Contexte
La France, pour son territoire hexagonal, s'est dotée d'une enquête statistique régulière sur l'emploi dès 1950 et de nombreux pays réalisent chaque année des enquêtes similaires comme les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou encore l'Union européenne. L'ISPF a réalisé la première enquête annuelle sur l'emploi en Polynésie française en 2018. Cette opération à caractère d’utilité publique et obligatoire se poursuit dorénavant tous les ans dans l'archipel de la Société et, une fois tous les trois ans, dans les autres archipels. L'analyse de l'ensemble de la Polynésie française est ainsi réalisée sur un cycle de quatre ans. Jusque là, seuls les recensements de la population quinquennaux permettaient d'obtenir des informations sur le marché du travail. Néanmoins, ceux-ci sont espacés dans le temps et ne correspondent pas aux normes fixées par le Bureau international du travail (BIT). Aucun suivi régulier des grands indicateurs n'était donc possible, ni aucune comparaison internationale.
Objectifs
Les résultats statistiques permettent aux décideurs de mieux orienter les politiques publiques sur les volets de l'emploi, de l'insertion et de la formation professionnelle, mais également à tout un chacun d'être mieux informé sur l'emploi, son évolution et ses spécificités. Cette enquête a de multiples utilisations dont les plus courantes sont :
- Établir, année après année, les taux de chômage et d'emploi en Polynésie française ;
- Comprendre quels sont les éléments qui facilitent ou limitent l'accès des individus à l'emploi afin de mieux orienter les politiques publiques (type de formation, mobilité géographique, dispositif d'insertion professionnelle, etc.) ;
- Mieux connaître les conditions de travail en observant, par exemple, les cas de temps partiel imposés ou les emplois précaires ;
- Suivre l'évolution de la situation de chacun sur trois ans permet également de voir quel type de recherche ou quel type de démarche est la plus efficace pour mener à l'emploi.
Déroulement
Une des spécificités de l'enquête Emploi est d'interroger les ménages plusieurs fois consécutives pour suivre de façon fine les parcours des individus. Cela permet à la fois d'améliorer la précision des statistiques de suivi et d'analyser les déterminants qui améliorent un retour à l'emploi ou, au contraire, fragilisent les situations d'emploi. Les logements sont tirés au sort selon une méthode statistique garantissant la diversité et la représentativité des familles dans l'échantillon. Il n'y a pas d'identification des personnes à l'avance et c'est donc le hasard qui fait que les ménages se trouvent dans l'échantillon. La délibération n° 76-50/AT modifiée du 9 juillet 1976 prévoit des peines d'amendes en cas de refus ou de réponse volontairement fausse, mais l'ISPF compte avant tout sur le sens civique et la bonne volonté de chacun pour réserver le meilleur accueil aux enquêteurs.
L'enquêteur interroge toutes les personnes en âge de travailler et saisit directement les réponses sur son ordinateur. Toutes les questions sont relatives à l'emploi dans toutes ses dimensions. Pour les personnes qui ont un emploi : quels emplois, quels métiers, quels contrats, quelles conditions de travail, etc. ? Pour les personnes qui sont sans emploi : quels types de recherche d'emploi, quels emplois auparavant, quelles formations, etc. ? Après une première interview, l'ISPF reprendra contact avec la famille les deux prochaines années, éventuellement sur simple appel téléphonique, pour savoir si leur situation a changé ou non. Ceci permet de suivre au plus près les évolutions de chacun sur le marché de l'emploi.
Confidentialité
Tous les questionnaires sont anonymisés. Seuls les prénoms sont notés pour faciliter les échanges avec l'enquêteur. Les réponses données resteront confidentielles et uniquement réservées à l'ISPF. En application de la loi n° 51-711 du 7 juin 1951 modifiée sur l'obligation, la coordination et le secret en matière de statistiques, les réponses à ces questionnaires sont protégées par le secret statistique et resteront confidentielles. L'ISPF est seul habilité à les traiter, de façon anonyme, pour établir les résultats statistiques. Il est impossible que ces informations soient utilisées pour un contrôle administratif ou fiscal. Cette enquête respecte les procédures de la commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL - N° d'agrément 217040 du 5 avril 2018).
Vous pouvez accéder aux données vous concernant, les modifier ou exercer votre droit à la limitation des données. Pour exercer vos droits ou pour toute question sur le traitement de vos données dans cette enquête, contacter notre délégué à la protection des données : dpo@ispf.pf
Quelques chiffres sur la précédente édition
Financée à hauteur de 40 millions de F.CFP par le Pays et le Service de l'emploi, l'édition 2025 de l'enquête Emploi a démarré dans l’archipel des Marquises de février à mai 2025, et s'est poursuivie dans l’archipel de la Société de mars à juin 2025.
- 3 720 ménages tirés au sort ont été interrogés dans l'archipel de la Société : Tahiti, Moorea, Bora Bora, Raiatea et Tahaa
- 432 ménages tirés au sort ont été interrogés dans l'archipel des Marquises
- 28 enquêteurs ont été recrutés pour l’ensemble de l’opération : 16 aux Îles Du Vent, 6 aux Îles-Sous-le-Vent et 6 aux Marquises
- 8 agents de l'ISPF ont été mobilisés dont 4 gestionnaires d'enquêtes
La prochaine édition
L'enquête Emploi 2026 se déroulera dans les archipels de la Société et des Tuamotu-Gambier au cours du second trimestre.
