Te Avei'a - T3 2021 - L’activité économique se relève doucement

Image L’activité économique polynésienne progresse pour le deuxième trimestre consécutif, après plusieurs trimestres de récession. Le second confinement mis en place du mois d’août à septembre 2021 a impacté plusieurs secteurs, notamment ceux de la restauration et du tourisme. Toutefois, la bonne tenue de l’activité globale précédant le confinement a permis d’atténuer ses effets sur ce trimestre. Les exportations locales augmentent grâce à la perle et à la pêche. Les emplois se maintiennent et la consommation des ménages se poursuit.

Numéro : 1298
Dépôt légal : 1 décembre 2021
Collection : Points Conjoncture
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L'activité économique locale, toujours en dessous de son niveau d'avant-crise

Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires des entreprises polynésiennes progresse de 8 %[^1] par rapport à 2020 (+ 13 milliards de F.CFP), mais reste en recul sur deux ans (- 6 %). Le chiffre d'affaires de l'ensemble des activités à caractère touristique se redresse (+ 47 %) par rapport au troisième trimestre 2020 et contribue pour 5 points à la croissance globale. Le secteur est porté essentiellement par la réouverture au tourisme en mai 2021 et par un retour plus rapide des touristes qu'il y a un an (en juillet essentiellement) et ce, malgré la situation sanitaire du mois de septembre.

Si la croissance est positive au global avec les entreprises touristiques qui profitent de la reprise du tourisme (transport aérien et hôtellerie), d'autres secteurs ont été pénalisés par le confinement du mois de septembre comme la restauration, dont le chiffre d'affaires recule de 16 %. Les activités de commerce de détail se maintiennent au même niveau qu'en 2019 et 2020 et confirme la résilience de la consommation des ménages. Seuls les commerces de gros, essentiellement ceux de matériaux de construction, connaissent une hausse significative du chiffre d'affaires avec la bonne tenue la construction (+ 5 %) qui s'explique à fois par une hausse des prix (+ 4 % de l'index BTP en 12 mois sur le troisième trimestre) et par une hausse des commandes.

FIG 1. Évolution du chiffre d’affaires T / T n-1
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Source : DICP, ISPF

Les exportations des produits locaux progressent grâce à la perle et aux poissons

Au troisième trimestre 2021, la valeur des produits locaux à l'export augmente de 47 %, soit 659 millions de plus qu'en 2020 pour représenter 90 % des exportations de 2019 en valeur. Cette croissance s'explique pour moitié par la reprise des exportations de produits perliers qui avaient été très fortement perturbées en 2020 par les restrictions dans le transport. Les recettes de perles de culture brutes, qui représentent 93 % de celles des produits perliers, sont en hausse de 49 % par rapport au troisième trimestre 2020 pour représenter 77 % des recettes de 2019. Après une baisse des prix au gramme particulièrement importante en 2020 (398 F.CFP), ils retrouvent en 2021, le niveau d'avant crise à 552 F.CFP. Le volume de perles exportées progresse de 8 % sur un an, en très grande partie à destination de Hong Kong et du Japon (81 % des volumes). Deuxième produit en valeur à l'exportation, les produits de la pêche retrouvent les marchés extérieurs et plus précisément nord-américain (88 % des achats), pour représenter 516 millions de F.CFP de recettes sur le trimestre (+ 121 % par rapport au troisième trimestre 2020 et + 17 % par rapport à celui de 2019). Depuis 1993, cela représente le troisième meilleur résultat trimestriel en valeur de poissons exportés, tous trimestres confondus. Les exportations de vanille se reprennent sur un an (+ 82 %) avec 2,4 tonnes mais peinent à retrouver sa clientèle d'avant crise qui commandait en moyenne 1 tonne de vanille par mois, et ce malgré un prix au kilogramme en baisse de 11 % à 44 400 F.CFP. Les recettes des exportations d'huile de coprah ont doublé sur un an à 189 millions de F.CFP avec un prix au kilogramme en hausse et des volumes équivalents à ceux de 2018.

