Bilan de la pêche en 2024
En 2024, la filière pêche de Polynésie française montre une dynamique contrastée, mais les niveaux de capture restent élevés. Renforcée par l’arrivée de nouveaux navires, la flottille hauturière maintient une légère hausse de production malgré la baisse du nombre d’hameçons lâchés. La pêche côtière reste stable grâce à un effort de pêche accru et l’aquaculture se relance avec le rebond de la crevetticulture.
La production de produits de la pêche
La pêche en Polynésie française est constituée de quatre filières. La plus importante en termes de production est la pêche hauturière (deux tiers de la production). En 2024, elle est composée d’une flottille de 82 thoniers palangriers (dont 26 mesurent de moins de 16 mètres et sont dédiés à la pêche fraîche) et de thoniers mixtes (dont 28 mesurent plus de 20 mètres).
Il coexiste une pêche traditionnelle et artisanale, de type familial, appelée la pêche côtière. Sa flottille se compose de 320 poti marara (en bois ou en fibre de verre, de 6 à 8 mètres) et de 24 bonitiers (en bois, de 10 à 13 mètres). La production globale de pêche hauturière et côtière s’améliore de 1,0 % pour atteindre 11 194 tonnes en 2024, soit près de 2 000 tonnes de plus que la moyenne des cinq dernières années (9 300 tonnes).
La production hauturière augmente de 1,3 %, tandis que la production côtière reste stable.
FIG. 1. Production en volume des produits de la pêche (en tonnes)
Source : Direction des ressources marines
Deux autres modes de pêche complètent la production globale. En grande partie non marchande et principalement liée à l’autoconsommation, la production de la pêche lagonaire est estimée à 7 064 tonnes par la Direction des ressources marines en 2024, dont 5 700 tonnes de poissons récifo-lagonaire. La production aquacole, essentiellement constituée de crevettes, atteint 116 tonnes.
Pêche hauturière : une production favorisée par l’augmentation de la flottille
La production de la flottille hauturière atteint 8 790 tonnes en 2024, grâce à une hausse du nombre de bateaux actifs (+ 4 unités par rapport à 2023) qui compense la diminution du nombre d’hameçons posés (- 7 %). Cette augmentation de la production n’est imputable qu’aux thoniers de pêche réfrigérée (+ 2,7 %, 8 700 tonnes) car la production congelée (88 tonnes) recule de 57 %. La production exportée (qui provient exclusivement de la pêche hauturière) progresse de 2,7 % sur un an pour totaliser 2 235 tonnes, soit un quart de la production hauturière comme l’année précédente.
FIG. 2. Part de la production exportée (en tonnes)
Source : Direction des ressources marines
Si le thon germon reste l’espèce majoritaire dans la pêche hauturière polynésienne (56,9 % de la production) et que les volumes capturés demeurent élevés, la production diminue de 3,1 % par rapport à 2023. La croissance du secteur hauturier repose sur l’augmentation des captures de thons jaunes (+ 10,7 %), de thons obèses (+ 4,9 %) ainsi que d’autres poissons (marlins bleus et thazards essentiellement).
TABLE 1. Indicateurs Pêche hauturière
Source : Direction des ressources marines
Pêche côtière : une production stable sur un an
Bien que la flottille côtière ait diminué par rapport à l’année précédente (- 9 unités), l’augmentation de l’effort de pêche a permis de maintenir la production au niveau de 2023, soit 2 400 tonnes.
Contrairement à la flottille hauturière, les captures de thons jaunes (36,7 % des captures) reculent de 11,0 % (880 tonnes), tan dis que celles de bonites progressent de 17,0 % (459 tonnes) et celles de thons germons de 25,2 % (354 tonnes).
FIG. 3. Nombre de dispositifs de concentration de poissons (DCP) actifs en fin d’année
Source : Direction des ressources marines
Les navires (bonitiers et poti marara) sont majoritairement basés aux Îles du Vent (55,5 %), et aux Îles Sous-le-Vent (26,2 %). Ainsi, 50,8 % des captures totales sont réalisées aux Îles du Vent, contre 21,6 % aux Îles Sous-le-Vent. Les captures progressent dans l’ensemble des archipels, à l’exception des Tuamotu-Gambier (- 17,4 %, 184 tonnes) et des Îles Sous-le-Vent (- 11,9 %).
TABLE 2. Indicateurs Pêche côtière
Source : Direction des ressources marines
Production aquacole : Reprise de la production de crevettes En Polynésie française, la production aquacole est composée de trois branches : l’aquaculture de la crevette, celle du bénitier et la pisciculture du paraha peue (poisson-lune ou platax). En 2024, la production de crevettes en Polynésie française se redresse à 116 tonnes après un niveau de 86 tonnes en 2023. Cette production a été réalisée par quatre fermes en bassin pour une valeur totale commercialisée inférieure à 300 millions et 22 emplois déclarés.