Bilan des prix 2025
En Polynésie française, les prix à la consommation enregistrent une hausse de 1,3 % en moyenne annuelle sur l’année 2025, contre + 1,2 % en 2024. Cette inflation résulte essentiellement de la hausse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, du logement et des services associés ainsi que de la restauration. Cette hausse est partiellement compensée par la baisse des prix des transports et des articles d’habillement et chaussures.
Avertissement
Cette publication présente l’évolution des moyennes annuelles des prix à la consommation au cours de l’année 2025. Les indices de prix pour le mois de décembre 2025 en variation mensuelle et en glissement annuel font l’objet d’un autre numéro dans la collection « Points conjoncture de la Polynésie française ». Moyenne annuelle et glissement annuel sont des concepts différents : l’évolution en moyenne annuelle compare les prix d’une année donnée à ceux de l’année précédente; le glissement annuel compare les prix d’un seul mois d’une année donnée à ceux du même mois de l’année précédente.
L’inflation en Polynésie française au regard des autres économies
L’indice des prix à la consommation (IPC) en Polynésie française s’établit à 112,41 en moyenne en 2025, alors qu’il était de 111,00 en moyenne en 2024. L’inflation en Polynésie française reste ainsi modérée : + 1,3 % en 2025, contre + 1,2 % en 2024.
La France hexagonale, la Nouvelle-Calédonie ou encore les États-Unis voient également leur inflation reculer ou se stabiliser par rapport à 2024. Ce ralentissement s’explique notamment par la baisse des tarifs du transport aérien de voyageurs et du carburant, grâce au recul du prix du pétrole en 2025. La flambée de la production pétrolière entraînée par la politique de surproduction des membres de l’Opep+, combinée à une demande en berne, provoque un excédent mondial de pétrole. Ainsi, le prix du baril de Brent passait de 79,3 dollars US en janvier 2025 à 63,9 dollars US en octobre 2025.
L’inflation recule aussi dans l’ensemble des départements d’Outre-mer par rapport à 2024, notamment en lien avec la diminution des coûts de l’énergie (- 6,0 % en moyenne annuelle sur les tarifs de l’électricité en 2025, contre + 7,7 % en 2024).
Même si leur inflation recule par rapport à 2024, la Nouvelle-Zélande et l’Australie se démarquent des autres territoires avec une évolution des prix plus importante, expliquée en partie par la hausse des prix des logements et services associés.
L’augmentation des prix de l’alimentation est généralisée dans l’ensemble de ces territoires avec les plus fortes progressions enregistrées à Mayotte (+ 4,8 % en moyenne annuelle en 2025, due notamment à l’augmentation de 8,9 % des produits frais) et en Nouvelle-Zélande (+ 3,9 % en moyenne annuelle en 2025), contre + 2,0 % en Polynésie française en moyenne annuelle.
FIG. 1. Évolution de l’inflation en moyenne annuelle depuis dix ans
Source : ISPF, IPC
TABLE 1. Inflation en moyenne annuelle en 2024 et en 2025 sur différents territoires
Source : ISPF, INSEE, ISEE, U.S. Bureau of Labor statistics, Stats NZ TataurangaAotearoa, Australian Bureau of Statistics
TABLE 2. Inflation en moyenne annuelle en 2024 et en 2025 sur les départements d’Outre-mer
Source : ISPF, INSEE
Les dépenses liées à l’alimentation et aux loyers sont les principaux facteurs de l’inflation
En 2025, l’inflation en Polynésie française est expliquée principalement par l’augmentation des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (+ 2,0 % en moyenne annuelle en 2025, après + 0,4 % en 2024). Les principales contributions à la hausse dans cette catégorie proviennent des viandes (+ 1,6 % en 2025 après - 1,7 % en 2024), des pains et céréales (+ 2,6 % après + 0,3 %), ainsi que des eaux minérales, boissons rafraîchissantes et jus de fruits (+ 7,9 % après + 0,4 %) et des sucres, confitures, miels, chocolats et confiseries (+ 9,9 % après + 1,5 %). La progression particulièrement marquée des prix pour ces deux dernières catégories s’inscrit dans le contexte de la hausse de la TVA sur les produits sucrés appliquée au 1er janvier 2025, avec un relèvement du taux de 5 % à 16 %. Le poste « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » poursuit son évolution au même rythme qu’en 2024, soit + 1,9 % en moyenne annuelle en 2025. Cette augmentation est essentiellement imputable aux loyers réels d’habitation (+ 4,1 % en moyenne annuelle en 2025 après + 4,4 % en 2024). Dans une moindre mesure, les tarifs dans « l’hôtellerie, café, restauration » (+ 1,8 % en moyenne annuelle en 2025 après + 3,2 % en 2024) sont tirés vers le haut par la hausse des prix dans les restaurants, snacks et roulottes (+ 2,3 % en moyenne annuelle en 2025, contre + 3,3 % en 2024). Le coût des « Autres biens et services » continue de progresser en 2025 (+ 4,8 % en moyenne annuelle en 2025 après + 3,0 % en 2024), hausse expliquée notamment par celle des tarifs des assurances (+ 7,7 % en moyenne annuelle en 2025, après + 3,5 % en 2024).