FIG 2. Évolution des exportations de vanille au troisième trimestre
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Source : Service des Douanes, ISPF

Les effectifs touristiques en hausse mais toujours en dessous de son niveau d'avant crise

Alors que la Polynésie française a rouvert ses frontières dès le mois de mai, les effectifs touristiques sont 52 % plus nombreux que sur la même période en 2020, malgré le durcissement des conditions sanitaires dès le mois d'août, avec un confinement « allégée ». Cette reprise a été très dynamique sur les deux seuls marchés ouverts en juillet et a représenté près de 90 % des effectifs métropolitains et américains accueillis en 2019. Le maintien des fermetures des lignes aériennes vers l'Asie et le Pacifique, conjugué à l'accélération de l'épidémie en août et septembre, n'a pas permis à la Polynésie française de recevoir plus de 55 % des effectifs du troisième trimestre 2019. Le nombre de nuitées touristiques progresse de 36 % à 619 700. Après une importante hausse de la durée moyenne de séjour au troisième trimestre 2020, celle-ci diminue à 20,3 jours au troisième trimestre, demeurant élevée par rapport au niveau d'avant crise (en moyenne 15 jours entre 2015 et 2019). Les hôtels ont le plus bénéficié du retour des touristes (+ 67 %), suivis par les locations de vacances et les pensions.

Depuis le début de l'année, les effectifs touristiques visitant la Polynésie française ne représentent que le tiers de ceux de 2019, leur nombre est même en baisse de 17 % par rapport à la même période en 2020. Le nombre de nuitées est cependant plus important que l'année précédente avec plus d'un million de nuitées (+ 7 8 %) en raison de la durée de séjour moyenne plus élevée (+ 5 jours).

Les emplois salariés progressent à l'exception de ceux présents dans l'hôtellerie et du transport aérien

Entre janvier et septembre 2021, le nombre de salariés déclarés à la CPS[^2] augmente de 1,8 % (+ 1 170 emplois salariés). Les effectifs en équivalent temps plein progressent de 1,6 %. La hausse de l'emploi salarié dans le secteur tertiaire contribue pour 1,2 point à la croissance globale. L'emploi est plus dynamique dans les activités de commerce, dans l'administration publique et dans la construction. Le nombre de salariés dans l'ensemble des activités touristiques poursuit sa diminution (- 3 %, soit 344 emplois de moins qu'entre janvier et septembre 2020 et 1 660 emplois de moins qu'en 2019). Les hôtels et hébergements et le transport aérien sont les plus touchés. Compte tenu de la baisse du nombre d'heures travaillées dans le tourisme (- 7 %), des emplois restent encore fragiles. À la suite de l'annonce du deuxième confinement, le gouvernement a décidé de réajuster ses aides exceptionnelles à l'emploi avec l'ajout de nouveaux secteurs qui pourront bénéficier du DIESE et DESETI tels que la restauration et la remise en place du revenu exceptionnel de solidarité (RES) et de l'indemnité exceptionnelle (IE) jusqu'au 30 septembre. En effet, malgré l'ouverture des frontières durant le confinement, seuls 6 700 touristes sont venus en Polynésie française. Les activités non essentielles n'ont pas pu exercer durant le confinement.

En septembre 2021, l'indice de l'emploi salarié décroît de 2,3 % par rapport au mois précédent en raison du deuxième confinement instauré en Polynésie française. Les secteurs les plus touchés sont l'hôtellerie-restauration et les autres services. Sur les douze derniers mois, l'indice global croît de 2,3 % mais reste inférieur à son niveau d'avant crise.

La consommation des ménages se maintient dans un contexte de hausse des prix

Au troisième trimestre, la masse salariale croît de 3,7 %, soit 1,9 milliard de F.CFP de plus qu'au troisième trimestre 2020, essentiellement du fait de la hausse du nombre d'heures travaillées. Cette hausse se retrouve dans la consommation des ménages qui se maintient.

Les importations à destination des ménages[^3] progressent de 10 % en volume et de 17 % en valeur au troisième trimestre, soit 3,7 milliards de F.CFP de plus qu'un an auparavant. Il s'agit du montant le plus important d'importations à destination des ménages pour un troisième trimestre (25,7 milliards de F.CFP). Ce montant élevé s'explique, en partie, par une hausse des prix de plusieurs produits. Les importations de biens de consommation, qui contribuent pour 8 points à la croissance, sont en hausse de 25 % principalement grâce aux produits pharmaceutiques (dont les vaccins), aux articles d'habillement et aux articles de sport, jeux et produits divers. Les importations des industries agricoles et alimentaires contribuent pour 5 points à la croissance avec une augmentation des importations de lait, produits de laiterie et œufs, et de boissons, liquides alcooliques et vinaigres. Les importations des produits de l'industrie automobile sont en hausse de 23 % et contribuent à 4 points à la hausse globale grâce à l'importation de voitures de tourisme. La bonne tenue de la consommation des ménages se retrouve également à travers les immatriculations de voitures particulières neuves qui progressent de 7 % au troisième trimestre et de 26 % depuis le début de l'année (+ 717 immatriculations). On dénombre 3 486 immatriculations depuis janvier, un des meilleurs chiffres depuis 1980.