Données issues de l'enquête Emploi
L’enquête sur l’emploi en Polynésie française est réalisée annuellement durant le deuxième trimestre dans l’archipel de la Société (Tahiti, Moorea, Bora Bora, Raiatea et Tahaa) et tous les trois ans dans chacun des trois autres archipels (Marquises, Australes et Tuamotu-Gambier). Le calage statistique de l’enquête rend celle-ci « représentative » pour l’ensemble des îles de la Société (hors atolls) et des archipels plus éloignés. Judicieusement calée, la collecte est utilisée pour inférer les résultats en tenant compte de la non interrogation d'un archipel sur trois années, et ainsi éditer des résultats pour l’ensemble du champ statistique en Polynésie française. Environ 97,5 % de la population en âge de travailler de Polynésie française sont ainsi représentés par l’enquête.
Définitions
Chômage : au sens du Bureau International du Travail et de l’Union européenne, une personne au chômage est une personne (1) sans emploi pendant la semaine précédant l’enquête, (2) activement en recherche d’emploi pendant le mois précédant l’enquête et (3) disponible dans les deux semaines pour occuper un emploi.
DEFM : demandes d’emploi actives, restées insatisfaites en fin de mois. Elles correspondent au stock des demandeurs d’emploi actifs en fin de mois.
Demandeurs d’emploi : personne déclarant rechercher un emploi.
Demandeur actif : un demandeur reste actif durant les trois mois qui suivent sa dernière visite.
Domaine de formation / Secteur d'activité : un domaine de formation se rapporte à un métier exercé par une personne, tandis que le secteur d'activité se réfère à l'activité exercée par une entreprise. Exemple : un demandeur ayant une formation dans le domaine de l'informatique peut travailler dans une entreprise de la construction, un hôtel (…), tout comme un secrétaire ou encore un commercial.
Emploi : est une forme du travail réalisé pour des tiers en échange d’une rémunération ou d’un profit. Le BIT distingue conceptuellement l’emploi d’autres formes du travail comme la production (de biens ou de services) pour la consommation personnelle, la formation professionnelle non rémunérée ou le travail bénévole (sans rémunération ni obligation). La rémunération attendue de l’emploi peut être monétaire ou non, ou bénéficier à l’ensemble du ménage de la personne en emploi (comme dans le cas d’un conjoint collaborateur). L’emploi ainsi défini peut se dérouler dans un cadre formel ou non, légal ou non.
Emplois salariés : nombre d'emplois salariés quel que soit le nombre d'heures travaillées. Un même salarié pouvant exercer plusieurs emplois salariés à temps complet ou incomplet.
Emplois salariés équivalent temps plein : les emplois en équivalent temps plein correspondent à la somme des heures travaillées dans l'activité considérée divisée par la durée mensuelle maximale légale (169h).
Halo du chômage : ou main-d’œuvre potentielle, est composé des personnes inactives au sens du BIT qui souhaitent travailler mais sans rechercher activement un emploi ou sans être disponible dans les deux semaines pour occuper un emploi.
Inscription : un seul demandeur peut effectuer plusieurs inscriptions dans le mois, mais une seule est active.
Masse salariale : somme des salaires bruts déclarés (fixe, primes, ancienneté inclus). A noter que les déclarations de salaires sont plafonnées à la CPS à 3 000 000 F.CFP depuis janvier 2008.
Offre d’emploi aidé : correspond à toutes les mesures d'aide à l'emploi et offres d’emploi pour lesquelles l’employeur bénéficie d’un accompagnement financier pour l’embauche.
Offre d’emploi normal : correspond aux offres d'emploi faites de manière spontanée par les employeurs.
Population active : est constituée de l’ensemble des individus en emploi ou au chômage.
Population en âge de travailler : est entendue comme l’ensemble des individus âgés de 15 à 64 ans.
Postes offerts : une offre d'emploi peut proposer plusieurs postes. Exemple : un employeur recherche deux secrétaires. De manière générale nous parlerons d'un nombre d'offres, sous-entendu un nombre de postes offerts.
Primo-demandeur : personne venant d’effectuer sa toute première inscription au SEFI.
Salaires moyens : moyenne des salaires bruts déclarés des emplois salariés quel que soit le nombre d'heures travaillées. A noter que les déclarations de salaires sont plafonnées à la CPS à 3 000 000 F.CFP depuis janvier 2008.
Salaires moyens équivalent temps plein : la moyenne des salaires bruts pour un salarié à temps plein (169h) correspond à la masse salariale divisée par la somme des heures travaillées et multiplié par la durée mensuelle maximale légale (169h).
Taux d’activité : est la part de la population active dans la population en âge de travailler. Il traduit la propension d’une population à se projeter dans le marché de l’emploi, que les personnes y réussissent (en ayant un emploi) ou essaient activement (en étant au chômage).
Taux d’emploi : est la part des individus en emploi dans la population en âge de travailler. Il traduit la capacité d’une économie à intégrer l’ensemble de sa population en âge de travailler dans le marché de l’emploi.
Taux de chômage : est la part d’individus au chômage dans la population active. Il traduit la capacité d’une économie à intégrer au marché de l’emploi les individus qui le souhaitent.
Taux horaire : le salaire horaire correspond à la masse salariale divisé par la somme des heures travaillées.