre 2020, le stock est de 10 040 DEFM, en progression de 0,8 % en glissement annuel. Le nombre de primo-demandeurs croît de 21,2 % à 5 600.
Le nombre de demandeurs en fin de mois diminue quel que soit l’âge, mais cette baisse est plus marquée pour les femmes. Le nombre de ceux inscrits depuis moins de trois mois diminue plus faiblement que celui des inscrits depuis plus de trois mois.
Les personnes avec un diplôme inférieur au baccalauréat sont moins nombreuses. Les diplômés du baccalauréat et de l’enseignement supérieur représentent 44 % des demandeurs en 2020.
Le nombre de demandeurs diplômés du BTP est en retrait de 25 %, ceux du commerce et de l’hôtellerie-restauration sont moins impactés.

Les offres d’emploi aidé sont plus nombreuses

Le nombre d’offres d’emploi de toutes natures croît de 32 % en 2020, soit 12 900 propositions. Les offres d’emploi normal diminuent de 37 % à 2 400 postes offerts. Les offres d’emploi aidé sont en forte augmentation de 77 %. Celles pour le secteur marchand diminuent de 4 % à 2 090 postes offerts et celles du secteur non marchand progressent de 188 % avec la création de près de 4 000 contrats d’accès à l’emploi de solidarité (CAES). Les offres en stage de formation professionnelle régressent de 54 %.
Les postes en CDD représentent 54 % des offres en 2020, tandis que les offres en CDI sont en diminution de 28 %. Les créations de postes sont en baisse de 28 % et représentent un tiers des offres.
Les offres à destination des diplômés de l’enseignement supérieur demeurent les plus nombreuses et concernent 41 % de l’offre normale, soit 970 postes en 2020. Une offre sur cinq est proposée aux personnes sans diplôme.
Les secteurs offrant le plus de postes sont l’hôtellerierestauration, les activités de commerce et la construction.

TABLE 6. Nouvelles offres d’emploi (nb de postes offerts)
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Source : SEFI, ISPF

Un marché du travail qui est moins tendu

Toutes offres confondues, le nombre de demandes pour une offre d’emploi diminue en 2020, passant de 2,9 à 2,7. Plus ce ratio se rapproche de 1, plus le marché du travail se rapproche de l’équilibre.

FIG. 1. Ratio nombre de demandeurs pour une offre d’emploi
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Source : SEFI, ISPF