L'indice des prix à la consommation augmente de 1,1 % au troisième trimestre par rapport à la même période en 2020. Les prix des services de la restauration progressent le plus (+ 8,3 %), suivis des produits alimentaires (+ 2,9 %). Dans le détail, les prix des produits de la mer augmentent le plus rapidement (+ 10,1 %), les huiles et graisses et les fruits. En revanche, les prix des communications et des articles d'habillements et articles chaussants diminuent le plus.

La production des crédits à l'habitat confirme la poursuite des investissements des ménages dans l'immobilier avec une hausse de 1,7 milliard de F.CFP par rapport au troisième trimestre 2020 et des montants comparables à 2019. Ainsi, l'encours des crédits à l'habitat à fin septembre 2021 progresse de 6,9 % par rapport à fin septembre 2020.

FIG 3. Indice des prix des produits alimentaires - T4 2021/T4 2020
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Source : ISPF

Hausse mondiale des prix de l'énergie
L'année 2020 a vu les cours mondiaux de pétrole fortement ralentir en raison d'une faible demande mondiale due au confinement et au ralentissement des activités économiques mondiales. Entre janvier et septembre 2020, le cours moyen du pétrole était de 40,50 dollars US/baril. Le prix a même atteint 21 dollars US/baril en avril 2020. La reprise économique mondiale en 2021 s'est accompagnée d'une hausse de la demande en pétrole ainsi que d'une hausse de son prix. Le cours moyen du pétrole atteint 66 dollars US/baril sur les neuf premiers mois de l'année 2021, soit un prix supérieur à 2019 (61,70 dollars US/baril). La hausse de la consommation de pétrole s'explique également par celle du gaz dont l'indice (base 100 = 2010) atteint 180,4 en septembre 2021, contre 46,5 un an plus tôt. En effet, les industriels préfèrent se tourner vers le brut pour la production d'électricité, le gaz étant devenu trop onéreux. Alors que la demande augmente, l'offre ne suit pas pour plusieurs raisons (recours limité au charbon pour éviter la pollution en Chine, impact de l'ouragan Ida sur la production américaine, production contrôlée par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés, etc.) se traduisant par une hausse de prix. La hausse des prix mondiaux s'est répercutée sur le prix de l'essence en Polynésie française (+ 10 F.CFP/litre à partir de novembre 2021) avec une hausse de prix à l'importation de 23 % pour le gazole au troisième trimestre.

Les investissements des entreprises se maintiennent

Les importations à destination des entreprises augmentent de 13 % en volume et de 18 % en valeur et s'établissent à 22,4 milliards de F.CFP. La hausse de la valeur des importations des biens intermédiaires (+ 23 %) contribue pour 13 points à la croissance et s'explique en partie par la hausse des prix de certains intrants, notamment à destination du BTP. Ainsi, les barres de fer ou en acier ont vu leur prix croître de 14 % et les profilés en fer ou en acier de 20 %. Le prix du bois scié ou désossé (+ 50 % en volume) augmente de 39 %. Cette hausse des prix se retrouve dans l'augmentation en valeur des importations de fonte, fer et acier, de matières plastiques et de bois, charbon et ouvrages en bois, qui contribue pour la moitié de la croissance. Les importations de biens d'équipement progressent de 11 % et s'établissent à 9,6 milliards de F.CFP.

En parallèle, la production des crédits d'équipement des entreprises progresse de 54 % au troisième trimestre pour s'établir à près de 7 milliards de F.CFP et retrouve un niveau similaire à celui de 2019. L'encours des crédits d'équipement passe ainsi à 105 718 millions de F.CFP à fin septembre, soit une hausse de 3,6 %.

FIG 4. Industrie
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Source : Banque Mondiale

FIG 5. Taux de change
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Source : Banque de Polynésie

FIG 6. Indice boursier
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Source : Les Echos - Investir

TABLE 1. Tableau de bord
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Source : Eurostat, Instituts statistiques nationaux, Banques centrales, Missions économiques, OCDE, Tradingeconomics

[^1]: Les données de chiffres d'affaires sont en cours de consolidation et sont susceptibles d'être modifiées

[^2]: Les données de l'emploi sont en cours de consolidation et sont susceptibles d'être modifiées

[^3]: Comprend les produits agricoles, sylvicoles et piscicoles, les produits des industries agricoles et alimentaires, les biens de consommations et les produits de l'industrie automobile