Les évolutions des prix du transport, de l’habillement et des communications freinent l’inflation
Les coûts du transport diminuent de 0,3 % en moyenne annuelle en 2025, après + 0,2 % en 2024. Plusieurs facteurs expliquent ce recul, notamment la baisse du prix des carburants et des voitures particulières et la baisse généralisée des prix des services de transport. La plus forte diminution est enregistrée pour le transport de voyageurs par route (- 27,6 % en moyenne annuelle en 2025 contre + 0,0 % en 2024), expliquée par la mise en place d’un tarif unique dans les bus de Tahiti quel que soit le trajet emprunté. Les prix des articles d’habillement et articles chaussants accentuent leur baisse en 2025 (- 6,0 % en moyenne annuelle après - 4,6 % en 2024). Les coûts des communications, déjà en recul en 2024, affichent une plus forte diminution en 2025 (- 4,5 % en moyenne annuelle après - 2,5 % en 2024).
TABLE 3. Moyenne annuelle de l’indice général et des 12 postes de consommation qui le composent
Source : ISPF
L’évolution des prix sur dix ans
Depuis 2015, les dépenses liées à cinq postes de consommation augmentent de façon continue en Polynésie française. Il s’agit d’abord de l’alimentation (+ 27,7 % en glissement depuis dix ans), du logement et des services associés (+ 25,6 %), ainsi que d’autres biens et services telles que les assurances (+ 20,2 %). Ces postes réunis influencent fortement l’évolution de l’inflation en raison de leur poids important dans le budget des ménages polynésiens (soit plus de 50 % de l’ensemble des dépenses en moyenne sur dix ans).
FIG. 2. Évolution des postes de dépenses qui augmentent depuis dix ans (Base 100 Décembre 2017)
Source : ISPF
Le secteur de l’hôtellerie, cafés et restauration affiche la progression la plus marquée (+ 35,6 % en glissement sur dix ans), tandis que les boissons alcoolisées et le tabac (+ 28,9 % en glissement sur dix ans) contribuent également à la hausse des prix.
À noter que l’ensemble de ces postes subissent un envol de leurs prix à partir de l’année 2022, qui s’inscrit dans un contexte mondial induit notamment par des difficultés d’approvisionnement en matières premières, la relance économique mondiale, les dernières vagues de Covid-19 en Asie ou encore la guerre en Ukraine.
À l’inverse, le recul des prix dans les communications (- 61,9 % en glissement sur dix ans) ainsi que les articles d’habillement et chaussures (- 45,2 % en glissement sur dix ans) contribue à modérer l’évolution globale de l’inflation. Les domaines du transport (- 4,7 % en glissement sur trois ans) et de l’ameublement (- 0,5 % en glissement sur trois ans) participent également à faire reculer l’inflation depuis 2022.
FIG. 3. Évolution des postes de dépenses participant au recul de l’inflation depuis dix ans
Source : ISPF
L’inflation pèse toujours davantage sur les ménages à faibles revenus en 2025
La valeur moyenne de l’indice ouvrier en 2025 est de 114,72 (contre 112,86 en moyenne en 2024), ce qui représente une augmentation des prix en moyenne annuelle de 1,6 % pour les ménages ouvriers (contre + 1,3 % pour l’ensemble des ménages). Les dépenses liées à l’alimentation et au logement ont une part plus importante dans le budget des ménages ouvriers. Or, ces postes de dépenses ont connu des hausses de prix marquées (+ 3,0 % pour l’alimentation, + 1,8 % pour le logement et services associés pour l’indice ouvrier), ce qui contribue à tirer davantage l’indice ouvrier vers le haut par rapport à l’indice général de l’ensemble des ménages.
L’écart entre l’indice ouvrier et l’indice général se manifeste de manière récurrente lors des périodes de fortes hausses des prix de ces biens et services. Dans ces phases, l’indice ouvrier tend à progresser plus rapidement que l’indice moyen de l’ensemble des ménages. Ainsi, en 2022, l’indice général a progressé de 6,4 % en moyenne annuelle, principalement sous l’effet de la hausse des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (+ 2,1 points de contribution). L’indice ouvrier a augmenté plus fortement (+ 6,7 %), en raison du poids plus élevé de ce poste de dépense dans sa structure (31 %, contre 25 % pour l’indice général).
FIG. 4. Évolution de l’indice général et de l’indice ouvrier depuis dix Ans
Source : ISPF